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Montpellier - Laurent Nicollin : "Je n’en veux pas à Courbis"

Samedi soir, Montpellier accueille le Stade Rennais et Rolland Courbis. Président délégué du MHSC, Laurent Nicollin revient sur le départ controversé de l’ancien entraîneur héraultais, véritable feuilleton de la trêve hivernale.

« Cocu ». C’est le terme employé il y a quelques jours par Laurent Nicollin, le président délégué de Montpellier, au moment d’évoquer son ancien entraîneur Rolland Courbis. Fin décembre, l’actuel coach rennais annonçait son départ du MHSC pour se reposer avant de rejoindre la Bretagne trois semaines plus tard. Un épisode que Laurent Nicollin a toujours du mal à digérer, lui qui avait longtemps soutenu Rolland Courbis malgré un début de saison très délicat. Quelques jours avant Montpellier-Rennes, Laurent Nicollin se livre sur celui qui a dirigé plus de 160 matchs du club héraultais.

Samedi soir, Rolland Courbis revient à la Mosson alors que Montpellier reçoit Rennes. Vous aviez coché cette date sur votre calendrier ?

Non, pas du tout. Quand on joue le maintien, tous les matchs comptent. Je savais juste que, sur cette rencontre, Montpellier jouerait peut-être son maintien et Rennes une qualification européenne. Mais finalement, ce ne sera ni l’un ni l’autre ! On va juste essayer de donner du plaisir à nos supporters mais comme la météo ne s’annonce pas très bonne, je ne sais pas s’il y aura du monde au stade.

Fin décembre, Rolland Courbis a quitté Montpellier dans des conditions particulières. Lui en voulez-vous encore?

Je n’en veux à personne moi, je ne suis pas quelqu’un de rancunier. Je ne vais pas polémiquer. Dans la vie, chacun fait des choix. Je n’en veux pas à Rolland, je critique juste la forme. Certains estiment normal qu’il ait quitté Montpellier parce qu’il n’était pas bien, quasiment sur le point de faire un burn-out… Ce qui m’a dérangé, c’est que je considère qu’un capitaine ne doit pas quitter pas son navire quand il tangue, tout simplement. Mais aujourd’hui, Montpellier s’est maintenu, ce qui était l’essentiel, donc le reste… Dans la vie, il y a des chemins qui se croisent et d’autres qui ne se croiseront plus.

Il n’y a donc aucune chance de le voir entraîner Montpellier une troisième fois ?

Tant que je serai président du club, ce ne sera absolument pas d’actualité. Il ne faut pas dire « fontaine je ne boirai jamais de ton eau » mais la logique voudrait qu’il ne soit plus entraîneur ici. Vu comment Rolland a souffert, vu la pénibilité de vivre dans le sud de la France, à Montpellier, je ne le vois pas revenir. Ça a été très dur pour lui... La question de son retour, ce n’est donc pas à moi qu’il faut la poser. S’il m’a déçu ? Non, on est déçu que par les gens qu’on aime. Si le MHSC n’était pas encore sauvé ou se trouvait dans la situation de Troyes, je ressentirais peut-être davantage d’animosité.Après, on verra comment le public de la Mosson réagira samedi.

En janvier, vous aviez été surpris de le voir rebondir à Rennes seulement trois semaines après son départ du MHSC ?

Honnêtement, je me doutais qu’il avait quelque chose d’autre parce que je ne suis pas trop con. Dans le milieu du foot, je suis novice et peut-être pas finaud puisque je n’ai pas vu le coup arriver. Je pensais qu’il prendrait une sélection - ce qui va peut-être arriver dans quelques temps d’ailleurs -, et que, par intelligence, il attendrait fin janvier-début février pour laisser passer un peu de temps. Plus que Rolland, ce sont les dirigeants du Stade Rennais qui m’ont surpris parce que je ne pense pas que ce soit Rolland qui les a approchés, je pense que c’est eux. Après, est-ce qu’ils l’ont contacté en décembre ou en janvier ? Seuls eux le savent…

A quel type de retrouvailles vous attendez-vous ?

Je n’ai rien prévu du tout. C’est vous, les journalistes, qui vous « pignolez » en imaginant que Rolland va croiser Louis Nicollin ou Michel Mézy. Pour avoir pratiqué Rolland quelques années, je sais qu’avant un match, il ne sort pas du vestiaire. Donc si je dois le croiser, ce sera dans le couloir ou sur la pelouse. Mais je ne vais pas chercher à le voir et lui non plus je suppose. Si on se tombe dessus, on se dira bonjour, les photographes prendront leurs clichés, et c’est tout, pas plus, pas moins.

Julien LANDRY