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Montpellier-Nîmes: ce qu'il s'est passé en tribunes, avec l'apparition provocante de la bâche volée

L'une des interruptions de la rencontre entre Montpellier et Nîmes (3-0), ce dimanche, trouve son origine dans un contentieux récent entre les supporters des deux clubs. Le MHSC s'attend à écoper d'une amende d'au moins 30.000 euros pour les incidents survenus dans ces tribunes.

Porté notamment par un excellent Florent Mollet, Montpellier a corrigé Nîmes ce dimanche (3-0), à l’occasion de la 8e journée de Ligue 1, pour le premier derby du Languedoc disputé en première division depuis vingt-cinq ans. Mais ce succès pourrait avoir un goût amer pour le club héraultais, qui encourt des sanctions en raison des incidents survenus dans les tribunes de la Mosson. La LFP a annoncé que sa commission de discipline se réunirait lundi pour étudier les suites à donner à ces événements qui ont provoqué à deux reprises l’interruption de la rencontre.

Après l’ouverture du score d’Ambroise Oyongo à la 28e, une grille de la tribune montpelliéraine située derrière le but nîmois a cédé sous la pression des supporters, provoquant l’arrêt du jeu pendant neuf minutes. Le match a une nouvelle fois été stoppé, pendant près de 30 minutes, dans la foulée du troisième but inscrit par les hommes de Michel Der Zakarian (79e). Les forces de l’ordre ont dû intervenir pour éviter le début d’envahissement du terrain par certains supporters montpelliérains. La rencontre a finalement pu se terminer après un appel au calme du speaker du stade.

La bâche volée est entrée en petits morceaux

Revenons à la première interruption. Que s’est-il passé pour que la barrière cède de la sorte ? "Ces barrières sont réglées pour céder à partir d’un certain nombre de kilos parce qu’elles servent de sortie de secours. Quand elles ont bougé sur le premier but, ils (les supporters) ne s’y attendaient pas du tout. La barrière a lâché en deux morceaux. Le premier morceau est complètement tordu, il faut qu’on change la première barrière. La deuxième a lâché sous l’effet de la poussée", a expliqué après la rencontre Pierre-Marie Grappin, responsable de la sécurité du MHSC. Selon lui, entre "une quinzaine de supporters" se sont retrouvés sur la pelouse après cet effondrement. "Ça fonctionne comme une sortie de secours", assure-t-il.

Quid maintenant de la deuxième interruption ? "Après le troisième but, il s’est produit ce que je craignais depuis plus d’une semaine: les supporters nîmois ont sorti le centre de la bâche de la Butte Paillade, cette bâche avec une tête de diable au milieu qui a été volée avant l’été dans le local des supporters de Butte Paillade (groupe de supporters montpelliérain, ndlr)", souligne Pierre-Marie Grappin.

Au moins 30.000 euros d'amende pour le MHSC

"Je n’accuse personne, mais je constate que cette bâche s'est retrouvée entre les mains des supporters nîmois. Ils avaient découpé cette bâche en petits morceaux. Ils ont mis plus d’une mi-temps pour la recoller et ils l’ont sortie après notre troisième but. Là, c’est parti en vrille", raconte Pierre-Marie Grappin, regrettant cette "provocation ridicule". Les Gladiators, l’un des principaux groupes de supporters des Crocos, avaient annoncé la couleur quelques minutes en déployant une banderole "Le diable n’habille plus la Paillade".

Ils avaient précisément découpé la tête du diable figurant sur la bâche, volée en mai dernier, en trois parties afin de pouvoir la faire entrer dans La Mosson. Et l'ont sortie à l'envers, après l'avoir confectionnée sous un grand drapeau rouge et blanc. Les supporters de la Butte Paillade ont voulu envahir le terrain pour aller récupérer la tête du diable. Ils sont passés par la barrière cassée plus tôt, mais les CRS les ont rapidement repoussés. 

Montpellier s'attend à 30.000 euros d'amende, au moins

Quelles sanctions attendent maintenant Montpellier ? "Si le match avait été arrêté, je pense qu’on aurait eu match gagné. Nous allons avoir au moins 30.000 euros d’amende au vu du nombre de pétards que nos supporters ont jugé bon d’utiliser", détaille Pierre-Marie Grappin. "Ensuite, ça dépendra du rapport du délégué. Le patron de la commission de sécurité de la Ligue était là. Ce match a posé des problèmes. Les supporters montpelliérains ont attaqué les cars de Nîmes quand ils sont arrivés sous escorte de la gendarmerie", précise-t-il.

"Cette saison, nous avions eu des compliments de la part de la commission de discipline. Tout a été foutu en l’air aujourd’hui avec l’usage d’une trentaine d’engins pyrotechniques", regrette-t-il. Montpellier devrait être en partie fixé sur son sort dès lundi.

RR avec Julien Landry