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Nice-Bastia : pourquoi l’après-match a dégénéré

L’après-match de Nice-Bastia a dégénéré

L’après-match de Nice-Bastia a dégénéré - AFP

L’après-match de la rencontre entre Nice et Bastia (0-1) a été marqué par une échauffourée entre les joueurs et supporters niçois et l’équipe corse. Tout serait parti d’une attitude un peu provocatrice de Jean-Louis Leca, le deuxième gardien du SCB, qui est entré sur le terrain en agitant un drapeau corse.

Pas l’affiche la plus alléchante de cette 10e journée de Ligue 1, le match entre Nice et Bastia a quand même été celui dont on a le plus parlé. Avant le match d’abord, avec un arrêté préfectoral interdisant tout signe faisant référence à la Corse aux alentours de l’Allianz Riviera, finalement revu pour ne concerner que « le port, la détention et l'utilisation de tout objet ou vêtement aux couleurs du club du SC Bastia ». Pendant, puisque la tête de l’entraîneur bastiais, Claude Makelele, une seule victoire au compteur avant cette 10e journée, semblait clairement menacée. Après aussi, à cause d’une échauffourée entre joueurs niçois et bastiais, puis entre quelques supporters du « Gym » et l’équipe visiteuse.

Drapeau corse à la main, Leca vient chambrer Digard

Privés de supporters dans l’enceinte niçoise, les joueurs bastiais ont effectué leur échauffement avec un T-shirt où la tête de Maure était barrée par du sparadrap rouge. Puis, au moment de poser pour la photo d’avant-match, Sébastien Squillaci tenait dans ses mains un drapeau corse pour protester contre la décision prise par la Préfecture des Alpes-Maritimes. Si ensuite, le match a été rugueux, mais sans plus (six cartons jaunes), c’est finalement au coup de sifflet final que tout a dégénéré.

Quelques secondes après le succès bastiais (1-0), qui donne un peu d’air à Claude Makelele et aux siens, Jean-Louis Leca aurait fêté la victoire de manière un peu trop véhémente. Le deuxième gardien du Sporting est entré sur la pelouse, a sorti un drapeau corse puis est venu chambrer Didier Digard, le capitaine de l’OGCN. Au départ déconcerté, Digard s’est ensuite mis front contre front avec Leca, provoquant un attroupement et une échauffourée entre joueurs où quelques coups ont été échangés. Plusieurs dizaines de supporter niçois ont alors envahi le terrain et s’en sont pris aux jours corses. Romaric et Modesto ont notamment pris des coups de poing.

Jean-Louis Leca à la fin du match
Jean-Louis Leca à la fin du match © AFP

Geronimi : « Est-ce que montrer le drapeau d’un club est une insulte ? »

« La provocation, c’est le plus petit mot qu’on puisse utiliser avec un comportement pareil, assurera Digard à l’issue du match. Nos supporters étaient irréprochables, même chose pour l’ambiance sur le terrain : pas d’animosité, pas d’excès d’engagement. Quand je le vois agiter son drapeau, que je vois les supporters commencer à se chauffer, je veux le faire sortir et il n’est pas du tout d’accord avec ça, il a bien envie que tout le monde le voit. Qui plus face à la brigade donc si ce n’est pas de la provocation… Je pense qu’il a eu ce qu’il voulait. »

En coulisses, chacun se renvoie la balle. Le président de Bastia, Pierre-Marie Géronimi, « dans le couloir des vestiaires » au moment des incidents, affirme ne pas comprendre pourquoi les choses ont ainsi pu dégénérer. « Je ne veux pas jeter de l’huile sur le feu, je ne veux jeter l’opprobre sur personne. Mais si on avait vu ce qui s’est passé ici ce soir à Furiani, on en aurait déjà parlé dans les ministères… Est-ce que montrer le drapeau d’un pays ou d’un club ou d’une région est une insulte envers quelqu’un ? Ce n’est pas croyable ce qu’on est en train d’entendre. Je le vois tous les dimanches, dans tous les stades de par le monde. On est fier d’arborer le drapeau de son club, de sa région ou de son pays. Ou alors, il faut arrêter, tout simplement. » Forcément, le son de cloche était différent chez Jean-Pierre Rivère.

Les forces de l'ordre lors de Nice-Bastia
Les forces de l'ordre lors de Nice-Bastia © AFP

Quatre ou cinq interpellations immédiates

« Encore une fois, c’est compliqué entre les supporters corses et les nôtres, rappelle le président niçois. Si les joueurs se mettent à aller faire des provocations, c’est dommage. Après, je ne peux pas accepter que notre terrain soit envahi. Les images, elles existent. On va les regarder. Tout le monde les regardera. Quand on est joueur, on ne doit pas avoir ce genre d’attitude. » En attendant le visionnage des images par la commission de discipline de la Ligue, le commissaire chef de la division nationale de lutte contre le hooliganisme, Antoine Boutonnet, a fait le point sur les événements.

« Les effectifs de police ont procédé à des interpellations, quatre ou cinq immédiates et d’autres par la suite, dont une personne qui revenait d’une interdiction de stade. Les stadiers sont ensuite intervenus pour que le calme revienne. Des procédures vont suivre après visionnage des vidéos. Le ministre de l’Intérieur a précisé qu’à chaque fois qu’une indentification serait faite, la personne serait interpelée et ferait l’objet de poursuites judiciaires. » Même si Boutonnet rappelle que les supporters des matches de Ligue 1 ne sont pas les mêmes que ceux des matches internationaux, ces échauffourées posent évidemment des questions sur la sécurité à l’intérieur de l’Allianz Riviera, qui accueillera des rencontres de l’Euro 2016. Ces incidents pourraient, aussi, entraîner des sanctions de la LFP à l’encontre du club niçois.

la rédaction avec F.Ge