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OL : Comment Gourcuff s’est reconnecté au groupe

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Après de longs mois passés loin des terrains, Yoann Gourcuff a retrouvé la lumière et le sourire en s’offrant un doublé face à Montpellier, dimanche, en clôture de la 10e journée de Ligue 1(5-1). Un come-back que le meneur de jeu de Lyon a entamé cet été. Avec un salaire allégé et un entourage assaini.

Il accepte une grosse baisse de salaire

C’est la première étape de son grand retour. Une décision prise au cœur de l’été qui va permettre à Yoann Gourcuff d’entamer son opération rédemption. Auprès de ses partenaires, mais surtout du grand public. Alors qu’il enchaine les longs séjours à l’infirmerie depuis son arrivée en 2010, le plus gros transfert de l’histoire de l’Olympique Lyonnais (22 millions d’euros (plus divers bonus) en provenance de Bordeaux) accepte de baisser son salaire. De manière significative. Avec la bénédiction de ses représentants, son bulletin de paie s’allège de plus de 25%. L’annonce est relayée partout, notamment par Jean-Michel Aulas, le boss rhodanien. Elle permet au joueur de 28 ans d’atténuer les critiques et de s’acheter un peu de tranquillité. Pour mieux préparer sa sortie de tunnel.

Il s’éloigne de ses préparateurs personnels

La scène se déroule le 6 septembre dernier à Tola Vologe. L’échange est franc, virile et direct. Un membre du staff de l’OL se dresse face à Yoann Gourcuff et l’interpelle sans ménagement. Les yeux dans les yeux. « Tu dois augmenter la cadence, tu ne dois pas te contenter de faire les exercices sur le même petit rythme. Tu es guéri, les indicateurs le montrent », lui lâche-t-il en substance. Une manière de le secouer afin de le faire redescendre de sa planète fragile et pessimiste. Voilà des mois que le meneur de jeu accumule les pépins physiques et s’isole du reste du club en faisant appel à des sphères indépendantes pour se soigner.

Sous l’influence d’une équipe de kinésithérapeutes de Vénissieux, en marge de toutes les structures en liaison avec les clubs professionnels de l’agglomération, Gourcuff enchaine les séances de soins privés lucratives. Sans succès physique, sauf celui d’amplifier sa méfiance envers les staffs médicaux mis à disposition par l’OL, perpétuant sa « tradition » de travailler en parallèle, comme avec Tiburce Darou dès son arrivée à Lyon. On est alors proche de la rupture, car il se laisse convaincre qu’il ne reviendra à la compétition qu’en décembre. Et encore… De quoi exaspérer le staff de l’OL, qui prend le taureau par les cornes via cette fameuse discussion, où un membre du staff trouve les mots pour ramener la star bretonne sur le chemin de l’entraînement. Un quitte ou double gagnant ! Dès la semaine suivante, Gourcuff retrouve les terrains pendant un gros quart d’heure face à Monaco (2-1). Sa première apparition de la saison. Cinq semaines plus tard, la greffe a pris, comme en témoigne sa présence au Mondial de l’Auto, où il joue le jeu de la promo pour le sponsor de son club. Une sortie « marketing » qui en dit long aussi sur sa volonté de faire des efforts.

Il se refait une place dans le vestiaire

A force de rechuter sans cesse et de s’exiler à chaque nouvelle blessure, le natif de Ploemeur (Morbihan) avait fini par agacer ses partenaires. Son entorse de la cheville, contractée en mai dernier alors qu’il promenait son chien, l’avait largement décrédibilisé en interne. La plupart des joueurs ne cachaient plus leur désaccord avec son comportement. Gourcuff, qui avait travaillé en marge lors du stage de pré-saison à Tignes, s’est alors retrouvé isolé, mangeant le plus souvent seul et n’échangeant que rarement avec le reste du vestiaire. Jusqu’à son électrochoc et son retour à l’entraînement début septembre.

Soulagé par ses premières sensations, l’ancien prodige du Stade Rennais, conscient d’avoir perdu beaucoup de temps à l’infirmerie, retrouve rapidement le sourire. Et redouble d’efforts pour regagner la confiance de ses coéquipiers, qui n’ont jamais douté de son talent. Sa titularisation face à Lille (3-0, le 5 octobre), ponctuée d’une passe décisive et d’une chaude accolade avec son coach Hubert Fournier, marque son come-back. Son festival face à Montpellier (5-1) et son premier doublé avec l’OL, dimanche soir, achèvent de convaincre les sceptiques. Gerland lui offre même une ovation appuyée à sa sortie. Pour mieux sceller les retrouvailles. En espérant que ça dure, cette fois.

Alexandre Jaquin avec Edward Jay, à Lyon