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OM: Garcia fragilisé, mais pas (encore) menacé

Officiellement, Rudi Garcia n’est pas menacé. Mais le nouveau fiasco de l’OM, mercredi, avec l’élimination en Coupe de la Ligue contre Strasbourg, fragilise l’entraîneur olympien.

Au sein même du club, dans le vestiaire ou dans les bureaux de la Commanderie, certains sont persuadés qu’une partie des joueurs a lâché mentalement et que ces défaites (8 revers sur les 11 derniers matchs) ne sont que le reflet évident de la fracture qui s’est installée entre Garcia et une partie de son groupe.

Aux origines de ce malaise, un recrutement très mal vécu dans le vestiaire, surtout par des joueurs en attente d’une prolongation de contrat et d’une revalorisation salariale.

La composition d’équipe mise en place par Garcia – aucune recrue alignée mercredi face à Strasbourg en Coupe de la Ligue (1-1, 2-4 aux t.a.b.), ni en début, ni en cours de match - a d’ailleurs été interprétée comme le signe d’une volonté de l’entraîneur de renouer avec ses titulaires de la saison passée. Est-ce trop tard? "Les joueurs savent que le mercato a été géré par Garcia. Cela lui revient comme un boomerang", lâche froidement un intime de l’OM.

Un dossier brûlant pour Eyraud

Ces interrogations et ces doutes commencent-t-ils également à atteindre le président Jacques-Henri Eyraud et l’actionnaire Frank McCourt, qui ont suivi l’élimination contre Strasbourg depuis les Etats-Unis?

Le sujet est tabou. Et agace au plus haut point le président de l’OM. Il s’agit en effet d’un dossier brûlant pour Eyraud.

Se séparer de Garcia, deux mois après l’avoir prolongé, serait pour 'JHE' une manière de se déjuger. Au-delà d’une logique validation de l’actionnaire, Eyraud a décidé de prolonger Garcia en solo, malgré des réticences dans son entourage et quelques collaborateurs qui lui conseillaient de temporiser.

Le président de l’OM se souvient aussi et surtout avoir tenu bon, en début de saison dernière, alors que son entraîneur était déjà chahuté, par la presse et les supporters. Et même si le mal semble être, cette fois, plus profond, Eyraud apparaît encore décidé à laisser du temps à Rudi Garcia.

Une réunion, voire un tête-à-tête Eyraud-Garcia devrai(en)t se tenir après le match à Angers (samedi en Ligue 1, à 21h) pour faire un bilan de la situation sportive, à mi-saison.

Sans sursaut, ni victoire, samedi, et si la crise de résultats se poursuivait début janvier, l’arbitrage pourrait aussi être financier.

Eyraud présent samedi à Angers

Est-il préférable de dépenser 10 à 15 millions d’euros pour licencier Garcia et son staff, afin de créer un électrochoc avec un effectif qui a le potentiel pour finir sur le podium? Ou faut-il se lancer dans un recrutement incertain, dès cet hiver, qui pourrait coûter beaucoup plus cher à l’OM, sans garantie de résultats vu l’état actuel du vestiaire? Les avis sont partagés au sein du club. Mais la direction de l’OM n’en est pas encore au stade de cette réflexion.

"Eyraud a toujours défendu son entraîneur et le soutient encore. Mais Garcia n’a pas non plus un crédit illimité, il peut servir de premier fusible, c’est une évidence", confie un proche du boss olympien.

'JHE' s’est d’ailleurs attelé à rappeler aux supporters, lors de la réunion de vendredi dernier, que les vertus de Garcia et de ses joueurs, entrevues la saison passée, ne pouvaient pas avoir disparu du jour au lendemain ; et que le podium – "objectif prioritaire cette saison" - était encore largement dans les cordes de l’OM.

Ce discours n’a pas forcément convaincu les fans de l’OM. Mais il est d’une réalité mathématique. En cas de victoire au stade Raymond Kopa, l’OM resterait au pied du podium, avec deux matchs en moins. En cas de faux-pas, la trêve des confiseurs pourrait même se charger d’étouffer la fronde.

Eyraud sera à Angers, samedi. Il rentre de New-York ce vendredi. Huit heures d’avion: idéal, au cas où, pour bien réfléchir.

Florent Germain