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OM: la colère de Di Meco après l'attaque de la Commanderie

Ancien défenseur, et amoureux de l'OM, Eric Di Meco a assisté samedi avec tristesse et colère à l'attaque de la Commanderie par des supporters marseillais. Dans le Super Moscato Show, ce lundi sur RMC, il a mis tout le monde face à ses responsabilités.

Eric Di Meco a mal à son OM. Deux jours après l'attaque de la Commanderie par plusieurs centaines de supporters marseillais, l'ancien défenseur olympien a livré ce lundi son ressenti dans le Super Moscato Show, sur RMC. En n'épargnant personne.

"J’étais triste parce que généralement, ce genre d’action est contre-productive, estime le consultant RMC Sport. Si l'on prend le fameux exemple de 1999, l’équipe s’était sauvée sur la dernière journée à un but près. La pression des supporters mise sur l’équipe – et pourtant il y avait des champions du monde – avait entraîné une descente sportive catastrophique. Donc quand je vois ça, ça me rappelle de mauvais souvenirs. Tout le monde a condamné à l’unanimité les débordements, parce que c’est contre-productif, parce que ce n’est pas une belle image, et ça fait mal au cœur de voir ça."

"Il n’y a pas de classement, il n’y a pas les bons supporters et les mauvais supporters"

Mais il n'y avait pas que de la tristesse en lui. "Après j’étais en colère, poursuit-il. Contre les supporters qui ont fait ça, d’abord, parce qu’on ne peut pas cautionner d’utiliser la violence contre des gens qui n’y sont pour rien. Il y avait des salariés du club… Et je me mets à la place des joueurs aussi, ça doit être terrible. Ça t’interpelle dans ta manière de faire ton métier."

Et Di Meco de poursuivre: "J’étais aussi en colère contre les commentaires que j’ai entendus, parce que si on se trompe dans l’analyse, c’est dur de régler le problème après… J’ai entendu Habib Beye, et il n’est pas seul, parler de ‘pseudos-supporters’. Non, ce sont des supporters. Il y a des supporters qui sont chefs d’entreprise, et il y a des supporters qui sont aux Baumettes… Il n’y a pas de classement, il n’y a pas les bons supporters et les mauvais supporters. Quand on se targue d’avoir les meilleurs supporters au monde, c’est-à-dire des mecs qui font 20 heures de bus pour aller voir un match, et qui retournent bosser à 6 heures du matin le lendemain, il faut savoir que ce sont les mêmes qui étaient là. Il n’y a pas que des génies chez les supporters de l’OM, mais tu ne peux pas les renier. Tu dois les sermonner, mais tu ne dois pas les mettre de côté."

Et évidemment, le champion d'Europe 1993 n'a pas oublié l'homme au coeur du problème: Jacques-Henri Eyraud. "Et enfin, je suis en colère contre le président qui encore une fois ne comprend pas ce qui se passe, et qui est en grande partie responsable de cette situation, tacle-t-il. On le sentait monter depuis un long moment. (…) Depuis le début, il y a une incompréhension avec ce président, et le problème c’est qu’à chaque fois qu’il parle, ça creuse encore un peu plus l’écart qu’il y a entre lui et les supporters."

CC