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OM: les coulisses de la discussion entre joueurs et supporters

A l'issue du match nul entre l'OM et Monaco (1-1), dimanche au Vélodrome, les joueurs marseillais sont allés s'expliquer avec les supporters en colère. Coulisses d'un échange absolument pas programmé.

La scène n'est pas passée inaperçue. Dimanche soir, quelques minutes après le match nul entre l'OM et Monaco au Vélodrome (1-1), les joueurs olympiens se sont rapprochés des supporters en colère pour entamer une discussion. Une initiative spontanée, et initiée par quelques éléments restés sur la pelouse au coup de sifflet final, à savoir Luiz Gustavo, Thauvin, Mandanda, Payet, mais aussi Amavi, Strootman et Rolando.

Des joueurs qui avaient en tête un objectif assez clair: crever l'abcès, avant que le malaise ne s'accentue. "On ne peut pas continuer dans cette ambiance-là, on doit parler avec eux", affirme alors Mandanda, tandis que le stade se vide mais que des sifflets se font encore entendre en virages. "On y va, il faut aller voir les supporters", lâche Thauvin à un membre de la sécurité de l'OM, inquiet pour ses troupes.

La sécurité a essayé de dissuader les joueurs

La direction de la sécurité du club olympien n'était pas au courant d'un échange imminent entre joueurs et supporters. Mais, vu le contexte et la pression des fans tout au long de la semaine et pendant le match, l'OM avait ordonné aux stadiers de se positionner le long des virages et tribunes pour éviter un envahissement de la pelouse en fin de partie.

Environ 700 stadiers étaient ainsi mobilisés dimanche soir, un peu plus que d'habitude pour une affluence de 45.000 personnes, mais à la fin de la rencontre, de nombreux agents de palpation sont venus en renfort sur la pelouse. "Il fallait anticiper et être vigilant. Les supporters avaient promis l'enfer, on devait prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des joueurs", confie un dirigeant marseillais.

Dans un premier temps, les responsables de la sécurité du club essaient tout de même de dissuader les joueurs d’aller parler aux supporters. Mais devant l'insistance de certains, stadiers et policiers de la brigade d’intervention rapide se mettent en place.

Certains joueurs étaient réticents

Payet court au vestiaire pour appeler tous les autres joueurs. Certains ne veulent pas ressortir, notamment Sanson, capuche sur la tête, ou Germain, qui traîne un peu les pieds, lui qui n'a joué que deux minutes et vécu une bronca dès son entrée sur le terrain. Gustavo et Mandanda viennent les convaincre que tout le monde doit aller sur la pelouse.

Direction virage sud pour parler avec les leaders des Ultras. Les supporters sifflent, entonnent les traditionnels chants "L'OM c'est nous" et "Mouille le maillot ou casse-toi", craquent des bombes agricoles. Certains fidèles, hystériques, tombent du filet de protection auquel ils étaient accrochés. Des insultes et des projectiles descendent des tribunes. Une petite bouteille d'alcool frôle le visage d'un stadier et de Florian Thauvin. Entre leaders de supporters et joueurs, l'échange est viril mais correct. Certains joueurs observent de loin, comme Mitroglou ou N'Jie. Gustavo et Mandanda sont en première ligne et demandent le soutien des fans dans cette période délicate. 

Rudi Garcia, qui avait déjà regagné les vestiaires, voit les joueurs revenir sur la pelouse et s'interroge: "Ils font quoi, ils vont où?" "Voir les supporters", lui répond un adjoint. "Ils ont raison, on y va tous", ordonne alors Garcia à son staff. Mais quand l'entraîneur de l'OM se rapproche du virage sud, l’ambiance devient électrique. Garcia reste donc à distance mais dit apprécier le fait que joueurs et staff soient là pour s’expliquer avec les fans. "Il fallait montrer que les joueurs ont du caractère et ne se cachent pas. Ça prouve aussi que le groupe est solidaire et capable de se prendre en charge", apprécie un proche du technicien.

Une autre rencontre dans la semaine?

Les explications ont ensuite lieu avec le virage nord. Mandanda et Thauvin, dans une ambiance encore plus chaude, initient des discussions avec d'autres leaders de groupes, puis, plus calmement, dans le tunnel du Vélodrome avec des responsables des Winners. Le discours, porté principalement par Steve Mandanda, est le même: "On a besoin de vous, on ne peut pas jouer dans une telle ambiance. On est dans le dur mais on fait les efforts. On fait tous partie de l'OM. Et nous, on vous rencontre quand vous voulez!"

Pour poursuivre ces discussions dans un contexte plus serein, l'OM envisage, à très court terme - et peut-être même cette semaine - de proposer aux groupes une nouvelle entrevue avec les joueurs, soit dans un local de supporters, soit au Vélodrome ou à la Commanderie. "C'est dans les tuyaux", confirme-t-on au club.

Reste à savoir si toutes les associations accepteront. Car les avis divergent au sein des groupes de supporters marseillais. Certains considèrent que l'initiative des joueurs de venir leur parler est louable et ont surtout dans le viseur Rudi Garcia et Jacques-Henri Eyraud. Mais d'autres leaders n'ont pas voulu assister à ces échanges, et disent attendre des actes plutôt que des paroles de la part de Payet et les siens.

Le prochain match au Vélodrome est prévu le vendredi 25 janvier contre Lille. D'ici là, aux joueurs de retrouver le chemin de la victoire, à Saint-Etienne ou Caen, voire les deux, pour calmer la fronde. 

Florent Germain