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OM-PSG: encore une soirée compliquée pour le VAR...

Le choc OM-PSG (0-2), dimanche soir en Ligue 1, a été marqué par deux décisions arbitrales surprenantes en seconde période. Qui illustrent, une fois de plus, le manque de transparence autour du VAR.

Une tension bien moindre qu’à l’aller, peu voire pas de mauvais gestes jusqu'au rouge de Dimitri Payet, et des échanges sereins malgré les incessantes contestations du milieu parisien Leandro Paredes. Pendant près d’une heure, dimanche soir, l’arbitre central Benoît Bastien (37 ans) a relativement bien dirigé les débats du choc OM-PSG (0-2) sur la pelouse du Vélodrome. Avant que sa prestation ne soit marquée par d’étonnantes décisions sur deux situations litigieuses.

Deux penalties potentiellement oubliés

La première concerne une action à la 59e minute de jeu. Sur un centre de Layvin Kurzawa depuis le côté gauche, l’avant-centre du PSG, Mauro Icardi, est accroché dans la surface marseillaise par Hiroki Sakai. En retard sur son adversaire, le Japonais pose une, voire deux mains sur l’épaule droite de l’Argentin et l’entraîne avec lui dans sa chute. Très vite interpellé par Marquinhos et Marco Verratti, M.Bastien temporise quelques secondes… et accorde un renvoi aux six mètres pour les Olympiens.

Icardi accroché par Sakai à la 59e
Icardi accroché par Sakai à la 59e © Capture d'écran/Canal+

La deuxième s’est déroulée peu de temps après, à la 67e. Plus vif qu’Alvaro Gonzalez, Neymar déborde alors sur le côté gauche, pénètre dans la surface, et s’écroule en même temps que le défenseur espagnol. Si Alvaro se blesse au genou gauche sur l’action, le penalty semble au premier abord évident, dans la mesure où celui-ci est en retard par rapport au Brésilien, et le déséquilibre sans toucher le ballon. Vu sous un autre angle, on peut toutefois considérer que c’est Neymar qui marche sur le pied d’Alvaro avant de tomber. Quoi qu’il en soit, la question d’un penalty doit au moins se poser. Mais là encore, M.Bastien ne tergiverse pas et désigne… le poteau de corner.

L'accrochage Neymar-Alvaro à la 67e
L'accrochage Neymar-Alvaro à la 67e © Capture d'écran/Canal+
L'accrochage Neymar-Alvaro à la 67e
L'accrochage Neymar-Alvaro à la 67e © Capture d'écran/Canal+

Le VAR peine à convaincre

Au-delà de la prestation de l’homme au sifflet, et des bonnes ou mauvaises décisions prises dimanche, ces deux séquences illustrent une nouvelle fois les hésitations du VAR, l’assistance vidéo à l’arbitrage, instaurée pour aider l’arbitre central. Deux ans et demi après sa mise en application en Ligue 1, le dispositif peine toujours à convaincre son monde, des joueurs aux supporters, en passant par les observateurs.

Parce que le VAR en lui-même casse régulièrement le rythme du match, parce que certaines décisions prises sont absurdes, ou du moins contraires à l’esprit du jeu, parce que les problèmes techniques ont été assez fréquents – on se souvient du légendaire coup de gueule de Thierry Henry après un Monaco-Strasbourg en 2019 – et parce que globalement, le dispositif manque de transparence.

Difficile de savoir quand le VAR intervient, impossible de connaître la teneur des échanges entre arbitres

Premièrement: on peine à savoir quand le VAR intervient. Théoriquement, lorsqu’il échange avec l’assistant vidéo au sujet d’une action litigieuse, l’arbitre central doit mettre son doigt sur l’oreillette, signifiant ainsi qu’il est en communication. Dimanche, M.Bastien a brièvement fait ce geste sur l’action Icardi-Sakai, mais pas, a priori, sur l’accrochage Neymar-Alvaro. A priori, car l’arbitre n’était pas toujours visible à l’écran durant les quelques dizaines de secondes entre l’accrochage et le corner suivant.

L’autre problème est de ne pas connaître la teneur des échanges entre l’arbitre central et l’assistant vidéo, lorsqu’échange il y a. Sur l’accrochage Icardi-Sakai, M.Bastien est visiblement interpellé par Antony Gautier. Mais que lui a dit ce dernier? Qu’il n’y avait pas d’erreur manifeste, ou qu’il y avait un doute, nécessitant peut-être un contrôle vidéo de l’arbitre central en bord de terrain? Impossible de le savoir. C’est pourquoi des voix s’élèvent pour que les conversations entre arbitres soient audibles à la télévision (voire dans le stade), comme le fait le rugby. A noter que l’UEFA a plusieurs fois communiqué au lendemain de matchs européens marqués par des décisions polémiques, pour justifier ces décisions et l’application du VAR. Ce lundi, vous ne trouverez rien de la sorte sur le site de la Ligue 1.

CC