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Place de titulaire remise en cause, avenir incertain: les cadres de l'OM en zone de turbulences

Tauliers du vestiaire de l'OM, Steve Mandanda, Adil Rami, Rolando, Luiz Gustavo et Dimitri Payet traversent une période compliquée cette saison avec des statuts remis en cause et un avenir incertain.

On pourrait l’appeler le cinq majeur de l’OM, version trentenaires. Steve Mandanda, Adil Rami, Rolando, Luiz Gustavo et Dimitri Payet sont, avec Florian Thauvin (plus jeune et dont le profil est plus celui de grand frère et de leader d’attaque) les tauliers du vestiaire marseillais. Leaders incontestés ? Pas si sûr, désormais. Les cadres de l’OM vivent une période compliquée. Chacun à des degrés différents. Moins réguliers ou en baisse d’influence sur le terrain, pour les uns. Sur le banc et avec un avenir incertain au sein du club, pour les autres. Mais tous encore très écoutés et respectés dans le vestiaire marseillais et par leur entraineur, Rudi Garcia.

Un gardien n°1 bis recherché

Steve Mandanda vit une saison laborieuse, même si la série d’invincibilité en cours (3 victoires et 1 nul) coïncide avec une période où le gardien de l’OM se sent mieux, à la fois physiquement et mentalement, comme si cet intérim avec le brassard de capitaine l’avait rappelé à ses bons souvenirs. "Il Fenomeno", comme le surnomme les supporters marseillais, est pourtant moins décisif, lui-même l’a reconnu il y a quelques semaines. Au sein du club, les dirigeants marseillais ne le crient pas haut et fort, mais ils préparent l’avenir à ce poste si délicat.

Pour la saison prochaine, le directeur sportif Andoni Zubizarreta ne recherche plus une doublure, mais ce qui pourrait s’apparenter à un n°1 bis. Pour mettre un peu plus d’émulation au poste de gardien et piquer voire booster le gardien de l’OM. Steve Mandanda le sait. A peine piqué par cette perspective d’être mis en concurrence, Mandanda affirme en privé ne pas avoir peur de voir débarquer un autre gardien désireux de lui chiper sa place.

Rolando sur le départ 

Si un nouveau gardien débarque à l’OM, pas sûr qu’il croise la route de Rolando. L’International portugais, relégué sur le banc des remplaçants depuis 4 matchs, privé cette saison de compétition jusqu’à fin novembre à cause d’une grave blessure au tendon d’Achille, fait aussi partie de ces cadres en souffrance. Le héros du match retour contre Salzbourg (il marqua le but de la qualification en demi-finale retour de Ligue Europa en 2018, ndlr) formait une paire quasi indéboulonnable, en défense centrale, avec Adil Rami. Rolando est en fin de contrat.

Son état d’esprit est jugé "irréprochable" en interne. Mais aucune discussion n’a été entamée pour une prolongation. Son départ en fin de saison est quasiment acquis. Les dirigeants marseillais reconnaissent, en privé, qu’ils auraient dû régénérer un peu plus leur effectif à l’intersaison. Le départ de Rolando sera l’occasion de rajeunir l’effectif.

Un défi américain pour Rami ? 

La situation d’Adil Rami est différente, mais il n’est pas impossible que le destin du champion du monde s'inscrive également loin de l’OM, et ce dès la saison prochaine. L’après-Coupe du monde a été très difficile. Adil Rami, auquel Rudi Garcia faisait une confiance aveugle au point parfois d’être aligné alors que le staff médical jugeait risquée sa participation à un match, a perdu sa place de titulaire.

L’ancien Sévillan bosse dur pour revenir à son niveau, mais l’émergence de la jeune charnière Kamara-Caleta Car lui barre la route, pour le moment. "Déterminé à regagner une place de titulaire et à aider l’OM en cette fin de saison", selon ses proches, Rami ne lâche pas. Cette saison délicate peut-elle le motiver à aller voir ailleurs dès cet été ? C’est une réelle possibilité.

Après la Coupe du monde, un club américain s’est manifesté pour faire signer Adil Rami. Attaché à l’OM et à cet objectif d’une qualification pour la Ligue des champions, le joueur avait estimé que ce n’était pas le moment. Mais ce défi original ne l’a pas laissé insensible, pour des raisons liées à sa vie privée notamment. Un départ en MLS : la question pourrait se reposer dès le mois de juin, surtout si l’OM n’accroche pas la Ligue des champions. Un défi sportif qui serait à même de motiver Adil Rami à rester une saison supplémentaire à Marseille, un club et une région qui lui tiennent à cœur.

Gustavo, une situation à surveiller cet été 

Quid de Luiz Gustavo ? De tous ces cadres olympiens, le milieu de terrain brésilien est sûrement celui dont la cote de popularité reste quasi intacte, chez les supporters ou même aux yeux des dirigeants. Recrue phare du premier marché estival de l’ère McCourt, Luiz Gustavo n’est pourtant pas au même niveau que la saison passée. Avec tout de même quelques circonstances atténuantes, notamment ce changement de poste incessant, entre la défense et le milieu.

Un peu agacé par les états d’âme de certains coéquipiers, Luiz Gustavo a semblé traîner un léger blues depuis quelques mois. Un peu vexé de cirer le banc ces derniers temps, il pourrait retrouver une place de titulaire dimanche face à St-Etienne. Les dirigeants olympiens comptent sur lui, mais sa situation sera à surveiller, cet été.

Payet reste confiant pour sa place

Si l’on excepte Mario Balotelli et son contrat atypique, Luiz Gustavo est sur le podium des trois plus gros salaires de l’effectif olympien. Sans les revenus de la lucrative Ligue des champions, l’OM fera plus que jamais attention à ses finances et devra alors probablement se séparer d’un ou plusieurs gros revenus. Difficile d’affirmer, aujourd’hui, que Dimitri Payet sera l’un d’entre eux, même si certaines rumeurs font état d’un intérêt de clubs chinois pour le meneur de jeu olympien.

Le capitaine de l’OM a moins de temps de jeu depuis l’émergence du 4-4-2, mais il se sent bien à Marseille et reste persuadé qu’il retrouvera rapidement une place de choix dans le onze de l’OM, peut-être même dès dimanche face aux Verts. La gestion de Payet illustre tout de même la volonté de Rudi Garcia de mettre fin à certains statuts.

"J’espère qu’il est vexé et frustré d’être sur le banc, comme Rolando, Adil et Luiz", a lâché l’entraineur olympien avec un petit sourire, ce vendredi en conférence de presse. "J’espère qu’ils ont envie de démontrer que je me trompe et que leur place est sur le terrain dès le début du match." Au moins, le message est clair.

Florent Germain