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Pourquoi Draxler déçoit tant au PSG depuis son arrivée

Depuis son arrivée il y a deux ans et demi, Julian Draxler est en train de stagner au PSG. Le milieu de terrain allemand, capable d’occuper plusieurs postes, enchaîne les sorties quelconques et se montre trop rarement décisif. Un rendement frustrant pour un joueur doté d’un énorme potentiel.

Parce qu'il est bourré de talent

A la base, Julian Draxler est un surdoué. La Bundesliga l’a découvert à l’âge de 17 ans sous le maillot de Schalke 04. Comme une superbe promesse pour l’avenir. Aussi à l’aise des deux pieds, le natif de Gladbeck (dans l’ouest de l’Allemagne) a un talent naturel indéniable. Capable d’évoluer sur l’aile, en meneur de jeu ou en relayeur, il dispose d’une palette technique extensible.

Au sein d’une sélection aussi exigeante que l’Allemagne, on ne devient pas champion du monde par hasard (en 2014). Encore moins meilleur joueur d’une Coupe des Confédérations en portant le brassard de capitaine (en 2017). En misant 36 millions d’euros pour le faire venir de Wolfsburg en janvier 2017, le PSG pensait (à juste titre) avoir réalisé une belle affaire. Deux ans et demi plus tard, ce n’est pas vraiment le cas…

Parce qu'il est trop peu décisif

C’est le gros point noir de son aventure parisienne. Dès que le niveau s’élève, Draxler disparaît des radars. Depuis son but face au Barça en Ligue des champions, en février 2017 au Parc des Princes (4-0), le longiligne milieu peine à se faire remarquer lors des grands rendez-vous. Il passe même souvent complètement à côté, comme lors de la remontada de Barcelone (6-1), la sale soirée de Munich (3-1) ou le fiasco face à Manchester United (1-3).

Hormis un rayon de soleil durant la double confrontation face à Naples la saison dernière, il ne pèse pas du tout lorsqu’il apparaît en C1. Et c’est à peine mieux lors des affiches de Ligue 1, à l'image de sa prestation à Rennes dimanche soir (2-1). Son but au Vélodrome en octobre dernier, célébré en provoquant le public marseillais la main sur l’oreille (0-2), ressemble plus à un écran de fumée qu’autre chose.

Parce qu’il ne prend aucun risque

C’est souvent l’un des Parisiens qui perd le moins de ballons dans un match. Et c’est assez logique puisque Draxler joue surtout la sécurité. Là où Verratti, Neymar, Di Maria ou Mbappé tentent de surprendre sans cesse leurs adversaires, l’Allemand de 25 ans se contente de passes faciles, souvent vers l’arrière, au mieux sur le côté. Rarement pour casser une ligne.

Il a pourtant les qualités pour le faire, comme le prouvent ses 12 passes décisives réussies la saison passée (toutes compétitions confondues). Mais son jeu est trop frileux pour lui permettre de les exploiter pleinement. Pareil au niveau de ses dribbles. Alors qu’il peut crocheter aussi bien du droit que du gauche, le n°23 parisien provoque rarement son vis-à-vis balle au pied. Sans parler de ses frappes, beaucoup trop rares pour un joueur qui évolue entre la ligne attaque et le milieu de terrain.

Parce qu’il ne se rebelle pas dans la défaite

Si Paris a un déficit de leaders depuis les départs de Zlatan Ibrahimovic, Thiago Motta ou Maxwell, il ne réglera pas ce problème avec Julian Draxler. L’international allemand (51 sélections, 6 buts) n’a pas le caractère pour tirer ses partenaires vers le haut. Quand l’orage gronde, il fait partie de ceux qui baissent la tête et regarde leurs chaussures en attendant que ça passe. Un manque de grinta qui l’empêche d’être une bouée de sauvetage lorsque le navire PSG prend l’eau. A l’heure où le club a besoin de guerriers pour retrouver la lumière, l’ancien de Wolfsburg ne semble pas taillé pour endosser un tel rôle. Ni prêt à se faire violence pour y parvenir.

Parce qu’il semble dans un confort

C’est un vrai problème au PSG. Avec un contrat en or, surévalué par rapport à leur statut, plusieurs joueurs de l’effectif donnent l’impression d’être installés dans un fauteuil. Fort d’un salaire annuel estimé à plus de sept millions d’euros, Draxler en fait partie.

A l’heure actuelle, aucun autre club ne semble prêt à lui offrir de tels émoluments. Et Paris en fait les frais. Parfaitement heureux dans la capitale française, le champion du monde (sous contrat jusqu'en 2021) mène une vie tranquille. Sans vraiment se mettre la pression. Avec un service minimum sur le terrain, un rôle de doublure qui semble lui convenir et peu de raisons de s’arracher au final. Résultat: il se contente de prestations insipides. Et ne donne pas l’impression d’être réellement affecté par les mauvaises performances de son club. 

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Rédacteur