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PSG - fair-play financier, c’est parti !

Nasser Al-Khelaïfi

Nasser Al-Khelaïfi - -

Auditionné ce jeudi par des membres de la chambre d’instruction du fair-play financier, le PSG pose les bases d’un argumentaire pour justifier son contrat de sponsoring avec la Qatar Tourism Authority, qui laisse déjà certains experts sceptiques.

Milieu de semaine particulièrement agité à Nyon, siège de l’UEFA. Ce jeudi et vendredi, la chambre d’instruction en charge du fair-play financier reçoit toute une série de clubs participant à des compétitions européennes et devant se conformer aux règles afin d’éviter d’éventuelles sanctions l’année prochaine. Parmi eux, le Paris Saint-Germain, représenté par Nasser Al Khelaïfi, Jean-Claude Blanc et Philippe Boindrieux (en charge des dossiers financiers), a passé son oral ce jeudi matin. S’il ne s’agit d’abord que de la 1ère réunion informelle, censée permettre aux clubs d’échanger leur point de vue avec les experts et transmettre des documents, d’autres plus formelles (au moins deux) pour recevoir les premières directives suivront. La décision finale tombera au printemps prochain mais cet examen blanc a au moins permis au PSG d’établir sa stratégie pour légitimer son juteux contrat avec la Qatar Tourism Authority – de 150 à 200 millions d’euros par saison, signé en 2012 pour quatre ans - et la position plutôt sceptique de l’UEFA devant cette impressionnante manne financière.

Qu'est-ce que le fair-play financier ?

Cheval de bataille de la présidence de Michel Platini à l’UEFA, le fair-play financier repose sur une base très simple : un club ne doit pas dépenser plus que ce qu’il ne gagne. Un principe généralement appliqué dans toutes les entreprises, mais qui avait été oublié dans le monde du football. En prônant la discipline budgétaire, l’UEFA souhaite mettre fin à un système qui permettait à des clubs surendettés de recruter des joueurs contre plusieurs dizaines de millions d’euros et de leur offrir un pont d’or comme salaire. Tout club ne respectant pas cette règle s’exposera à des sanctions allant de la simple amende à une exclusion de toute compétition européenne dès la saison prochaine.

Pourquoi le dossier parisien est à l'étude ?

Dans les prochains mois, les experts du fair-play financier vont examiner de près les dépenses et revenus du PSG. Le club parisien mettra notamment en avant l'augmentation sensible de ses recettes grâce notamment à tous les nouveaux contrats de sponsoring qu'il a récemment signés. Mais un contrat devrait être au centre de toutes les attentions. Celui de Qatar Tourism Authority (QTA) qui a signé avec le club, il y a deux ans déjà, un contrat d'image pour promouvoir le pays. Un contrat inédit qui rapporte au PSG entre 150 et 200 millions d'euros par an et permet au club, dont le budget s'élève à 400 millions d'euros, d'atteindre à peu près l'équilibre alors que ses dépenses ont explosé de 67% entre 2011 et 2012 (transferts et masse salariale). Le PSG, nouveau monstre européen, sera donc l’un des plus épluchés.

Pourquoi l'UEFA se montre sceptique ?

Afin de valider les contrats des clubs qu'ils auditionnent, les experts du fair-play financier vont regarder si ces derniers sont dans la valeur du marché. Et selon nos informations, plusieurs experts sont très sceptiques sur le fameux contrat QTA. Une source interne à l'UEFA, proche de cette commission de contrôle, indique : « Le PSG ne nous aura pas sur le fair-play financier. On ne lâchera rien. » Toujours selon nos informations, même si l'UEFA ne peut pas contester la valeur commerciale d'un contrat signé par un club, elle pourrait ne pas prendre en compte la totalité de ce contrat dans le cadre de son fair-play financier. Concrètement, sur les 150 millions par an que le PSG touche grâce à QTA, l'UEFA pourrait estimer, par exemple, que seuls 70 millions sont justifiés, au regard de ses critères. Les 80 millions restant « non-validés » par l'UEFA ne seraient du coup pas considérés comme des revenus du PSG, selon les principes du fair-play financier. Le club parisien devrait donc trouver d'autres sources de revenus pour combler ce manque à gagner. Les prochaines réunions devraient aborder toutes ces questions en détails. Alors que le PSG brille sur le terrain sportif, son match en coulisses face au règlement du fair-play financier ne fait, lui, que commencer et se présente comme long et fastidieux.

Quel est l'argumentaire du PSG ?

Les dirigeants parisiens préparent bien sûr depuis de longs mois leur argumentaire. Le PSG devrait notamment développer deux points face à l'UEFA. D'abord, selon Jean-Claude Blanc, qui s'est récemment confié aux Echos : « QSI et QTA sont deux entités distinctes juridiquement et sur le plan des normes comptables. L'un est un fonds d'investissement, l'autre un organisme public. Il ne s'agit donc pas de parties liées. » En soit, le règlement du fair-play financier n'interdit pas les contrats entre des parties liées, à condition qu'ils correspondent à la valeur du marché. Sans doute le point le plus sensible et le deuxième axe défendu par le club. Les dirigeants parisiens devraient en effet mettre en avant la nature inédite de ce contrat entre l'organe touristique d'un pays et un club de foot. Comment comparer alors ce contrat avec la valeur d'un marché qui n'existe pas ? Une question qui devrait embarrasser les experts du fair-play financier. Et faire pencher la balance du côté du PSG ?

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LB avec M.Bo.