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PSG : "Ici c’est Paris !", le slogan qui divise

Créé en 2008 par un groupe de supporters parisien, le slogan "Ici c’est Paris" est aujourd’hui utilisé comme une marque par le PSG. Alors que le club souhaite se l’approprier, les supporters refusent et ont même intenté une action en justice.

Ce slogan, même Zlatan le connait par cœur, sans faute de français dans le texte. Il appartient aujourd’hui à l’identité du PSG mais oppose ses créateurs aux dirigeants du club le plus puissant de France. Si les premiers souhaitent que ces quelques mots continuent d’"appartenir à tout le monde", les seconds souhaitent se l’approprier à des fins commerciales.

Un peu d’histoire. En 2008, un collectif de supporters dirigés par Christophe Uldry, les Supras Auteuil, déposent en tant que marque "Auteuil" et "Ici c’est Paris !" pour éviter que "des petits malins ne nous rançonnent". Le slogan fonctionne tellement bien qu’en septembre 2015, le club souhaite en devenir le propriétaire. Le PSG propose alors une compensation financière, rejetée par les Supras, puis amène l’affaire devant la justice. Le club demande la destitution de la propriété de cette "marque" au motif qu’elle n’est pas exploitée.

"Un manque de respect"

"C’est logique, car nous n’avions pas vocation à le faire", explique Me Jean Aittouares, l’avocat des supporters. Ces derniers ont donc répliqué en portant une action en contrefaçon contre le PSG, qui utilise depuis longtemps "Ici c’est Paris" sur des produits dérivés dans un but commercial. "Jusque-là, ça ne nous dérangeait pas, mais puisqu’ils veulent s’approprier la marque, nous sommes obligés", justifie Me Aittouares.

Ce qui dérange les supporters à l’origine de ce chant devenu slogan en 2001, c’est bien que le PSG en demande l’usage exclusif et commercial. "On a déjà été mis hors du stade, jusqu’où iront les dirigeants ?" interroge Christophe Uldry au nom des supporters "historiques". Avant de se montrer plus offensif : "C'est un manque de respect. J'espère que l'histoire retiendra plus cette équipe exemplaire que ces dirigeants. C'est inhabituel d'être adversaire de son club mais on continue à être supporter." Preuve de leur désintérêt, s’ils gagnent ce procès, les supporters promettent de remettre l’argent à des œuvres caritatives.

C.M