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PSG-OM: Fiorèse, ammoniaque, Clara Morgane... six anecdotes sur le Classique

Entre coups bas et trahisons, le Classique PSG-OM fourmille d’histoires savoureuses depuis près de 30 ans. Retour sur six anecdotes marquantes avant le sommet du championnat ce dimanche soir en clôture de la 11e journée de Ligue 1.

Quand Artur Jorge motive les Marseillais malgré lui

PSG-OM, le 20 décembre 1992. Le PSG version Canal+ aspire à regarder l’OM tout puissant de Bernard Tapie dans les yeux. Avant un premier round au Parc, l’entraîneur parisien, le Portugais Artur Jorge, lâche dans L’Equipe: "On va leur marcher dessus." La suite, c’est Basile Boli qui raconte: "C'est le seul match où le coach (Raymond Goethals) n'a pas parlé, Bernard Tapie non plus. Dans le vestiaire, il a affiché l'article dans lequel Artur Jorge et David Ginola disaient qu'ils allaient nous marcher dessus. Quand on te dit ça, si tu es un homme, comment tu réponds ? Tu réponds sur le terrain !" Qualifiée de "boucherie" par l’actuel ambassadeur de l’OM, le Classique est remporté par l’OM 1-0 (but de Boksic).

Guérin vs Deschamps
Guérin vs Deschamps © ICON

Et Ravanelli tomba dans la surface de réparation

PSG-OM, le 8 novembre 1997. Jamais un penalty n’a fait couler autant d’encre que celui obtenu par Fabrizio Ravanelli au Parc des Princes. Après que Jérôme Leroy a répondu à un but de Xavier Gravelaine, l’attaquant italien de l’OM, en duel avec Eric Rabesandratana, s’effondre dans la surface de réparation. Le VAR n’existe pas encore. Tant mieux pour le Marseillais, qui se fait un croche-patte tout seul. Laurent Blanc transforme le penalty. "Je ne dis rien parce que je vais être méchant", souffle à chaud le défenseur parisien. Ravanelli, lui, s’est toujours défendu d’être un simulateur. "Le penalty est gros comme une maison, clamera-t-il. Si le défenseur qui fait faute sur moi prétend le contraire, alors vous pouvez l'appeler Pinocchio. Son nez est en train de grandir dans les vestiaires..."

Algerino, Rabesandratana et Ravanelli
Algerino, Rabesandratana et Ravanelli © AFP

Le retour au Parc de Fabrice "Judas" Fiorese 

PSG-OM, le 7 novembre 2004. "L’OM a toujours été le club de mes rêves." Ce type de propos passe déjà mal quand il est l’œuvre d’un joueur lambda. Alors quand il s’agit d’un Parisien… A l’été 2004, Fabrice Fiorèse, l’un des chouchous du Parc, bascule dans le camp ennemi. Dans les dernières heures du mercato, il s’en va retrouver son pote Frédéric Dehu, ex-Parisien lui aussi. "Je me sens super à l'aise au PSG, je suis parisien à 300 %", déclare-t-il pourtant quelques jours avant de passer pour le plus grand des traitres. Ce coup-là, les supporters de la capitale et ses anciens partenaires vont lui faire payer très cher pour son premier retour au Parc. "Nous avons Jésus, vous avez Judas", "Fiorèse : si le PSG est une prison, rends la savonnette", lit-on sur des banderoles. Sur la pelouse, on n’a pas encore passé la demi-heure de jeu que Sylvain Armand le découpe par derrière. Carton rouge. Il faut aussi l’intervention du service d’ordre pour que l’ancien Guingampais puisse tirer normalement un corner sans prendre un projectile sur la tête. Bref, sale soirée pour Fiorèse et les Marseillais qui s’inclinent 2-1.

Armand et Fiorèse
Armand et Fiorèse © AFP

Les Parisiens déstabilisés par une odeur d’ammoniaque…

OM-PSG, le 16 octobre 2005. Les joueurs du PSG se présentent au stade Vélodrome comme les chasseurs du leader lyonnais. En entrant dans le vestiaire, l’entraîneur Laurent Fournier est très vite dérangé par une odeur d’ammoniaque. Impossible de se préparer ici. Lui et ses joueurs se changent dans des vestiaires réservés aux ramasseurs de balle. Mais le mal est fait. Fournier est pris de vomissements. Jean-Michel Moutier, directeur sportif est furieux:"En rentrant dans le vestiaire, il y avait une odeur d'ammoniaque très forte. Ça piquait les yeux, ça prenait à la gorge. On ne pouvait pas rester (…) Anigo nous a notamment dit d'aller nous faire enc... Les dirigeants de l'OM qui insultent les autres n'ont rien à faire dans le foot." Le président marseillais Pape Diouf se défendra en expliquant que les vestiaires ont dû être désinfectés à cause d’une vilaine odeur d'égout. Mouais…

… et par Clara Morgane 

Ce soir-là, il n’y a pas que l’odeur d’ammoniaque qui fait tourner les têtes des joueurs du PSG. L’ancien Parisien Boukary Dramé raconte : "Ils nous ont mis dans un vestiaire annexe, tout pourri, raconte le défenseur dans l’émission Le Vestiaire. Pour aller à la salle de kiné, il fallait passer à côté d’escaliers où se trouvaient Clara Morgane (ancienne actrice de films X) et Michaël Youn. Quand certains ont vu ça, ils ne parlaient plus du match (rires). Ils ne pensaient qu’à aller voir les kinés. C’était une façon de nous déstabiliser." Objectif atteint. L’OM s’impose 1-0 grâce à un but de Lorik Cana.

Les minots marseillais montent à Paris

PSG-OM le 5 mars 2006. Pape Diouf est en conflit avec la LFP. Le président de l’Olympique de Marseille n’accepte pas le nombre limité de places allouées aux supporters phocéens au Parc des Princes. Sa décision est ferme, il n’enverra pas sa meilleure équipe défier Pauleta, Jérôme Rothen & co. Albert Emon, le coach, José Anigo, le directeur sportif, montent à la capitale avec les minots et quelques habituels remplaçants (Civelli, Gimenez). A la surprise générale, les jeunes Marseillais, héroïques, tiendront le PSG en échec (0-0).

PSG-OM : Les minots au Parc en 2006
PSG-OM : Les minots au Parc en 2006 © ICON
Aurélien Brossier