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PSG: un coup de gueule inédit pour Al-Khelaïfi

Dans un entretien accordé à France Football à paraître mardi, Nasser Al-Khelaïfi a passé un coup de gueule et envoyer des signaux à ses joueurs, annonçant la "fin des comportements de stars". Un discours qui tranche avec l'habituelle retenue du président du PSG.

Mi-juin, l'été arrive, les cadres sont en vacances ou en sélection pour disputer la Copa America. Kylian Mbappé est en pleine tournée américaine sponsorisée par son équipementier, Neymar soigne sa blessure, qui l'a privé de Seleçao, et l'affaire de l'accusation de viol. C'est ce moment précis, de supposée accalmie, qu'a choisi Nasser Al-Khelaïfi pour faire passer ses messages.

"S'ils ne sont pas d'accord, les portes sont ouvertes"

Le ton est sec, franc. Disons-le, c'est un coup de gueule que pousse le président du PSG, dans un entretien accordé à France Football à paraître mardi. "Les joueurs vont devoir assumer leurs responsabilités encore plus qu'avant. Il faut que ça soit complètement différent, insiste Nasser Al-Khelaïfi. Ils vont devoir faire plus, travailler plus. [...] Ils ne sont pas là pour se faire plaisir. Et s'ils ne sont pas d'accord, les portes sont ouvertes. Ciao! Je ne veux plus avoir de comportements de stars."

Le contexte est complexe. Entre saison très moyenne (pour ne pas dire ratée) sans coupe nationale ni quart de finale de Ligue des champions, tentative de prise de pouvoir de Kylian Mbappé, cas Neymar, casse-tête de mercato, la mission dont hérite le nouveau directeur sportif Leonardo est ardue. Et Nasser Al-Khelaïfi a l'air bien décidé à le soutenir dans sa tâche de remise à plat d'un club en quête d'un nouveau souffle. 

Il s'était fait discret ces derniers mois

Le coup de gueule du président du PSG est inédit. Sa parole était devenue rare ces derniers mois, sur fond d'ennuis judiciaires personnels et de conflit à peine voilé entre Antero Henrique et Thomas Tuchel. Si bien que le technicien allemand s'était régulièrement retrouvé bien esseulé pour justifier les résultats moyens de ses joueurs, les problèmes de recrutement et défendre l'institution face à la presse.

Mais plus que cela: la sortie de Nasser Al-Khelaïfi est inédite. Des coups de gueules, le boss du club parisien en avait déjà passés. Mais ils visaient les journalistes et les rumeurs autours d'arrivées potentielles au club. Comme en février dernier, alors que certains informations circulaient autour de la venue possible d'Arsène Wenger

"Je suis fatigué de répondre à ce genre de questions. J’ai de très bonnes relations avec Arsène. Je suis proche de lui, je le connais depuis longtemps. Il est un magnifique manager et entraîneur. Il a une connaissance très pointue et très complète du football. Mais nous avons un directeur sportif, Antero Henrique, en qui j’ai une grande confiance, assurait-il dans Le Parisien. J’entends sans arrêt les médias dire qu’Arsène va venir prendre ce poste. C’est trop. Laissez-nous travailler, s’il vous plaît. Antero réalise un très bon travail. Il va continuer avec nous. Il reste là." Quatre mois plus tard, il est parti.

Sa cible favorite: l'arbitrage

Autre cible récurrente du président parisien: l'arbitrage en Ligue des champions. "Il y a deux penaltys sifflés contre nous, et deux pas sifflés pour nous. C’est très dur à accepter pour moi, s'insurgeait-il en mars 2017, après la remontada du Barça. L’arbitre a beaucoup aidé Barcelone. C’est un cauchemar pour tout le monde! Prendre trois buts en sept minutes, avec cinq minutes d’arrêt de jeu…"

Rebelote un an plus tard, toujours en 8es de finale, mais cette fois contre le Real Madrid. "L'arbitre a été un peu contre nous aujourd'hui. Il a fait trois grandes fautes pour moi. Il y a deux cartons jaunes qui n'y sont pas je crois. Et il y a une action où Mbappé n'est pas hors-jeu. Ce sont des détails qui sont différents avec les grandes équipes. Je ne dis pas qu'on a perdu à cause de l'arbitre. Mais il a fait une différence. L'année contre Barcelone, il y a déjà eu l'histoire de l'arbitre. Aujourd'hui encore. Je pense que l'UEFA doit faire quelque chose", déplorait-il alors.

Des rappels à l'ordre sportifs

Pour voir Nasser Al-Khelaïfi adresser publiquement des messages à ses joueurs, il faut remonter à deux déceptions en... Ligue des champions encore une fois. En décembre 2016, alors que le club a les cartes en main, le PSG termine deuxième de sa poule derrière Arsenal. La faute à un match nul contre Ludogorets (2-2). 

"La première place était notre objectif. On était premier avant le match. On est très déçu du match, du résultat, de la qualité de jeu aussi. On a un match très important dimanche prochain et les joueurs doivent se concentrer sur ce match. On ne peut pas changer ce résultat contre Ludogorets. Je ne suis pas en colère, mais je suis déçu, comme tout le monde, résumait-il. Notre objectif était très clair, c’était d’être premier. Mais on n’était pas au niveau Ligue des champions, j’attendais plus. Comme je l’ai déjà dit, il faut travailler encore plus."

Avant d'assurer sa "confiance" en ses joueurs, Unai Emery et son staff. Le discours était assez proche un an plus tard. Cette fois premier de sa poule, le club de la capitale sort d'une défaite contre le Bayern (3-1) pour terminer la phase de groupes. Et le contenu n'avait pas du tout plus à Nasser Al-Khelaïfi.

Le timing est différent

"On n'a pas joué du tout en première période, on n'était pas là, insistait le président parisien en décembre 2017. [...] On n'a pas montré notre niveau, notre qualité et la personnalité de nos joueurs, on peut faire mieux. On est tous déçus. On n’a pas tout donné pour gagner le match. Il est très important de se réveiller maintenant. Il y a des grands clubs qui termineront deuxièmes. Si l'on est prêt, on peut jouer contre n’importe quelle grande équipe. Le plus important est de mieux se préparer et réfléchir sur cette leçon." 

Des rappels à l'ordre, plus que des coups de gueule. Et qui intervenaient en pleine saison, dans un contexte purement sportif et après un mauvais résultat. Rien à voir avec une gueulante estivale. Cette fois, il s'agit de créer un électrochoc pour insuffler un vent nouveau. Et accompagner le retour de Leonardo, qui a pour mission de remettre les pendules à l'heure. Peut-être le début d'une révolution.

A.Bo