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PSG: "Un sentiment de trahison", lâche Blanc après les accusations de fichage ethnique

Dans une interview exclusive accordée à RMC Sport, Jean-Claude Blanc, directeur général du PSG, a fait part de son écœurement, face aux révélations de Mediapart, sur la mise en place d’un fichage ethnique dans le recrutement des jeunes joueurs. Il assure que le club n’en avait pas connaissance et menace de mener en justice les responsables.

Une trahison pour le PSG

"C’est un sentiment de trahison, une telle pratique va à l’encontre de tout ce pourquoi le club travaille au quotidien. C’est un club qui fait beaucoup d’effort sur la lutte contre toutes les discriminations. Le fait qu’une poignée d’individus se soient permis d’aller intégrer des critères ethniques pour définir des jeunes joueurs, c’est une trahison, c’est totalement inacceptable."

Le PSG n'avait pas connaissance de l’existence de ces fiches et a lancé une enquête 

Jean-Claude Blanc assure que le club n’a appris que récemment l’existence de ces fiches et a pris "une réaction immédiate" avec le "lancement de l’enquête interne". "On ne peut pas tolérer de telles pratiques et il était important pour le club de savoir exactement ce qu’il s’était passé, pendant quelle période et qui avait introduit cette pratique et l’avait utilisée dans cette cellule réduite à quelques individus pour la sélection de jeunes joueurs en dehors de l’Ile de France. En aucun cas, une information de fichage technique systématique par une cellule de quelques recruteurs initiés par des responsables n’était remontée à la direction générale du club". 

Le cas Marc Westerloppe 

Le directeur général du PSG a aussi expliqué pourquoi Marc Westerloppe n’avait pas été sanctionné après avoir tenu des propos qualifiés d’ambigus lors d’une réunion de recruteurs en 2014: "Il y a un problème sur l’orientation du club, il faut un équilibre sur la mixité, trop d’Antillais et d’Africains sur Paris", a-t-il déclaré selon Mediapart. "Une alerte très sérieuse en 2014 remonte et met en évidence des propos. Des propos très ambigus avaient été tenus par le responsable de cette cellule de recrutement dans une réunion de formateurs. Immédiatement, j’ai convoqué ce collaborateur par un courrier officiel pouvant mener jusqu’à son licenciement. J’ai invité ce collaborateur à se justifier et à s’expliquer pour respecter le droit du travail. Il s’en est totalement défendu et a défendu des valeurs extrêmement en ligne avec celles du club. Nous avons décidé à ce moment de ne pas le sanctionner mais de réunir l’ensemble des équipes de la formation pour rappeler quelles étaient les éthiques, les valeurs et la manière dont les joueurs devaient être sélectionnés pour entrer au PSG."

Pas de preuve de fiche ethnique en 2014

"A ce moment, aucune preuve tangible de fichage systématique avec des éléments ethniques mis en place par cette cellule de manière régulière, n’est remonté. Nous jugeons et actons des propos ambigus dans une réunion. Nous profitons de cette opportunité pour rappeler les principes absolus de lutte contre toutes les discriminations qui sont en place au PSG."

Une attaque en justice envisagée

"L’enquête interne est en train de se dérouler et mettra à jour l’ensemble des pratiques. Des mesures extrêmement strictes, pouvant aller jusqu’à des plaintes en justice, seront mises en place à l’issue de cette enquête interne. Je pense que d’ici une quinzaine de jours, l’ensemble des éléments pour remonter dans le passé de manière extrêmement précise auront été mises à jour et qui avait initié ce système."

Comment l’enquête sera menée

"On écoute les salariés et les anciens salariés. On va chercher les documents qui ont pu être rédigés et échangés pour comprendre et délimiter exactement qui, dans cette cellule pour des jeunes en dehors de l’Ile de France, a utilisé ces critères et à quoi ont-ils conduit. Si remplir ces critères est totalement inacceptable, la pratique de sélectionner de manière discriminante n’a pas été mise en place." 

Une idée déjà très claire sur les responsables

Selon Mediapart, les pratiques de fichage ont pris fin en mars 2018, soit trois mois après le départ de Marc Westerloppe à Rennes. Ce qui lève le peu de doutes qu'il restait sur l'identité de l'un des acteurs impliqués (en l'occurence Westerloppe. "Je vous laisserais faire le rapprochement, confie Blanc. Quand un certain nombre de personnes quittent le club (Westerloppe a rejoint Rennes en décembre 2017, où il a rejoint Olivier Létang, qui fut son supérieur au PSG durant cette période et qui est également cité dans l'enquête) cette pratique se termine. La conclusion est là, ce qui n’excuse pas que le club ait eu, en son sein, cette pratique-là pendant quelques années. C’est inexcusable et nous allons prendre les mesures pour que cela ne se reproduise plus jamais. Avec le départ des responsables, cette pratique s’est arrêtée immédiatement."

NC avec Loïc Tanzi