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Randonnée, karaoké, danse… : la méthode Hantz à l’épreuve du PSG

Même s’il rejette l’étiquette d’entraîneur atypique, le coach de Montpellier Frédéric Hantz dispose de méthodes d’entraînement pas tout à fait comme les autres. Et ça marche. Décryptage avant PSG-Montpellier, ce samedi (17h).

Jérôme Rothen n’a pas oublié son passage à Bastia. Une expérience marquée par les méthodes de son entraîneur, Frédéric Hantz. « En Corse, on a l’avantage de pouvoir faire des journées de marche en montagne. Un jour, on a marché cinq heures de suite sur des rochers et en tennis. Pas avec des chaussures de montagnes. Je ne vous raconte pas l’état dans lequel on est arrivé là-haut… Puis on a dormi dans des tentes où il y avait des araignées partout. Il adorait ça et rigolait, il disait que ça créait une ambiance dans le groupe. Voilà, ça, c’est du Frédéric Hantz tout craché. » Un coach atypique, attaché à la cohésion du groupe, et surtout efficace.

Depuis qu’il en a pris les rênes fin janvier, Montpellier est sorti de la zone de relégation. La Paillade a même pris 13 points sur 18 possibles, soit autant que le PSG, son adversaire samedi après-midi (17h) au Parc des Princes lors de la 29e journée de Ligue 1. Tout sauf une surprise pour Ryad Boudebouz. « Il aime le défi, témoigne l’Algérien, qui était aussi sous ses ordres à Bastia. Le club de sa région (il est natif de Rodez) était la meilleure chose qui pouvait lui arriver. Surtout dans cette période. Le coach est arrivé avec ses idées et pour l’instant, ça fonctionne assez bien. »

Hantz : « Je ne me sens pas atypique »

Ses idées ? Des entraînements à 6 heures du matin, des cours de danse… Une part d’improvisation aussi comme ce jour où, en stage sur le continent avec Bastia, il se retrouve avec ses joueurs à partager l’hôtel avec un club de vacances. « Une sorte de Club Med, précise Jérôme Rothen. Il y avait du karaoké le soir, des jeux apéros le midi. C’était incroyable de vivre des stages comme ça… Comme il y avait une bonne ambiance dans le groupe, on s’était retrouvé à prendre le micro avec les gens alors qu’on était complètement cuits parce qu’on se levait tôt le matin pour aller s’entraîner... » L’intéressé déstabilise, jusqu’au bizutage avant la victoire face à Toulouse (2-0) lorsqu’il entonne le générique de « L’île aux enfants » devant des joueurs médusés.

Cette étiquette d’entraîneur atypique, Frédéric Hantz compose avec elle, mais ne la valide pas. « Comme tous les entraineurs, j’ai fait des choses qui me sont propres mais je ne me sens pas atypique du tout. C’est peut-être prétentieux mais j’estime être quelqu’un de bons sens. Aller parfois courir à 6h du matin, ce n’est pas ridicule quand on est sportif. Aller se balader en montagne ? C’est bien de prendre conscience de son environnement. On a parlé de causeries dans le noir, ce n’est pas vrai. Je l’ai fait sur mon premier match il y a dix ans et ça a duré 30 secondes. Je ne l’ai jamais refait. » Non, mais Frédéric Hantz a accompli bien d’autres choses… Et il espère assurer le maintien de Montpellier le plus vite possible.

Aurélien Brossier avec Julien Landry à Montpellier