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Saint-Etienne-Bordeaux: les Verts s'éloignent de l'Europe, les Girondins au ralenti

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Au terme d'un match que les Girondins auront fini à dix suite à l'exclusion de Nicolas Pallois, Saint-Etienne et Bordeaux se sont quittés dos-à-dos (2-2) en ouverture de la 36e journée de Ligue 1. La rencontre, importante dans la course à la Ligue Europa, a notamment été marquée par deux décisions litigieuses de la part de l'arbitre Frank Schneider.

L’arbitrage litigieux de Franck Schneider

Ce match d’ouverture de la 36e journée de Ligue 1 a connu deux temps très, très forts. Et à chaque fois, Frank Schneider était au centre de ces instants chauds. Le premier? Lorsqu’il désigne le point de penalty à la 42e minute, après un tacle de Maïga, qui semblait pourtant licite, sur Lewczuk. Le deuxième? Lorsqu’il n’a pas désigné ce même point de penalty après une intervention de Pallois sur Monnet-Paquet, elle aussi litigieuse. Il n’en fallait pas plus pour se mettre le stade à dos. "Pallois, avec son pied droit, il ramène la jambe de Monnet-Paquet. Il y a faute. Cette faute-là est claire, estime notre arbitre radio et ancien sifflet international, Joël Quiniou. Frank Schneider a eu du mal à rentrer dans son match. En plus, ce n’était pas un match compliqué. Il a rendu le match difficile par rapport à ses appréciations de jeu qui paraissaient pourtant assez claires." Comme sur ce tacle à retardement de Contento sur Hamouma… et qui méritait un peu plus qu’un carton jaune selon Quiniou (62e). En revanche, et il faut le dire aussi quand c’est le cas, Frank Schneider ne s’est pas trompé au moment d’exclure Pallois pour son tacle à retardement sur Nordin (90e+2).

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Un classique presque sans le son

Ce 110e match entre l’AS Saint-Etienne et les Girondins de Bordeaux, deuxième plus grand classique de notre championnat avec Marseille-Sochaux (112 matches), s’est déroulé dans une ambiance particulière. Feutrée, pour être plus précis. Et emballante seulement par moments, notamment quand les filets de Carrasso et de Ruffier ont fini par trembler. Si cette rencontre a globalement manqué de saveur et de ferveur – malgré une montée de volume certaine en fin de match -, c’est en raison de l’hommage aux victimes du drame de Furiani le 5 mai 1992, rendu par les supporters des deux clubs. Un drame qui avait coûté la vie à 18 individus et blessé 2357 personnes, rappelé par une banderole déployée en tribunes: "pas de match le 5 mai". Bref le Chaudron, que les Green Angels ont boycotté le temps de ce match en guise d'hommage à Furiani, n’a pas surchauffé comme à son habitude, privé de ses chants et de sa folie. Dommage, notamment au regard de la seconde période livrée par les Bordelais et les Stéphanois sur le terrain.

La goal-line s’est invitée à la soirée

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Il y aura au moins une décision qui ne fera pas débat à l’encontre de Frank Schneider ce vendredi soir. Celle d’accorder l’égalisation aux Verts, sur un tir de Pajot dans la surface de réparation, à bout portant et lors d’un gros cafouillage dans la surface suite à un corner de Veretout (65e). Les joueurs bordelais ont eu beau protester, Carrasso et Sabaly en tête, eux qui pensaient avoir sauvé leur équipe en repoussant sur la ligne la tentative du milieu de terrain stéphanois mais la montre de l’arbitre s’est montrée formelle. Elle a vibré et, images à l’appui, même s’il n’a franchi la ligne que de peu, le ballon est bien rentré dans le but de Carrasso. Un point pour la goal-line technology.

Pallois a vu rouge

Déjà limite dans sa surface sur une intervention sur Monnet-Paquet, Pallois est allé à la douche plus vite que les autres et ce n’est que justice, tant le tacle totalement non-maitrisé du défenseur bordelais sur Nordin (90e+2) méritait un renvoi direct aux vestiaires. Ce geste résume très bien l’état de fébrilité des Girondins ce soir, incapables de maitriser leur nerfs car… incapables de tenir leur match. Les hommes de Jocelyn Gourvennec, qui ont mené au score deux fois – d’abord sur le penalty transformé par Ounas (42e) et ensuite sur une réalisation de Laborde (50e), se sont fait rejoindre quasi aussitôt (deux minutes après sur le premier but par Beric, à la conclusion d’un superbe mouvement avec Monnet-Paquet et Hamouma, un quart d’heure après sur le deuxième). Pis, ils auraient pu sombrer en deuxième sous les coups de boutoirs des Verts… qui se mordront les doigts de ne pas avoir su forcer leur destin.

Un nul qui frustre tout le monde

Au vu de la physionomie du match et notamment de la deuxième période, Bordeaux peut s’estimer heureux de repartir au moins avec un point. Mais les Girondins, comme leurs hôtes stéphanois seront surtout frustrés d’un résultat qui les scotchent au classement. Les premiers pouvaient revenir temporairement à un point de la 4e place et de Lyon, qui reçoit Nantes dimanche (17h). Les seconds, eux, pouvaient grignoter leur retard sur les Bordelais et se rapprocher de l’OM (6e). Au lieu de cela, ce sont en spectateurs que les deux formations regarderont leurs adversaires directs évoluer ce week-end. Avec encore plus de frustration côté stéphanois… "C’est fini pour l’Europe", a estimé l’entraîneur de l’ASSE, Christophe Galtier au micro de Canal + Sport après le match. Et ce, malgré le match en retard contre Monaco.

A.D