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Sécurité dans les stades de Ligue 1: Alain Bauer veut travailler avec les ultras pour épingler "les voyous"

Invité sur RMC ce jeudi dans Apolline Matin, Alain Bauer, professeur de criminologie, a détaillé les trois grands axes de son rapport remis à la LFP mercredi sur l’amélioration de la sûreté et de la sécurité des rencontres de Ligue 1 et de Ligue 2.

Au lendemain de la remise de son rapport à la Ligue de football professionnel (LFP) sur l’amélioration de la sécurité dans les stades, Alain Bauer, professeur de criminologie, était l’invité d’Apolline Matin sur RMC, ce jeudi. Il a dévoilé les trois grands axes pour réduire les violences dans les stades en rappelant, en préambule, que celles-ci avaient baissé avant le début de la Coupe du monde. Le criminologue veut travailler au plus près du terrain, avec les groupes de supporters.

Selon lui, le fiasco de la finale de la Ligue des champions en mai dernier a provoqué un électrochoc sur la capacité de la France à recevoir de grands évènements à deux ans des Jeux olympiques de Paris 2024.

"On était parti de l’a priori que la France savait faire et maintenant nous sommes dans l’inverse et on ne sait plus faire, confie-t-il. Le terrain a pris la main et a beaucoup d’idées. On est passé d’une idée de 'prêt-à-porter' générale où il fallait tout sécuriser, exclure les supporters perçus comme des adversaires/des ennemis comme si le vrai match de football était celui où il n’y aurait que des joueurs. L’idée générale est de faire l’inverse à savoir que les supporters ne sont pas des adversaires, ce sont des partenaires. Ils savent faire toute une série de choses avec les clubs. Au niveau local, une série d’opérations sur-mesure fonctionnent."

Bauer articule ses idées sur trois choses qui "posent problème". "La première, c’est l’absence totale de coordination intelligible en fonction du niveau des matchs, explique-t-il. Si c’est un match international, c’est plutôt l’UEFA, la Fédération ou le Préfet. Si c’est national, c’est plutôt la Ligue ou la Fédération, il y a toute une série d’acteurs mais il n’y a plus de cadre national depuis 20 ans. Il a disparu." Il assure que "tout le monde est d’accord" pour en récréer un sur la base de "contrats locaux de sécurité des stades".

Il insiste aussi sur la nécessité de travailler en collaboration avec les supporters. "Les supporters disent: ‘on en a marre des sanctions collectives car vous ne faites pas le tri mais on n’aime pas la manière dont vous imaginez faire le tri’, situe-t-il. Toute une série de clubs ont trouvé des méthodes pour faire le tri sauf que l’Etat a sous-traité les interdictions judiciaires en interdictions commerciales qui sont plus ou moins applicables, dont on peut se demander si la légalité est aussi structurée que ça."

"Il ne faut pas interdire les fumigènes mais faire en sorte qu’ils ne soient pas dangereux"

Alain Bauer veut trouver une solution "sur-mesure" et pas globale en se basant notamment sur la gestion d'accès au concert d’Ed Sheeran au Stade de France l’été dernier. Il veut désormais faire le tri en évinçant ces individus violents "qui n’aiment même pas le football", deuxième point de son travail. "Il faut le faire avec les groupes de supporters, y compris avec les ultras, explique-t-il. On a eu l’occasion de leur parler alors que les institutions dites représentatives refusaient de le faire. On a des pratiques locales extrêmement utiles et efficaces."

Le troisième élément concerne la pyrotechnie. "Il y a un décret en préparation qui permet l’expérimentation de la pyrotechnie, explique-t-il. Il ne faut pas interdire les fumigènes mais faire en sorte qu’ils ne soient pas dangereux. La question est d’avancer sur les modalités d’acceptation. Le débat avec les supporters change la donne."

Il résume ses trois points pour conclure: "un niveau national de référence, une application locale pour faire en sorte que cela fonctionne entre les clubs, les supporters, les villes et une aopllication avec les groupes de supporters pour voir ce qui est acceptable ou non et de faire en sorte que les voyous ne prennent pas le football en otage au détriment des supporters même ultras".

NC