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Thiago Silva, Thiago Motta, Verratti, Al-Khelaïfi… : les mises au point de Blanc

Laurent Blanc mercredi au Camp Nou

Laurent Blanc mercredi au Camp Nou - AFP

Sous le feu des critiques depuis son coaching manqué à Barcelone (3-1), Laurent Blanc est passé à l’attaque ce samedi en conférence de presse à la veille de se déplacer à Guingamp. L’entraîneur du PSG assume ses choix et défend son bilan.

La première défaite du PSG cette saison a marqué un vrai tournant pour Laurent Blanc. Le scepticisme qui accompagnait les prestations en demi-teinte de son équipe a laissé place à un brutal flot de critiques pour un entraîneur qui venait pourtant d’enchaîner… 25 matches officiels sans défaite (23 cette année, 2 la saison passée). Les choix tactiques de l’entraîneur parisien à Barcelone (3-1) interpellent sur son manque d’influence dans le vestiaire. Le remplacement de Marco Verratti à la 60e minute par Javier Pastore en a été l’illustration. Pourquoi sortir le meilleur joueur sur le terrain alors que d’autres comme Thiago Motta ou Thiago Silva peinaient ? Beaucoup y ont vu un manque d’aplomb de la part de l’ancien sélectionneur de l’équipe de France plus soucieux de préserver l’ego de ses cadres que l’équilibre de son équipe. A la veille d’affronter Guingamp, l’ancien sélectionneur est monté au créneau sur ces sujets qui l’agacent.

Thiago Silva loin du banc à ses yeux

« Il faut surtout le remettre en confiance. C’est mon rôle et celui du staff. C’est notre capitaine, ce n’est pas un joueur comme les autres. Il faut trouver les éléments pour le remettre en confiance. Je ne suis pas sûr que le mettre en concurrence ou ne pas le faire jouer seraient les meilleurs moyens. Même si c’est notre capitaine, tous les joueurs ont le devoir d’être performants pour le bien de l’équipe, du club et de l’entraîneur. Il n’a pas perdu ses qualités. C’est un mauvais moment de sa carrière, il faut juste le traverser et que le staff technique l’aide. L’environnement ne l’aidera pas. Il faut que les joueurs, l’entraîneur et le club lui permettent de surmonter ce moment difficile pour retrouver la plénitude de ses moyens. » Les deux Thiago intouchables ? « Vous me demandez si c’est difficile de sortir Thiago Silva et Thiago Motta de mon équipe ? Et s’ils sont intouchables ? La réponse est non. Je ne lis rien mais je sais que vous y êtes allés bien comme il faut. C’est peut-être ma chance de ne rien lire. Je ne regarde ni la télévision, ni les journaux. Et c’est une bonne chose. »

Le regret d’Al-Khelaïfi

« Des présidents de club qui ne souhaitent que des victoires, j’en connais beaucoup. Le président a le droit de dire : ‘’j’aimerais qu’on gagne tous nos matches’’. Nous aussi, joueurs et entraîneurs. Vous n’avez pas besoin de cette parole de président pour me fragiliser. Ça ne m’intéresse pas. Mais là, on est très loin de Guingamp. On est venu ici pour parler de Guingamp donc, on en parle »

Un bilan ardemment défendu

« Le risque (de perdre un peu de confiance) peut être plus grand quand tu subis ta première défaite depuis sept mois (il répète). Une défaite en sept mois ! Même si le président souhaiterait ne pas avoir de défaites, si on n’avait qu’une défaite lors des sept prochains mois, je signe tout de suite. On doit faire l’analyse de la défaite et ne rien occulter. Mais on doit aussi voir des choses positives. Je suis le premier à dire qu’il y a eu des choses négatives mais il n’y a pas que ça. On a été battu et déçu. ‘’Remis à notre place’’ ? Là, vous extrapolez ! Mais à quelle place ? On vise une victoire en Ligue des Champions… dans le futur. Ça veut dire qu’il faut du temps. Barcelone a gagné trois Ligue des champions en neuf ans. Mais ils ont attendu 60 ans pour la première !

La sortie controversée de Verratti

« Est-ce qu’en regardant le match je me suis demandé si j’avais fait une erreur de sortir Verratti ? Peut-être. Quand un entraîneur fait ses changements, il les fait pour certaines raisons et vous ne pouvez pas toutes les connaître. Quand ça marche, on dit qu’il a fait un bon coaching et quand ce n’est pas le cas, on dit que c’est un mauvais coaching. Il fallait tenir compte du score. J’aurais pu faire un changement à la 90e comme Luis Enrique mais on les a fait assez tôt parce que le score était en notre défaveur. Je vous ai dit pourquoi je l’ai fait sortir. Parce qu’avec lui, il y avait de la technique devant notre surface et je voulais que la technique soit devant la surface de Barcelone. J’ai tenté le coup avec « El Flaco » (Pastore) qui est en très grande forme. Après coup, bien sûr que j’aurais pu faire autre chose. Mais tous les entraîneurs se disent ça. »

Propos recueillis par Loïc Briley