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Vata, finale de Göteborg, foot avec les frères Ayew : l'enfance marseillaise de Valère Germain

Ce dimanche sur la pelouse du Vélodrome (17h), Valère Germain tentera d’offrir la victoire à une équipe niçoise moins fringante depuis deux journées. Un rendez-vous particulier pour l’attaquant des Aiglons, né dans la cité phocéenne et fils de l’ancien joueur olympien Bruno Germain. Découverte de Valère, l’enfant de Marseille.

Il est né une veille de drame. Le 17 avril 1990, alors que le petit Valère voit le jour, l’OM, où évolue son père Bruno, prépare une demi-finale retour de ce qui s’appelait à l’époque la Coupe d’Europe des clubs champions. Vainqueurs (2-1) du Benfica à l’aller, les Olympiens, emmenés par les Papin, Di Meco, Waddle, Tigana, Mozer et Francescoli y croient. Sous la pression des 120 000 supporters du Stade de la Luz, ils tiennent face à Valdo et sa bande. Jusqu’à la 83e. Sur un corner, Vata met une main que l’arbitre belge M. Van Langenhove ne voit pas. L’OM est éliminé et Marseille pleure. Valère aussi, sans doute, mais pour d’autres raisons. Il a un jour.

L’attaquant de Nice ne s’en est jamais caché, il voue à l’OM un attachement particulier. « Toute personne née à Marseille est forcément supportrice de l’OM, confie Valère Germain. J’ai toujours été un supporter de Marseille. » Un lien renforcé par le passé d’un père, joueur professionnel à la carrière reconnue et passé par Marseille (1988-1991). « Marseille a bercé mon enfance. On avait suivi le club en Coupe d’Europe en 2003-2004, quand il y avait Drogba, se souvient Valère. On avait été voir la finale à Göteborg (défaite face à Valence 2-0). Ils avaient perdu, Barthez avait pris un carton rouge, on était avec d’anciens joueurs. C’était vraiment un très bon moment. »

Gamin, il tapait la balle avec André et Jordan Ayew

Chez les Germain, le foot prend toute la place. « J’étais un papa passionné par le ballon. Quand il était petit, j’étais en pleine carrière, raconte Bruno. On ne parlait que foot à la maison. Valère a toujours eu un ballon entre les jambes. » Pressé d’en découdre, Valère signe sa première licence à... quatre ans et demi, à Cassis. « On a même dû signer une décharge médicale car normalement les clubs ne prennent les enfants qu’à partir de six ans », sourit Bruno. Le rejeton tape aussi la balle avec d’autres fils de pros. « Il côtoyait les fils d’Abedi (Pelé) par exemple, de Fabien (Barthez)... Les lendemains de match, au décrassage, on emmenait souvent nos enfants, poursuit Bruno. Ils jouaient au ballon avec tous les pros de l’époque. Quand on voit Jordan, André maintenant... On les a connus tout petits, c’est génial. »

Ce rêve né à Marseille, Valère l’a réalisé en 2009 en signant sur premier contrat pro à Monaco. Il rend hommage à ce père qui l’a toujours soutenu. « Il ne m’a jamais obligé à faire ça. Il m’a poussé car il savait que c’était mon choix, mon rêve, témoigne le jeune homme de 25 ans. Je suis conscient de la chance que j’ai eu d’avoir un père dans le milieu. Cela m’aide au quotidien. » Valère, qui confie se sentir « très bien » à Nice, avoue avoir « coché » le déplacement à Marseille sur son agenda. Dimanche, il devrait même réparer une quasi-anomalie, celle de n’avoir jamais joué au Vélodrome. Remplaçant avec Monaco la saison dernière, il s’était échauffé mais n’était pas entré dans ce stade « magnifique ». Cette fois, ça sent plutôt bon pour le minot.

la rédaction