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Campora : « Faire profiter Monaco de mes réflexions »

Jean-Louis Campora

Jean-Louis Campora - -

Emblématique président de l’AS Monaco de 1975 à 2003, Jean-Louis Campora (74 ans) revient au sein du club de la Principauté avec un rôle de vice-président en charge des relations extérieures. Avec une ambition intacte.

Jean-Louis Campora, vous êtes de retour au sein de l’organigramme de l’AS Monaco. Comment cela s’est-il passé ?

C’est quelque chose de très progressif qui s’est fait, je dirais, presque naturellement. Le président (Dimitri Rybolovlev, ndlr), quand il a repris le club il y a plus d’un an, a eu la courtoisie et la gentillesse de vouloir me rencontrer. Après cette première rencontre, nous avons échangé à maintes reprises sur le football, le football français et l’AS Monaco. Je crois qu’à partir de ce moment-là, une confiance s’est établie entre nous deux. Il y a un mois, un mois et demi, que nous avons envisagé une collaboration et un retour au club pour aider celui-ci.

Vous vivez votre retour comme une victoire, dix ans après votre départ ?

Ça n’a pas de rapport. Si vous avez analysé le passé et le temps de mon absence, vous avez bien vu que je n’ai jamais parlé du club, si ce n’est dans quelques interviews avec vous pour dire qu’il fallait se battre. Mais il n’était pas question pour moi d’avoir la moindre rancœur sur quoi que ce soit. J’avais eu tellement de satisfaction avec les titres gagnés et les campagnes européennes, que j’étais tout à fait navré que le club soit allé en deuxième division. Mon souhait le plus cher était de le voir remonter.

Quel sera votre rôle au sein de l’ASM ?

Le rôle est simple. On a un besoin en termes de communication. On a un problème de compréhension, de langue et de contact avec les autres clubs de football français et européen. Cela fait que le club pouvait être handicapé dans certains domaines du fait de cette absence de communication et de relations. Les dirigeants actuels sont trop jeunes dans le football pour pouvoir établir des relations durables efficaces et intéressantes pour l’avenir du club. Mais mon apport dépassera toute limite car je n’aurais de cesse de faire profiter le club et le président de toutes mes réflexions et mes pensées sur l’ensemble du club.

Quels seront les objectifs du club ?

L’objectif, c’est la remontée en première division. Nous avons une équipe qui est en tête du championnat, avec un championnat de deuxième division difficile. Il n’est pas question de tirer des plans sur la comète : nous sommes en deuxième division et pas encore en première division. Ensuite, la deuxième étape, c’est de construire un club avec une vocation européenne. Et pour cela, il faut du travail, de la compétence et du sérieux.

Monaco est souvent comparé au PSG. Vous vous sentez comme un concurrent à long terme ?

Il faut garder les pieds sur terre. Le PSG est l’une des équipes phares, un champion médiatique qui apprend à être un leader de la première division et à conquérir le titre. Et de l’autre côté, il y a l’ASM qui est un club de deuxième division et qui fait l’effort de monter en première. Je crois que tout le reste, ce ne sont que des vues de l’esprit. Nous verrons quand nous serons en première division ce qu’il convient de faire.

Comment Monaco compte atteindre ses objectifs ?

L’AS Monaco est basée sur deux principes. Un, la qualité du centre de formation, avec des gens sérieux qui travaillent et qui sont capables de faire du recrutement pour des jeunes joueurs, et des gens au club capables de les faire évoluer. Et deux, avoir des bons joueurs et si possible des grands joueurs. Nous avons déjà des bons joueurs et il faudra à l’avenir qu’on en ait de meilleurs. Mais après, c’est un problème de volonté de certains joueurs de venir à Monaco. Quand vous n’êtes pas européen depuis un certain un temps et que vous voulez dominer l’Europe, il faut convaincre les gens pour qu’ils puissent venir. Et pas seulement parce qu’il fait beau.

Propos recueillis par Loïc Briley