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Le FC Nantes n’est plus à la mode

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Dix ans après son dernier titre national, le club de Loire-Atlantique végète dans les bas-fonds de la Ligue 2. Face à ce triste spectacle, les supporters désertent peu à peu la Beaujoire. Et se tournent vers le basket, le handball ou le volley.

12 mai 2001. Une marée jaune et verte envahit la pelouse de la Beaujoire. En battant Saint-Etienne (1-0) lors de l’avant-dernière journée, le FC Nantes vient de s’offrir un huitième titre national. Debout sur le podium, les joueurs de Raynald Denoueix exultent devant cette foule enthousiaste. Auteurs d’une saison époustouflante, les Canaris planent sur la L1. Avec toute une région dans leur sillage…

Dix ans plus tard, les photos de cette soirée de liesse ont jauni. Et la Beaujoire est devenue un lieu de recueillement. Quinzième du championnat, le FCN lutte pour sa survie… en Ligue 2. Dans l’indifférence générale. Au crépuscule d’une deuxième saison consécutive au purgatoire (après un premier passage en 2007-2008), le club de Loire-Atlantique ne fait plus recette. Son nombre d’abonnés ne cesse de diminuer.

Pour maintenir une affluence moyenne correcte (11.000 personnes), les dirigeants distribuent des invitations à tour de bras. Mais le désamour est palpable. « On est tous attristés de voir le FC Nantes dans cette situation, reconnait l’entraîneur Philippe Anziani. Moi le premier, je subis ces événements. Tout le monde est déçu. On fait tout pour que ça change, mais c’est normal que les gens quittent la Beaujoire. »

Les sports de salle en profitent

Une désaffection qui profite aux sports de salle, en plein essor ces dernières années dans la préfecture de Loire-Atlantique. Quatre équipes évoluent désormais dans l’élite : le Nantes Rezé Basket, le HBC Nantes (handball), le Nantes Rezé Métropole (volley-ball) et le Nantes Volley Féminin. De quoi redonner le sourire aux nostalgique des grandes soirées de football. « Nantes reste une terre de foot, mais les gens commencent à nous dire qu’ils préfèrent venir nous voir, témoigne Frédéric Dole, le capitaine du HBCN. Je suis allé deux fois à la Beaujoire depuis le début de la saison et je n’ai pas pris beaucoup de plaisir. »

Le triste spectacle proposé par les partenaires de Bruno Cheyrou a aussi fait fuir les sponsors. Même la mairie commence à tourner le dos à son ancienne vitrine. La semaine dernière, le groupe « Centre Démocrate » s’est opposé au vote de la subvention de 300.000 euros allouée au club présidé par Waldemar Kita. Un signe qui ne trompe pas. Pour regagner les cœurs, le FC Nantes va devoir montrer un tout autre visage sur le terrain. Et ce, dès la réception de Dijon, deuxième de L2, ce vendredi (20h). Sans quoi le mythe, déjà écorné, pourrait vite sombrer dans l’oubli.