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Monaco-LFP, les dessous du conflit

Dmitry Rybolovlev et le prince Albert II de Monaco

Dmitry Rybolovlev et le prince Albert II de Monaco - -

Arbitre de la guéguerre entre la LFP et Monaco, le président de la FFF Noël Le Graët a bien formulé une offre de compensation financière au club princier, à hauteur de 30 millions d’euros sur six ans. Mais le président du club monégasque Dmitry Rybolovlev ne l’entend pas du tout de cette oreille.

Après la guerre des mots, celle des chiffres. Au lendemain d’une défaite à domicile contre Caen (1-0), qui a retardé sa remontée en Ligue 1, l’AS Monaco a publié dimanche un communiqué aux allures de bombe : la Fédération française de football (FFF) et la Ligue de football professionnel (LFP) lui auraient proposé de mettre fin au conflit sur le transfert de son siège social en France (obligatoire en juin 2014) en échange d’une somme de 200 millions d’euros. Une proposition jugée « inacceptable » par le club du Rocher, qui a annoncé son intention « d'intenter une action en justice afin d'obtenir un règlement judiciaire du litige ».

« Je déplorerais que l’AS Monaco judiciarise immédiatement ce dossier au moment de l’entrée en discussion, a expliqué la ministre des Sports, Valérie Fourneyron, à RMC Sport. La FFF et la LFP ont pris la bonne décision d’essayer de régler dans la concertation et le dialogue ce dossier. La première des choses, c’est de se dire, comme le fait la FFF : "Poursuivons le dialogue". » Serpent de mer du football hexagonal, la fiscalité avantageuse dont bénéficie l’ASM est entrée ces dernières semaines dans sa phase la plus dure. Voilà pourquoi Noël Le Graët a été placé dans le rôle d’arbitre par le Comité exécutif de la FFF, le 18 avril dernier. Et c’est dans ce cadre qu’il a rencontré Rybolovlev vendredi dernier

Rybolovlev furieux

D’après nos informations, le président de la « 3F » a alors posé une proposition chiffrée sur la table du milliardaire russe : 30 millions d’euros par saison sur six ans. Une somme basée sur l’étude menée par des experts fiscalistes, qui évaluent les avantages de l’ASM à 50 millions d’euros par saison. Cette réunion de travail, dont la LFP n’aurait eu vent qu’après-coup, n’a en fait duré que dix minutes. Car Rybolovlev n’entend pas céder alors qu’il a notamment décidé de devenir propriétaire du club, en décembre 2011, en raison de ses privilèges fiscaux… Lui, qui compte installer sa formation très haut sur l’échiquier du football européen, n’a aucunement l’intention de voir sa puissance financière plombée de la sorte. Même si son entourage a tenté de lui expliquer qu’en ces temps de crise et de taxe à 75%, le gouvernement français ne pouvait pas se permettre de donner l’impression de faire des cadeaux aux plus aisés.

« Ce n’est pas du racket mais le simple rétablissement de l’équité du championnat, juge Jean-Pierre Louvel, le président de l’Union des clubs professionnels de football (UCPF). Avec la taxe à 75%, quand Monaco investira 30 ou 40 millions d’euros sur le marché français, un autre club de Ligue 1 devra en investir 80 ou 100 pour être au même niveau. C’est intenable, donc il faut trouver des solutions. Monaco n’est pas un ennemi et nous souhaitons trouver des solutions pour qu’il ne soit pas exclu du championnat. Le président de la FFF joue son rôle de médiateur dans tout ça. Les choses continuent et on n’est que dans une péripétie. » Une péripétie qui semble quand même en appeler d’autres…

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S.C. avec J.Re.