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Pourquoi Lens n’a (presque) pas peur

Gervais Martel

Gervais Martel - -

Ce vendredi, Lens jouera sa montée en Ligue 1 sur la pelouse du CA Bastia. Menacé par Nancy, qui jouera crânement sa chance à Auxerre, le Racing n’a pas le droit à l’erreur. Mais c’est sans stress apparent que le RCL se tourne vers la finale de sa saison.

Parce qu’il n’a jamais quitté le podium
Lens a occupé à 32 reprises le podium de Ligue 2. Il a même été leader du championnat à deux reprises (4e et 5e journées). Surtout, le Racing n’a plus quitté la 3e place depuis la 13e journée. On parle donc d’un habitué du podium, qui n’a pas décroché même après une fin de mois d’avril délicate (nuls à Châteauroux, contre Nancy et Angers). Et qui ne se voit franchement pas en chuter maintenant. « On a fait la course en tête toute l’année, rappelle le président artésien Gervais Martel. On a les qualités suffisantes pour aller le faire… en ayant le respect du club de Bastia, il faut vraiment avoir toute confiance. »

Parce qu’il joue le dernier… déjà condamné
Si Nancy jouera son va-tout à Auxerre, pas encore assuré de son maintien, Lens n’aura pas à composer avec une opposition du même calibre. Car c’est fort de deux points d’avance sur l’ASNL que les Sang et Or chercheront à composter leur billet pour l’élite sur la pelouse du CA Bastia… lanterne rouge et déjà condamnée. « C'est une équipe qui, aujourd'hui, descend en National, a martelé Antoine Kombouaré en conférence de presse. Si l'on veut monter en Ligue 1, nous nous devons de remporter ce match. » Et le technicien kanak de rajouter, histoire de mettre quand même la pression aux siens : « Sur les deux dernières rencontres qu'ils ont disputées, ils ont réussi le nul contre Clermont et à Niort. C'est une équipe joueuse, qui se lâche beaucoup plus depuis qu'il n'y a plus d'enjeu. » Ce qui n’est pas encore le cas du Racing.

Parce que Gervais, lui, ne « stresse pas »
En entreprise, en temps de crise, c’est souvent vers son patron qu’on se tourne. Dans les instants charnières aussi. Le déplacement de Lens, ce vendredi à Furiani, sera le moment le plus important du Racing version Mammadov. Alors si le grand patron ne s’est pas officiellement exprimé – « Il est dans l'attente du résultat de vendredi soir. Il nous fait confiance, comme cela a été le cas toute l'année. Il va suivre le match de là-bas », assure Martel - le président, l’historique, a pris la parole. Et il rejette toutes idées de peur et de stress. « Je suis convaincu que l'on va finir le boulot... Je sais que le groupe a digéré sa défaite de vendredi dernier, confie Martel. Il s'est remis dans la dynamique de finir le travail. Je ne suis pas en train de me demander quel communiqué je vais faire si on reste en deuxième division. Je peux vous assurer que je n’ai rien préparé. Je n’ai pas non plus préparé le communiqué si on montait. » Mais Martel concède tout de même qu’il fumera « un peu ». « Je vais prendre mes deux cigarettes, normale et électronique. » Au cas où…

Parce qu’Auxerre va jouer sa vie à Nancy
« Il peut se passer n’importe quoi derrière », a rappelé Martel en conférence de presse. Histoire de garder ses joueurs sur le qui-vive. Ce qui peut se passer ? Que Nancy l’emporte à Auxerre et que Lens s’embourbe face au CA Bastia… ce qui propulserait l’ASNL en Ligue 1. Et pas le Racing. Mais les Lorrains auront fort à faire sur la pelouse de l’Abbé-Deschamps ce vendredi. Relancés par leurs succès devant Le Havre (2-1) et Arles-Avignon (2-0), les Auxerrois ont quitté la zone rouge et ont désormais, comme Lens, leur destin entre les mains. Un nul face à Nancy pourrait faire leur bonheur mais ne leur garantirait rien. Alors qu’une victoire scellerait l’avenir du club bourguignon pour une nouvelle saison en Ligue 2. « Aujourd'hui, on a un adversaire direct qui est Nancy, qui se rend à Auxerre, une équipe qui n'a aucune envie de descendre en National, insiste Martel. Nancy doit gagner mais doit aussi compter sur un faux pas de notre part. Et il ne faudra pas compter sur nous pour rendre service à qui que ce soit. »

Parce qu’à Bakou, on n’attend que ça
« Go Lens, go Lens ! » A Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, les messages d’encouragement n’ont cessé d’escorter Gervais Martel lors de son voyage présidentiel cette semaine. Le boss du RC Lens a pu mesurer à quel point son club était suivi et soutenu sur le sol de son propriétaire, Hafiz Mammadov. « J'ai vu l'importance de Lens aux yeux du président de la République, tant au niveau sportif qu'au niveau du développement, lâche Martel. Entre nous, les gens là-bas attendent plus le résultat du RC Lens que celui de la finale de la Ligue des champions ! C'est cela qui est incroyable : certains m'ont reconnu, sont venus me voir, ont fait des photos… Il y a aussi une attente là-bas. Le mot d'ordre pour demain soir sera donc de faire plaisir à tout le monde ! » Et, vendredi soir, aux alentours de 22h15, de ne décevoir personne…

Alix Dulac avec Jean Bommel