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Sikora : « Retrouver la force du club »

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Le défenseur emblématique des Sang et Or (1985-2004) aura pour challenge de redresser la situation du club lensois, dès ce samedi, à Nantes (14h). Un challenge qui n’effraye pas le remplaçant par intérim de Jean-Louis Garcia, bien décidé à aider le club de son cœur à retrouver ses vertus passés.

Eric Sikora, même si il ne s’agit que d’un intérim, que représente pour vous le fait d’entraîner le RC Lens ?

C’est sûr qu’il y a de la fierté de prendre cette équipe. Lorsque l’on est entraîneur, la finalité du métier, c’est d’avoir une équipe professionnelle ou de se consacrer uniquement à la formation. Ça arrive plus vite que prévu, à un moment que je n’attendais pas. Mais on est obligé de se lancer, il faut assumer. A partir du moment où l’on entre dans la carrière d’entraîneur, à tout moment il peut se passer ce genre de choses. Aujourd’hui, j’y suis, et j’en suis content. 

La durée de votre intérim s’étend à deux matches. Qu’allez-vous bien pouvoir changer en si peu de temps ?

C’est vrai que la situation est ambiguë, mais on va tout faire sur ces quinze jours pour retrouver la confiance, redonner de l’envie, jouer et prendre du plaisir. Ça ne veut pas dire que l’on va partir à quinze pour attaquer le but ! Il faudra toujours être équilibré, agressif, retrouver un bloc compact. Je pense que notre groupe a de la qualité. Lorsque l’on regarde les formations de tête en L2, ce sont certes de bonnes équipes mais elles n’ont rien de plus que nous. On doit être capable de faire beaucoup mieux, de relever la tête, d’être conscient de nos qualités et ne pas douter.

Vous avez été choisi en particulier parce que vous représentiez une certaine philosophie du club. Que signifie-t-elle aujourd’hui ?

Pour moi, c’est tout donner pendant 90 minutes sans calculer, en allant de l’avant pour offrir du jeu. Il faut retrouver ce qui a fait la force du club. Ce n’est pas un discours ambitieux parce qu’on a des joueurs dans le groupe capable de faire de bonnes choses, et ils l’ont déjà prouvé. Peut-être que certains matches nuls auraient pu se transformer en victoires. Peut-être qu’on a parfois manqué d’audace et de réussite. C’est un tout. Aujourd’hui, nous sommes 15es avec 8 points, on va à Nantes (9e journée, le 29 septembre) et on reçoit Niort (10e journée, le 5 octobre). Il faudra ramener quelque chose de ces deux matches là.

« J’aurais beau m’appeler Sikora... »

Beaucoup d’entraîneurs ont défilé ces derniers temps à Lens, et ce sont ceux qui connaissaient déjà le club qui ont le mieux réussi…

C’est vrai que les personnes qui sont passées par le RC Lens avant d’en devenir entraîneur ont généralement réussi. On va essayer de faire comme eux ! Ça s’explique peut-être par l’expérience, que je n’ai pas au niveau professionnel. Mais en tant qu’ancien joueur, je dois être capable de régler quelques problèmes. J’étais un défenseur exigeant qui n’aimait pas perdre et qui rameutait tout le monde. Même si je ne m’autoproclame pas comme étant le meilleur du monde, celui qui va tout réussir et tout gagner, j’ai mes idées. A moi de les faire appliquer pour que les joueurs les reproduisent sur le terrain.

Les supporters étaient tous ravis de votre nomination, cela vous touche-t-il ?

Bien sûr que ça me touche, mais je serai jugé sur les résultats. Même si ce n’est que sur deux matches, il faudra vite se mettre en tête d’aller chercher le maintien le plus rapidement possible en récoltant 4 points. Mais si on perd contre Nantes en montrant de bonnes choses dans l’état d’esprit et en se créant des situations de but, ça payera sûrement contre Niort. Après, il ne faut pas se faire d’illusions : j’aurais beau m’appeler Sikora, si on perd le premier match et que l’on n’arrive pas à gagner le second, je serais logé à la même enseigne que les autres. Les gens seront peut-être plus indulgents en raison de la courte durée de mon intérim. En faisant ce métier, on sait pertinemment qu’il y aura des critiques à un moment donné. C’est à nous d’assumer, de nous mettre dans notre bulle avec les joueurs et le staff pour travailler et y arriver.

Qu’allez-vous ressentir lorsque vous débuterez votre premier match à Félix-Bollaert ?

Ça va être un moment émouvant, mais je vais devoir me consacrer au jeu et retrouver les ingrédients du passé : mettre de l’agressivité, ne pas subir, jouer un peu plus haut, mettre la pression sur l’adversaire et montrer que Bollaert va redevenir un stade où il faudra marcher sur les Lensois pour y prendre des points. Il faut que nos joueurs en prennent conscience : Bollaert doit être notre jardin, le stade où l’on doit prendre les trois points et où l’équipe adverse doit subir et repartir avec la défaite. Peut-être qu’on tombera sur une superbe équipe de Niort qui nous mettra en difficulté en nous prenant des points, mais à partir du moment où l’on donne tout, on ne pourra pas le reprocher aux joueurs. On pourra rater des choses, perdre des matches. Mais seulement en sortant du terrain lessivé et en n’ayant aucun regret.

Propos recueillis par Jean Bommel, à Lens