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Strasbourg : silence, on coule

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Ou comment un favori pour la remontée en Ligue 1 se retrouve lanterne rouge de L2 après 7 journées...

Sept matchs, trois points et pas la moindre victoire. Le constat est affligeant et sans équivoque pour un RC Strasbourg qui ne cachait pas, en début de saison, son ambition de retrouver l’élite le plus vite possible. Avec un budget de 15 millions d’euros, le troisième de L2 derrière Nantes (30 millions) et Caen, le coup semblait jouable en apparence. Mais une multitude de grains de sable sont venus gripper une machine déjà défaillante. Premiers au banc des accusés, les joueurs. « Il y a certains dont on connaît la qualité, mais que l’on ne reconnaît plus. Il va falloir faire sauter ce verrou mental », prévient le président Philippe Ginestet.

Avec des éléments d’expérience (S. Cassard, G. Lacour) et des internationaux espoirs (H. Bellaïd, M. Gueye), le club alsacien n’est pas dépourvu d’atouts. Mais sur le terrain, les erreurs grossières s’accumulent et le manque quasi-général de motivation interpelle. L’épilogue cauchemardesque de la saison passée, quand le RCS, pourtant en bonne position, avait échoué au pied du podium, semble encore dans toutes les têtes et explique en partie le ratage actuel. Il ne faudrait pas pour autant passer sous silence l’instabilité qui ronge le club depuis des mois. Les fréquents changements dans l’organigramme contribuent largement à polluer l’atmosphère.

C’est d’abord l’entraîneur, Jean-Marc Furlan, qui est remercié par Philippe Ginestet. C’est ensuite le président lui-même qui cède sa place à un « historique », Léonard Specht, ce dernier rappelant aux commandes de l’équipe Gilbert Gress, l’homme qui a conduit Strasbourg à son seul titre de champion de France en 1979. Le courant ne passe pas entre le presque septuagénaire et la « génération Playstation ». Après deux défaites calamiteuses, Gress est débarqué au profit de son adjoint, Pascal Janin, et Ginestet revient aux affaires...

Même les observateurs les plus pointus de la vie de « l’OM de l’Est » en perdent leur patois. D’autant que Ginestet, qui ne cache pas sa lassitude, refuse obstinément de vendre ses parts à un pool d’investisseurs locaux conduit par… l’ex-président Jacky Kientz (90-92). « Il y a une telle opacité autour de ces luttes de pouvoir qu’on ne comprend plus rien. Même les joueurs semblent perdus », constate Kenny, le responsable des Ultra Boys 90.

Prochain fusible potentiel, l’entraîneur Pascal Janin pourrait être limogé en cas de défaite face à Caen. Pour lui succéder, le nom de Pascal Camadini, ancien pro du club, a été évoqué. Mais il a été nommé ce lundi coordinateur sportif du RCS. Il ne devrait donc pas être celui-là. On parle également du retour de Jean-Pierre Papin, l’homme qui avait fait remonter le club en Ligue 1 en 2007. « Je ne suis pas intéressé », assure le Ballon d’or 1991. Peut-être, mais tout semble tellement possible ces jours-ci sur les bords du Rhin…

JFP (RMC Sport)