RMC Sport

Barcelone - Milan : Messi offre sa folle « Remuntada » au Barça

-

- - -

Grâce notamment à un magnifique doublé de Lionel Messi, le FC Barcelone a remonté ses deux buts de retard et pulvérisé le Milan AC (4-0) pour se qualifier en quart de finale de la Ligue des champions. Une remontée historique au terme d’un superbe spectacle.

Comme jamais dans son histoire récente, le FC Barcelone avait l’obligation de renverser une situation largement défavorable au coup d’envoi. Condamnés à remonter deux buts à des Milanais sur une série de dix matches sans défaite après une défaite à l’aller (2-0) en Lombardie, les Catalans ont rétabli leur statut d’équipe du nouveau millénaire en une soirée magnifique. Appelée par 90 000 socios, la « Remuntada » catalane aura certainement ébloui bien au-delà de l’Europe du football. Une victoire des Catalans (4-0), dont l’irrésistible chef d’orchestre Lionel Messi, a effacé d’un superbe doublé le spleen affiché ces dernières semaines.

Muet à l’aller, discret lors de la double confrontation perdue face au Real Madrid (1-3 en Coupe d’Espagne, 2-1 en championnat), la « Pulga » semblait marcher à côté de ses crampons. Au point de susciter en début de semaine ce commentaire surprenant de son coéquipier brésilien Dani Alvès dans les colonnes du journal catalan El Mundo Deportivo : « C'est évident qu'il n'avait pas le moral ces derniers matches. Pourquoi ? Je ne sais pas et je n'ai pas cherché à le savoir. » Sa réponse, le lutin argentin quadruple Ballon d’Or l’a apportée dans l’antre XXL du Camp Nou. D’un double exploit, il a ainsi permis à son équipe de refaire son retard en 45 minutes seulement. Dès la cinquième minute, malgré la pression de la défense milanaise, Messi parvient à se retourner à l’entrée de la surface. Et d’un magnifique ballon enroulé dans la lucarne, il trompe Abbiati une première fois. Il récidive une grosse demi-heure plus tard. Sur un service d’Iniesta, l’Argentin contrôle de l’extérieur et enchaine une frappe de l’intérieur. Le portier milanais ne peut que constater les dégâts.

Le face-à-face raté de Niang, tournant du match

« On aura un grand Barça que s’il y a un grand Messi. On a un grand Messi. Un immense Messi. Il a inscrit deux buts absolument phénoménaux, s’extasiait Jean-Michel Larqué, membre de la Dream Team RMC Sport à la pause. J’ai rarement vu ça. Le Barça domine, mais sans un joueur comme Messi, ils n’auraient peut-être pas marqué. On se régale. » Auteur de ses 57e et 58e buts en Ligue des champions, Leo Messi en profite ainsi pour coiffer Van Nistelrooy à la 2e place du classement des buteurs de la compétition depuis l’instauration des phases de poule en 1992 (derrière Raul, 71 buts). Cette quasi-résurrection du meilleur joueur du monde a concrétisé l’incroyable mainmise d’un Barça redevenu Barça. Un jeu collectif de PlayStation, doublé d’un pressing haut de tous les instants comme aux plus belles années de l’ère Guardiola, les hommes de Jordi Roura, coach par intérim en l’absence de Tito Vilanova, ont étouffé leurs adversaires.

Le Camp Nou n’aura véritablement tremblé qu’une seule fois. Dans un silence de cathédrale, Mbaye Niang s’envole derrière le duo Piqué-Mascherano et file seul vers Valdès. La frappe de l’attaquant français heurte le poteau (37e). Une minute plus tard, Messi clouait Abbiati (2-0). Le troisième but n’a pas tardé à venir au retour des vestiaires. Il sera signé de l’éternel Villa, servi par Xavi dans la surface (55e). Devant sa télévision, à New York, où il est actuellement soigné pour une tumeur des glandes salivaires, Tito Vilanova aura certainement peu gouté les dix dernières minutes fébriles de ses ouailles, libérées par un ultime but d’Alba (90+1e). Mais le coach barcelonais, dont le retour a été annoncé pour le 25 mars prochain, sera bien sur le banc pour les quarts de finale. Un rendez-vous que le Barça n’a plus manqué depuis 2006.