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Dortmund-PSG: Tuchel, fraîcheur, défaillances... Trois explications à la déroute parisienne

Le PSG s'est incliné 2-1 sur la pelouse du Borussia Dortmund, mardi soir dans le cadre des huitièmes de finale aller de la Ligue des champions. Une défaite logique au vu du contenu du match, pouvant notamment s'expliquer par les choix tactiques de Thomas Tuchel, le manque de fraîcheur physique et certaines défaillances individuelles.

Le PSG est complètement passé à côté. Battu 2-1 par le Borussia Dortmund à l'occasion des huitièmes de finale aller de la Ligue des champions, le club de la capitale a fourni une prestation insuffisante. L'égalisation de Neymar (75e) a bien failli lui permettre de repartir avec un nul qui aurait été miraculeux, mais le buteur prodige norvégien Erling Haaland a fait sa loi (69e, 77e). Plusieurs pistes de réflexion peuvent permettre de comprendre cette défaite.

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Le coup de poker manqué de Tuchel sur la tactique

Tout le monde pouvait s'attendre à un onze de départ en 4-4-2, le schéma utilisé depuis début décembre, qui a offert des résultats satisfaisants lorsque l'équipe était plus ou moins au complet et même donné lieu à l'appellation "quatre fantastiques" pour le quatuor offensif titulaire. Contre toute attente, Thomas Tuchel a choisi d'aligner un 3-4-3 avec Marquinhos replacé dans l'axe droit de la défense, mais surtout sans Mauro Icardi, le meilleur buteur du club, ni Pablo Sarabia, l'homme avec la meilleure forme du moment. Force est de constater que ce changement de dispositif a été un échec. Les distances entre les lignes et les joueurs étaient manifestement trop grandes, les automatismes ont semblé inexistants, les latéraux ont été sous-exploités et Kylian Mbappé a encore une fois échoué en étant seul en pointe.

"Ce n'est pas une excuse. Ce n'est pas ça qui nous a empêché de faire un bon match", a toutefois réfuté Thiago Silva après la rencontre, tandis que Thomas Tuchel a assuré ne pas avoir de "regrets" sur ses choix. Le coach allemand a d'ailleurs ajouté que ce dispositif n'était pas irrationnel, car il avait été testé la semaine passée à Dijon en Coupe de France (victoire 1-6): "C'est la structure qui nous donne de courtes distances pour défendre, pour bloquer leurs latéraux Hakimi et Guerreiro, et qui nous donne une structure pour attaquer. Quand le résultat n'est pas parfait, c'est facile de dire que l'on a fait une erreur, mais je dois prendre les décisions avant les matchs et décider ce qui est nécessaire. On pouvait faire un meilleur match, ce n'est pas un problème de structure".

Le manque de fraîcheur physique

Au-delà des erreurs commises et des défauts tactiques sur les deux buts et même l'ensemble de la rencontre, ce n'est sans doute pas un hasard si le PSG a fini par craquer dans la dernière demi-heure. Au charbon presque tous les trois jours depuis le 5 janvier, avec un total de 13 matchs officiels joués avant ce choc, les joueurs parisiens ont semblé faire preuve d'une certain manque de fraîcheur.

Aidés par leur calendrier qui n'a comporté que six rencontres depuis le 18 janvier, les adversaires ont affiché un visage bien plus fringant. Le contre de la 14e minute ayant donné lieu à un sprint ultra-rapide du bourreau norvégien Erling Haaland, les accélérations de Jordan Sancho et la chevauchée décisive du jeune attaquant américain Giovanni Reyna (77e) sont autant d'exemples de leur fraîcheur, nonobstant une possession de balle légèrement défavorable (48%). Cela pose alors la question du choix et de la gestion au préalable de certains hommes, comme Thiago Silva, Marquinhos, Presnel Kimpembe, Idrissa Gueye et Neymar, tous récemment revenus de blessure. Ce dernier est apparu particulièrement limité dans sa capacité à faire la différence par la vitesse.

"Ney n'avait pas joué depuis quinze jours, il a manqué quatre ou cinq matchs. (...) Si Ney manque de rythme, ça se remarque tout de suite", a reconnu Thomas Tuchel. L'intéressé, lui, a fustigé la gestion de sa blessure aux côtes au micro de RMC Sport: "Malheureusement, ce n'était pas mon choix, c'était le choix du club, des médecins, c'est eux qui ont pris cette décision, que moi je n'ai pas aimée. On a eu beaucoup de discussions sur ça parce que je voulais jouer, je me sentais bien, mais le club avait peur et c'est moi à la fin qui en souffre".

Neymar, symbole des défaillances individuelles

Pour Neymar, les erreurs techniques, parfois étonnantes, se sont logiquement conjuguées au manque de rythme. Leader technique et meneur de jeu de l'équipe, le Brésilien est passé au travers et son but sauve une copie dont il n'est pas vraiment coutumier. Passé les dix premières minutes encourageantes avec un coup franc dangereux qu'il a lui-même habilement obtenu, le numéro 10 a enchaîné les pertes de balle et les mauvaises inspirations. Excepté l'action de l'égalisation, il n'a pas non plus réussi à combiner avec Kylian Mbappé, esseulé en pointe. Ce dernier, également mis en difficulté par son positionnement tactique, a lui aussi failli dans la plupart des rares ballons qu'il a pu exploiter. Quant à Angel Di Maria, il a été globalement fantomatique.

Dans le secteur défensif, Idrissa Gueye a sombré. Que ce soit à la construction, le pressing ou le placement, il n'a pesé nulle part et n'a jamais su défendre sa zone souvent occupée par Jadon Sancho. Une prestation catastrophique pour celui qui avait été porté aux nues en début de saison, mais qui s'éloigne semaine après semaine de cette performance référence. Il n'a pas pu compter sur un rayonnement de son capitaine Thiago Silva, bien entré dans le match avant d'être finalement battu sur les deux buts par Erling Haaland. Une prestation ratée qui survient seulement trois jours après ses 45 minutes totalement ratées lors du spectaculaire 4-4 à Amiens. Autant de problèmes qui devront être résolus d'ici trois semaines, pour la revanche au Parc des Princes prévue le 11 mars (à suivre en direct et en exclusivité sur RMC Sport 1).

Julien Absalon