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Fair-play financier: pourquoi les huis clos ne vont pas plomber le PSG et l’OM

Le championnat italien a été suspendu jusqu’au 3 avril, les matchs en France seront joués à huis clos ou devant maximum 1.000 personnes, tout comme les prochaines rencontres de Ligue des champions et de Ligue Europa. Beaucoup s’inquiètent d’un manque à gagner économiquement très important. Pourtant, l’UEFA a prévu la chose dans son règlement.

La semaine dernière, l’UEFA déclarait que l’Instance de Contrôle Financier des Clubs (ICFC), chargée de veiller à la bonne application du fair-play financier, allait déférer l’Olympique de Marseille pour non-respect de l’accord de règlement.

Cette entente prévoyait de garantir un déficit maximum autorisé de 30 millions d’euros au 30 juin 2020. Seulement, l’ICFC, en rouvrant une enquête, considérait que l’OM serait potentiellement incapable d’assurer ces résultats, avec un déficit déclaré de plus de 90 millions d’euros sur l’année fiscale 2019.

A cela se rajoutait l’événement pandémique du coronavirus, qui allait contraindre tous les clubs, y compris l’OM, à jouer les prochaines rencontres à huis clos ou devant 1.000 personnes maximum, donc à renoncer aux recettes de billetterie potentielles. Il n’en fallait pas moins pour inquiéter les fans, apeurer par la perspective de sanctions de l’UEFA.

Le règlement de l’UEFA intègre les événements exceptionnels

Pourtant, il se pourrait que cela soit un mal pour un bien. Le règlement sur l’octroi de licence aux clubs et le fair-play financier semble en effet intégrer ces cas de force majeur non liés à la volonté des équipes.

Dans son annexe XI, les articles E et F prévoient que "des événements extraordinaires ou des circonstances qui échappent au contrôle du club" et "l'impact financier quantifiable sur le club d'événements économiques de nature extraordinaire qui sont temporaires et dépassent les fluctuations habituelles de l'environnement économique" sont pris en compte "dans le cadre des exigences liées à la surveillance" de l’ICFC.

Autrement dit, si manque à gagner incompressible lors de l’épisode coronavirus, il ne sera pas intégré dans l’examen comptable de la saison. A partir de là, les clubs pourraient tout à fait chiffrer les pertes sèches liées aux huis clos et aux coûts induits en les répercutant sur leurs comptes de résultat.

Une solution face aux risques de sanctions?

Reprenons le cas de Marseille. A supposer qu’ils doivent trouver 60 millions d’euros au 30 juin 2020, ils pourraient utiliser les articles E et F en considérant que dès le mois de mars, les gains financiers ont été altérés par la mauvaise conjoncture internationale et par des « fluctuations inhabituelles de l’environnement économique ».

Idem concernant des clubs comme le Paris Saint-Germain, toujours étroitement surveillé par l’UEFA, ou Lille, qui doit satisfaire au respect du fair-play financier. Les dirigeants pourront afficher les extraits du règlement en mettant en avant des cas de force majeure qui empêcheront des recettes pourtant anticipées et espérées.

Finalement, si on veut voir le verre à moitié plein, il y aurait quelque chose de bon dans cette panique collective.

Pierre Rondeau