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Fair-play financier: qui sont les deux hommes en désaccord sur le PSG?

Le PSG peut finalement encore craindre une sanction dans le cadre du fair-play financier. Le président de l’instance (ICFC) a demandé ce mardi le réexamen par la chambre de justice du dossier parisien, qui avait été clos par l’enquêteur principal le 13 juin. Qui sont ces deux personnes ? Un ponte de la justice portugaise et un ancien premier ministre de la Belgique.

On connait le fair-play financier, cette menace qui plane sur les clubs européens trop dépensiers. On connait moins les hommes qui le dirigent. Et visiblement, à propos du PSG, ils ne sont pas vraiment du même avis. Le New York Times avait révélé ces derniers jours des dissensions au sein de l’Instance de contrôle financier des clubs (ICFC), émanation indépendante de l’UEFA, sur le cas parisien. En décidant ce mardi de lancer un réexamen du dossier du PSG par la chambre de jugement, dont il est à la tête, rouvrant donc la porte à d’éventuelles sanctions, le président de l’ICFC semble montrer au grand jour une divergence avec le patron de la chambre d’investigation, qui avait conclu le 13 juin que le PSG ne devait pas être puni malgré la dévaluation des contrats qataris. Le premier s’appelle José Narciso da Cunha Rodrigues. Le second, Yves Leterme.

José Narciso da Cunha Rodrigues, président de l’ICFC : un ponte de la justice portugaise

José Narciso da Cunha Rodrigues
José Narciso da Cunha Rodrigues © -

Né le 30 octobre 1940 à Penafiel, à côté de Porto, il a accompli une grande carrière dans la justice portugaise. Après ses études de droit à l’université de Coimbra, il a intégré la magistrature et grimpé les échelons jusqu’à devenir procureur général de la République en septembre 1984. Un poste prestigieux, après des missions gouvernementales et à la Cour européenne des droits de l'homme, qu’il a conservé jusqu’en 2000. Il a ensuite été juge à la Cour de justice européenne pendant 12 ans. Et il préside l’ICFC, l’instance du fair-play financier de l’UEFA, depuis 2012. Son mandat a été reconduit en 2016, jusqu’en 2020. A la fin de celui-ci, il aura 80 ans.

Yves Leterme, enquêteur principal de l’ICFC : un ancien premier ministre de la Belgique

Yves Leterme en 2012
Yves Leterme en 2012 © -

Né le 6 octobre 1960 à Wervik, en région flamande, mais bilingue, il a également fait des études de droit, ainsi que de sciences politiques et sociales. S’il a travaillé comme fonctionnaire au parlement européen et a été auditeur à la Cour des comptes, il s’est surtout lancé jeune en politique. Une carrière complexe. Député, président du parti flamand démocrate-chrétien, ministre de la région flamande, il arrive une première fois à la tête du gouvernement belge à l’été 2007. Mais il ne parvient pas à former un gouvernement et doit renoncer. Partie remise, puisqu’il prend les rênes en mars 2008… pour seulement neuf mois. Après avoir été ministre des Affaires étrangères, il redevient premier ministre en novembre 2009. Il tiendra deux ans.

Son parcours gouvernemental a été marqué par quelques polémiques, notamment quand il a entamé la Marseillaise au moment de chanter l’hymne belge, la Brabançonne. Récemment, une enquête a été ouverte en Suède sur une possible malversation financière. Secrétaire général de IDEA, une organisation suédoise d’aide au développement qui lui verse 14.500 euros net par mois, il est soupçonné d’avoir utilisé 60.000 euros des fonds de cette institution pour régler un litige fiscal avec la Belgique. Fan de foot, il est supporter du Standard de Liège. Son fils est manager général d’un autre club de D1 belge, le KV Courtrai.

LP