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Ligue des champions: Mourinho, le retour de l’homme qui se cachait dans un panier de linge sale

Sur le banc de Tottenham depuis la semaine dernière, José Mourinho retrouve ce mardi soir la Ligue des champions avec la réception de l’Olympiacos à Londres. Une compétition dans laquelle le technicien portugais a tout connu, des deux victoires finales avec Porto et l’Inter à un jeu de cache-cache avec l’UEFA dans un panier à linge sale. Souvenirs, souvenirs...

Il est venu, il a vu, il a vaincu. Deux fois, ce qu’il ne manque jamais de rappeler. Et ce soir, il est de retour. Revenu sur un banc la semaine dernière, celui de Tottenham où il a remplacé Mauricio Pochettino, José Mourinho retrouve ce mardi à Londres face à Olympiacos une Ligue des champions dans laquelle il a connu de nombreux moments de gloire, à commencer bien sûr par ses deux victoires avec Porto (2004) et l’Inter Milan (2010), deux équipes tout sauf favorites pour la gagne au début de la compétition. L’occasion de se replonger dans les nombreux souvenirs du "Special One" en C1, et notamment l’inoubliable anecdote du panier à linge sale. 

"Ennemi du football"

L’affaire remonte à 2005. Arrivé l’été précédent à Chelsea, racheté un an auparavant par l’homme d’affaires russe Roman Abramovitch qui souhaite faire changer de dimension au club londonien, le technicien portugais sort sans encombre d’une première phase européenne où il croise dans son groupe... Porto, le CSKA Moscou mais aussi un PSG à qui ses troupes viennent mettre 3-0 au Parc des Princes (doublé de Didier Drogba). En huitième, le destin lui adresse un autre clin d’œil avec de nouvelles retrouvailles, cette fois contre Barcelone, club dans lequel il a été adjoint de Bobby Robson et Louis van Gaal dans les années 90. A l’aller, une victoire 2-1 des Catalans au Camp Nou, Mourinho avait accusé l’arbitre de la rencontre, le Suédois Anders Frisk, d’avoir reçu la visite du coach barcelonais Frank Rijkaard à la pause et s’était étonné (on reste classe) de l’expulsion de Drogba suite à une charge sur le gardien Victor Valdes qui aurait sans doute mérité une punition moins sévère et alors que Chelsea menait 1-0.

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José Mourinho (à droite) avec Frank Lampard en Chelsea en 2005
José Mourinho (à droite) avec Frank Lampard en Chelsea en 2005 © AFP

Si l’homme en noir accusé – pourtant l’un des meilleurs de la planète à l’époque – ne résistera pas à la polémique, obligé de mettre un terme à sa carrière quelques jours après le retour (remporté 4-2 par des Blues qui se qualifiaient avec ce score) en raison de menaces de mort reçues suite à la sortie du coach des Blues qui poussera le patron du comité arbitral de l’UEFA Volker Roth à accuser le Portugais d’être "un ennemi du football", le comportement de Mourinho n’aura pas été sans conséquence: l’instance européenne lui inflige une amende de près de 9000 livres sterling et une suspension de deux matches en Ligue des champions. A priori, le garçon ne peut donc pas être avec ses joueurs pour le quart de finale face au Bayern Munich. C’est mal connaître l’animal. 

"Il a fermé le panier et je ne pouvais plus respirer!"

L’aller, dans lequel Chelsea s’impose 4-2, a lieu à Stamford Bridge. Et "Mou" a un plan pour accéder à ses troupes, raconté ces derniers mois dans des déclarations reprises par le Daily Mail. "Je voulais être dans le vestiaire à l’arrivée de mes joueurs donc je m’y suis rendu au milieu de la journée pour attendre le match du soir, raconte l’ancien coach de Manchester United et du Real Madrid. Personne ne m’a vu. Le problème était ensuite, pour repartir. Stewart Bannister, notre intendant, m’a mis dans le panier à linge sale, qu’il a laissé un peu ouvert pour que je puisse respirer. Mais quand il l’a sorti du vestiaire, les gars de l’UEFA suivaient et tentaient de me trouver donc il a fermé le panier et je ne pouvais plus respirer! Quand il a enfin pu l’ouvrir, j’étais en train de mourir! Je suis sérieux! J’étais claustrophobe et c’était horrible. Tout est vrai, je vous promets."

Une légende n’étant pas toujours solitaire, un autre épisode "mourinhesque" viendra émailler ce quart de finale aller de C1. Mourinho était en effet touché, sanction de l’UEFA oblige, par une interdiction de rentrer en contact avec son staff au cours de la rencontre. Problème? Le préparateur physique des Blues, Rui Faria, passait son match à se gratter l’oreille sous un bonnet pas à sa taille. De quoi lancer la polémique sur une possible oreillette cachée pour recueillir les instructions du "Special One". On n’aura jamais le fin mot de l’histoire. Tant mieux, presque, tant l’épisode entre bien plus dans la légende en restant nimbé de mystère. 

La C1 est plus fun avec José

José Mourinho en Ligue des champions, c’est tout ça. Mais pas que. C’est ce sprint iconique le long de la touche à Old Trafford – qu’il connaîtra très bien plus tard – pour célébrer la qualification de Porto face à Manchester United en huitième en 2004, la double confrontation qui l’a fait connaître au public footballistique au-delà des frontières portugaises. C’est sa main provocante sur l’oreille pour chambrer le public de la Juventus après la victoire surprise (2-1) des Red Devils à Turin en phase de groupes la saison dernière, quelques semaines avant d’être viré.

José Mourinho chambre les fans de la Juventus en Ligue des champions en 2018 à Turin
José Mourinho chambre les fans de la Juventus en Ligue des champions en 2018 à Turin © Icon Sport

C’est "la plus belle défaite de (s)a vie", et peut-être la plus marquante de l’histoire de la C1, en demi-finale retour en 2010 avec l’Inter à Barcelone. Un match perdu 1-0 et terminé avec 24% de possession, aucun tir, Samuel Eto’o latéral et tous les Milanais dans leur moitié de terrain, mais une qualification arrachée (victoire 3-1 à l’aller) et fêtée le doigt en l’air en courant et tourbillonnant sur la pelouse du Camp Nou. Trop d’épisodes pour ne pas comprendre le lien spécial qui unit le technicien portugais à la plus belle compétition de clubs. La Ligue des champions vit, et vit bien, sans José Mourinho. Mais elle reste toujours plus fun avec. 

A.H. (@LexaB)