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Ligue des champions: sans compétition, les risques physiques pour le PSG et l'OL

Privés de compétition depuis début mars, le PSG et l'OL doivent répondre au défi de remettre son groupe en condition physique et à hauteur des autres écuries européennes pour la fin de la phase finale de la Ligue des champions.

Les forces et faiblesses de l'Atalanta et de la Juventus sont connues. Les deux équipes italiennes sont les adversaires respectifs du PSG et de l'OL en Ligue des champions. Le premier pour les quarts de finale, comme l'a révélé le tirage au sort de vendredi, le deuxième pour les huitièmes de final retour (matchs à suivre en août sur RMC Sport).

Mais il existe un grand point d'interrogation: les hommes de Thomas Tuchel et de Rudi Garcia tiendront-ils la cadence? Ils n'ont, contrairement aux dix autres équipes encore en lice, pas pu conclure leur championnat 2019-2020. "Où en est le PSG aujourd'hui? Ils peuvent être irrésistibles, mais aussi à côté de la plaque", s'est d'ailleurs demandé Jean-Michel Larqué au micro de RMC Sport.

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Le Paris Saint-Germain et l'Olympique Lyonnais n'auront que des matchs amicaux et les finales de coupes nationales pour reprendre du rythme. Le club de la capitale a programmé des oppositions contre Le Havre, Waasland-Beveren et le Celtic FC avant de jouer les finales de la Coupe de France et de la Coupe de la Ligue contre l'AS Saint-Étienne et l'Olympique Lyonnais. Pour l'OL, cinq rencontres ont été planifiées avant le choc contre le PSG au Stade de France. À titre de comparaison, l'Atalanta aura joué 13 matchs de Serie A avant de se rendre à Lisbonne. La Juventus en aura disputé 14, dont une demie et une finale de Coupe d'Italie.

Les coachs étrangers vont en profiter

La différentiel de minutes dans les jambes va-t-il se faire ressentir, au profit des équipes italiennes, anglaises, espagnoles et allemandes? "Il y aura un avantage de compétitivité pour ces équipes", estime Serge Gnahoré, préparateur physique de joueurs professionnels, joint par RMC Sport. Cela pourrait se traduire par une volonté des adversaires de l'OL et du PSG de mettre l'accent sur les duels et les courses. "Les coachs des équipes étrangères vont demander une certaine intensité", prédit le spécialiste.

Les staffs lyonnais et parisien doivent donc trouver la bonne formule pour amener leurs joueurs à un pic de forme en août. Avant la reprise de l'entraînement début juin, Paolo Rongoni, préparateur physique de l'OL, évoquait le casse-tête causé par l'absence de championnat en cette période estivale: "Le fait de ne pas faire comme les autres championnats nous pénalise. (...) On ne pourra retrouver la vitesse d’exécution et les autres réflexes qu’en jouant des matchs. J’ai pris contact avec des collègues venant d’autres sports qui ont l’habitude des longues préparations."

Les cinq remplacements vont aider

"La reprise doit être très progressive", ajoutait le fidèle lieutenant de Rudi Garcia. Ce que confirme Serge Gnahoré, en lien avec des joueurs du PSG. Il explique que les séances ont d'abord eu lieu par petits groupes, avant de reprendre en collectif sans précipiter la mise en place d'oppositions. Un travail nécessaire, y compris pour les footballeurs qui ont été les plus assidus durant le confinement.

"Travailler individuellement c'est bien, mais ça ne donne pas de rythme de match", affirme-t-il. "J’ai eu des retours des autres pays, il y a beaucoup de difficultés les premiers jours, même si les joueurs se sont entretenus. Ils ont perdu tous leurs repères", avait confirmé Paolo Rongoni sur le site de l'OL.

Pour la Ligue des champions, les effectifs français pourront tout de même faire valoir leur fraîcheur physique et, peut-être, une infirmerie déserte. "Il est plus facile de se blesser en match que dans une séance", rappelle Serge Gnahoré, faisant référence à la petite hécatombe vue dans les championnats européens qui ont repris. Mais c'est aussi un risque pour Paris et Lyon, qui risquent de perdre des plumes en Coupe de France et Coupe de la Ligue. 

La réforme (pour le moment temporaire) des cinq remplacements dans le temps réglementaire pourrait finalement être la solution parfaite pour le PSG et l'OL. Si certains de ses joueurs ne sont pas capables de tenir jusqu'au coup de sifflet final, les deux ajustements supplémentaires permettront sans doute de limiter les conséquences de la fatigue. "Un match est fait de temps forts et faibles, reprend Serge Gnahoré. On peut réguler un temps faible avec des changements tactiques. L'entraîneur a sa carte à jouer pour équilibres les forces. La gestion va aussi être tactique, pas seulement physique".

JA