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Riolo : "Diego Simeone est immense"

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Retour sur la qualification de l’Atlético Madrid en finale de la Ligue des champions…

C’était le grand moment de foot attendu. L’opposition de style. La personnalité des deux coaches. Le score de l’aller qui laisse tout envisager.

Guardiola propose une composition de circonstance. Il faut revenir, alors on attaque d’entrée. Après c’est le style maison. Avec Müller dès le départ, c’est plus offensif. Xabi Alonso est toujours là, pour réguler l’équipe. Pour faire le 3e central, quand les deux latéraux montent, donc quasi tout le temps. En parlant de ça, Lahm est cette fois bien à droite et pas au milieu comme à l’aller.

L’Atlético joue avec son 4-4-2, mais on pourrait également dire en 1/10. Peu importe le schéma, ils défendent tous. Le problème, c’est qu’ils ne font rien d’autre.

Dès les premières minutes, on se dit que les Espagnols ne pourront pas tenir 90 minutes comme ça. Impossible face à une telle équipe. Griezmann et Torres n’existent pas. Ils font des écrans, cherchent à bloquer, en vain, les premières relances.

Le Bayern attaque, met la pression, récupère vite le ballon. Le but va venir, c’est le quand, la question. Ça vient sur coup franc. A force de défendre, on fait des fautes, c’est simple et évident. 1-0, c’est normal, mérité. L’Atlético joue trop bas, balance, essaye de rendre le match rugueux. Dans la foulée du but, le pénalty concédé est comme une balle de match pour le Bayern. Mais Müller échoue.

C’est le feu dans la surface espagnole, mais ça tient. Pour l’instant. L’Atlético reste en vie et s’accroche.

Après la pause, Simeone change Fernandez pour Carrasco. Une option offensive pour un contre. C’est comme un 4-5-1. Torres reste seul devant, et un milieu à 5 s’étale sur la largeur. Le changement est payant. Le contre vient vite. Griezmann joue un une/deux avec Torres. Seul devant Neuer, il ne rate pas. A la rue pendant la première période, l’Atlético fait très mal à son adversaire. On repense au péno, ce tournant terrible dans un tel match.

Le Bayern doit en mettre 2. Comment faire face à une telle défense ? Comme contre la Juventus, mais l’Atlético ne prend jamais 3 buts ! Simeone a réussi un coup de maître avec son changement tactique. Guardiola a lui été « trahi » par l’un de ses joueurs phares. Un penalty, à ce niveau…

A 1-1, le match n’est plus le même. Le Bayern n’arrive plus à dominer le match. Son adversaire est passé à autre chose, il n’est plus dans sa surface comme une victime.

Le Bayern est obligé de prendre encore plus de risques. Le déséquilibre total.

Mais les Allemands n’y arrivent pas. Ils abusent de longs ballons. Les transmissions sont sans cesse coupées. Les gestes techniques approximatifs. Un péno raté et un but encaissé en contre, psychologiquement ça fait mal. On attend les changements de Guardiola. Douglas Costa ne passe jamais, Müller ne se remet pas de son péno raté, Ribéry essaye, livre un match plein de courage.

C’est au moment où le Bayern semble n’avoir plus de jambes, que le rythme est tombé, que sur un énième centre qu’on peut penser trop haut, Vidal rabat la balle vers Lewandowski (2-1). En route pour un dernier quart d’heure de feu !

C’est en baissant un peu de rythme, en laissant sortir l’Atlético que le Bayern a trouvé la clé. Un Paradoxe.

L’Atlético doit tenir. Simeone sort Griezmann pour blinder son milieu avec Partey. On n’espère même plus le contre, on ferme.

Ce match n’a pas fini d’être dingue. Torres obtient seul un péno pour le moins discutable et le rate ! On ne sait même pas si l’action du péno était une occasion, mais le raté de Torres vaut tellement cher.

Les deux équipes terminent exsangues. L’Atlético use de tous les stratagèmes pour faire passer le temps. Un temps qui court en sa faveur. Pour la 2e fois avec Simeone en trois ans, l’Atlético va en finale de LDC. Certains jugeront avec sévérité Guardiola en parlant d’échec. A ce niveau-là, je préfère insister sur la victoire de Simeone, un coach extraordinaire. Il faut parler de la Liga, championnat incroyable. Même ce Bayern est estampillé Liga. Depuis 8 ans maintenant, le foot, ce match fabuleux, c’est Liga !