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"Pulisic, Dest et Reyna me connaissaient": les premiers pas de Siebatcheu avec les Etats-Unis

Ancien membre des Espoirs français, né à Washington, Jordan Siebatcheu (24 ans) vient de fêter ses deux premières sélections avec les Etats-Unis. L’attaquant, prêté par Rennes à Berne, évoque sa fierté et son intégration facile, dans un groupe de jeunes stars qui avait bien suivi son parcours.

Les restrictions sanitaires peuvent aussi faire des heureux. Jordan Siebatcheu (24 ans) a ainsi profité de la décision de Lille de ne pas libérer Timothy Weah pendant la trêve internationale pour faire ses grands débuts avec la sélection américaine. Né à Washington, l’attaquant a très vite déménagé en France, où il a grandi et même porté le maillot des Bleuets à deux reprises. Tout en restant dans les radars de la Fédération de sa terre natale, attentive à son profil et ses statistiques à Reims, Rennes, puis aux Young Boys de Berne, où son prêt se transforme en succès ces derniers mois (13 buts depuis fin décembre).

Cela n’a pas échappé au sélectionneur américain, Gregg Berhalter, qui l’a appelé à la rescousse pour les matchs amicaux face à la Jamaïque (4-1) et l’Irlande du Nord (2-1) après avoir maintenu un contact constant. Il a d’abord affiché son maillot floqué Pefok – le nom de sa mère – en entrant en jeu lors du premier match, avant de fêter sa première titularisation au deuxième rendez-vous. Au milieu des stars montantes Sergino Dest, Giovanni Reyna ou Christian Pulisic, habituées à côtoyer les Messi, Haaland ou Giroud dans leurs clubs respectifs.

Siebatcheu n’en a pas fait de complexe. "Si je suis là, c’est que je le mérite, explique-t-il à RMC Sport. Je ne me mets pas de pression parce qu’untel joue à Chelsea ou Barcelone. On joue tous pour les Etats-Unis, donc fais ce que tu sais faire et ça va aller." Après une journée enfermée dans sa chambre d’hôtel en attendant le résultat de son test PCR, le joueur s’est fondu naturellement dans le groupe qui l’attendait.

L’intégration a aussi été facilitée par l’approche très détendue du groupe. "Ça change par rapport à la Suisse, avec la mentalité un peu allemande, un peu stricte et sérieuse, témoigne-t-il. Aux Etats-Unis, c’est un peu plus relax, plus cool, tout en gardant du sérieux pendant les entraînements."

Ses belles performances avec les Young Boys en Ligue Europa - dont ses trois buts lors de la double confrontation face au Bayer Leverkusen en 16es - ont fait office de carte de présentation. L’US Soccer Team et ses jeunes pépites connaissaient son parcours.

"Dest m’a demandé comment s’est passé le match contre l’Ajax (en 16es, ndlr) comme il a été formé là-bas, raconte-t-il. Reyna (joueur de Dortmund) m’a aussi parlé du match contre Leverkusen. Pulisic (passé par Dortmund) m’a demandé si j’y arrivais avec l’allemand. Avec le parcours qu’on a fait à Berne, les gens ont appris à nous connaitre et savaient qui j’étais, d’où je venais. J’étais content, je n’étais pas un inconnu, ils savaient qui j’étais !"

"J’ai chanté Djadja d’Aya Nakamura et ils connaissaient"

Une fierté, comme celle qu’il a ressentie pour ses quelques proches encore aux Etats-Unis, mais surtout ceux qu’il côtoie plus intimement. Sur l’aspect technique, il reste encore quelques détails à régler comme l’apprentissage du "Star-Spangled Banner", l’hymne américain. "Il faut que je l’apprenne, je ne le connais pas encore par cœur, je ne l’ai pas chanté", s’amuse-t-il. Sa pratique "correcte" de l’anglais ne l’a pas déstabilisé au niveau des consignes. "Je comprenais à 80% ce qu’il se disait", calcule-t-il. Pour le reste, le joueur caennais Nicholas Gioacchini faisait office de traducteur.

Et pour le traditionnel bizutage, Siebatcheu a joué la sécurité en reprenant un tube français qui a visiblement traversé les frontières. "J’ai essayé de choisir une chanson qu’ils pouvaient connaitre, c’est Aya Nakamura, Djadja, sourit-il. J’ai bien fait, ils la connaissaient aussi, donc on a bien rigolé. Il y a aussi eu deux ou trois trucs qu’ils ont l’habitude de faire avec des questions assez marrantes du groupe. C’était original parce qu’en France, il y a juste la chanson."

Ses deux premières sélections lui offrent une nouvelle exposition au pays de l’Oncle Sam, avec quelques articles retraçant son parcours. L’été dernier, plusieurs franchises de MLS l’avaient approché pour le faire venir. Entre la Fédération et les clubs, le monde du soccer américain le connaît bien depuis longtemps déjà. Dest, Pulisic et Reyna aussi !

Nicolas Couet Journaliste RMC Sport