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Michel Platini reste contre la vidéo: "L’argent qu’on met dans la technologie, on devrait le mettre ailleurs"

Dans Team Duga ce mardi sur RMC, notre invité exceptionnel Michel Platini a réaffirmé son désamour pour l'arbitrage vidéo, regrettant que sa volonté de mettre plus d'arbitres sur le terrain n'ait pas été accompagnée comme il l'aurait souhaité.

Michel Platini est un fervent opposant de l'arbitrage vidéo. Et l'a fait savoir en longueur dans Team Duga ce mardi sur RMC. L'ancien président de l'UEFA s'est fait une raison sur l'arrivée du VAR dans le football, mais persiste à dire qu'il ne respecte pas l'esprit du jeu. "La vidéo, elle est partie, elle va venir, elle sera là, déplore Platini. En finale de Coupe du monde, il y a deux erreurs sur les deux premiers buts français. Pour les Croates, il y a deux erreurs, pour le reste du monde aussi. Pour les Français non, tout va bien, il n'y a pas faute… Le VAR, ça crée d'autres problèmes et ça en règle certains. Moi je suis contre dans l'état d'esprit, la philosophie. Le football est un sport humain, joué par des hommes, arbitré par des hommes."

Pour étayer, son propos, Michel Platini s'est appuyé sur l'histoire, avec une belle pique au passage à Sepp Blatter, président de la Fifa lorsque lui dirigeait l'UEFA. "Au départ, il n’y avait pas d’arbitre dans un match, les deux équipes jouaient et les capitaines décidaient. Ensuite, on a mis un arbitre qui s'appelait le référé, parce que les deux capitaines allaient référer. Ensuite, pendant 90 ans, il n’y a eu qu’un arbitre sur le terrain. Là, ça a été l'erreur de l'arbitrage, un arbitre pour tout le terrain. Au basket, ils sont cinq pour un petit terrain. Moi, j'ai essayé de mettre plus d'arbitres, mais Blatter a tout fait pour que les arbitres en plus ne bougent pas et tout le monde disait que c'était nul. C'est dommage. Les arbitres sont pour la vidéo, vous pensez? Mais les arbitres vont avec le chef. Quand j'étais président de l'UEFA, ils étaient tous pour l'arbitrage à cinq. Et quand ils vont à la Fifa, ils sont tous pour l'arbitrage à trois… Ils vont avec qui commande."

"Ce sont les pays riches qui ont le VAR"

Pour clore son plaidoyer, Michel Platini a fini sur le versant économique et égalitaire: "Si les arbitres sont bons, il n'y a pas de problème. Tu ne peux pas tout voir. Est-ce qu'on met plus d'arbitres ou on met des caméras? Les arbitres, tu peux les mettre dans le monde entier, les caméras tu ne peux pas. Il y a six-sept pays au monde qui en ont. Ce sont les pays riches qui ont le VAR, il faut 30 caméras… Je ne vais pas faire du populisme mais l’argent qu’on met dans la technologie, on devrait le mettre ailleurs, le donner pour que les enfants jouent au football."

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