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Lloris : « Il ne fallait pas paniquer »

Hugo Lloris

Hugo Lloris - -

Hugo Lloris, le gardien de Tottenham et des Bleus, était l’invité de Luis Attaque ce mercredi sur RMC. Il est revenu sur sa première partie de saison contrastée avec les Spurs, débutée sur le banc avant de gagner sa place de titulaire.

Hugo, quatre mois et demi après votre arrivée à Londres, comment jugez-vous votre adaptation ?

Je me suis très vite installé, je me suis très bien adapté. J’ai été très bien accueilli par les gens du club, par les supporters et par mes coéquipiers. Je suis heureux à Londres. C’est une grande ville, cosmopolite. Sur le terrain, ça s’est mis en place naturellement et puis maintenant, on savoure et on profite de chaque instant.

Que retenez-vous de vos débuts et de ces premières semaines passées sur le banc ?

Ce n’était pas une situation évidente. Il a fallu être patient, prendre ce qu’il y avait à prendre. C’était une grosse remise en question. Ça fait aussi du bien. Aller chercher cette place, c’est aussi magnifique parce que ça demande de l’effort, du travail. Après, les choses se sont déroulées naturellement. Ce n’était peut-être pas prévu au départ, mais si quelqu’un doit justifier cette situation, c’est plus l’entraineur que moi. Maintenant, c’est le passé.

Quels étaient vos rapports avec l’entraineur André Villas Boas à ce moment-là ?

Il y a eu une période d’adaptation. Il y a eu quelques discussions avec l’entraineur. Ça a duré à peu près deux mois. Heureusement qu’il y avait les matchs de Ligue Europa, ça m’a permis de garder un certain rythme avec un match par semaine.

Avez-vous été obligé de forcer votre nature pour vous imposer ?

J’ai ma personnalité. Je suis resté moi-même. Dans ce genre de circonstances, on essaie de se réfugier dans le travail. Donner toujours le maximum. A la moindre opportunité, on essaie de saisir sa chance, de donner le meilleur de soi. C’est un investissement du club assez important. Il y avait quand même une certaine logique dans tout ça. Il ne fallait pas non plus paniquer, rester serein même si ce n’est pas évident. On est compétiteur, on a envie d’être sur le terrain. Il fallait rester lucide.

Avez-vous douté de votre capacité à réussir à renverser la situation ?

Au début, ça fait un peu bizarre. Les choses, il faut aller les chercher, ça n’arrive pas tout seul. On se réfugie dans le travail, on cherche à faire le maximum, pour soi et pour l’équipe. Il y avait beaucoup de soutien en France. Les proches, les amis, sont toujours là dans les moments plus compliqués. Ça permet de rester lucide, d’avoir du recul sur la situation. C’est vrai que ça pouvait paraitre difficile et c’est parfois dans ce genre de situation qu’on fait des bêtises.

La décision de quitter Lyon venait-elle entièrement de vous ou était-ce une conséquence de la situation économique du club ?

Au départ, c’est mon envie à moi. J’ai fait 4 ans à Lyon, je me suis régalé, épanoui dans mon quotidien. J’avais besoin de quelque chose de nouveau, de frais, et d’un nouveau challenge. Il y avait très peu de visibilité sur l’avenir à l’OL, il y a des difficultés économiques dont il faut tenir compte. C’était le moment pour moi de faire le grand saut, de découvrir une autre culture. J’ai signé à la dernière minute à Tottenham, mais ça faisait quelques semaines voire quelques mois qu’on était en discussion.

L’OL, que vous retrouverez d’ailleurs en 16e de finale de la Ligue Europa…

Forcément, ça reste un match particulier pour moi, mais c’est surtout un match de 16e de finale de Ligue Europa face à une très belle équipe, un grand club européen. C’est une place en 8e de finale, il faudra faire ce qu’il faut sur le terrain.

Pendant toute cette période sur le banc des Spurs, Didier Deschamps ne vous a jamais lâché…

Ça fait toujours du bien d’avoir le soutien du sélectionneur. Là-dessus, je suis très reconnaissant parce la situation n’était pas évidente. Ça m’a permis de garder cette sérénité avec la sélection. L’équipe de France, c’est quelque chose de très important pour moi. On se doit de retrouver une grande équipe de France et on travaille pour ça. Ce qu’on fait depuis le début de la saison, c’est très bien et il faut continuer.

Avez-vous imaginé perdre votre place avec les Bleus ?

Pas forcément. Si la situation avait duré, ça aurait été plus embêtant. C’est resté sur une courte période. J’ai quand même un statut avec quelques matchs derrière moi. Dans ce genre de situation, en fonction du nombre de sélection, ça peut aider. Le doute existe toujours. Il faut avoir confiance en soi, chercher à se dépasser, repousser les limites, ne jamais rester sur ses acquis.