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Moyes : Ferguson contre-attaque

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Après s’être montré plutôt silencieux depuis la nomination de David Moyes à Manchester United (qu’il aurait vivement encouragée), Alex Ferguson a profité de la réédition de son autobiographie pour mettre les choses au clair. En gros, rien n’est de sa faute. Quand la légende dépasse la réalité, écrivez la légende comme disait l’autre.

En Premier League, personne n’est au-dessus de la loi médiatique. Même pas Mourinho, tout « Special » qu’il est, même pas Pellegrini, tout champion en titre qu’il demeure. Et même pas Sir Alex Ferguson, la légende de Manchester United. Au rayon des reproches adressés à l’ex-coach des Red Devils depuis son départ à la retraite, on recense, pêle-mêle, la nomination de David Moyes, la qualité de l’effectif laissé par l’Ecossais à son successeur ou encore l’âge moyen des joueurs d’United. Ce qu’en pense Fergie ? « Des bêtises ». Pour lui, le problème de Moyes a été tout autre.

Difficile en effet, estime-t-il, de « faire le grand saut » entre Everton et un « club aussi énorme » que MU. « Il n’avait pas réalisé à quel point United est un gros club », explique le retraité dans la nouvelle version de son autobiographie. Avant de préciser que Moyes est sans doute trop allé contre les traditions mancuniennes ? « Si nous jouions vite, c’est parce que les joueurs étaient habitués à évoluer de cette façon. Si le rythme avait été ralenti, je leur en aurais parlé à la mi-temps. ‘‘Ce n’est pas nous’’, aurais-je dit. C’est ça notre style, de l’énergie et de la détermination sur le dernier tiers du terrain. » Un dernier tiers dans lequel Moyes a visiblement creusé sa tombe.

Le « formidable Louis van Gaal »

Si Fergie apporte aujourd’hui son soutien le plus total à un Van Gaal qu’il qualifie de « formidable », il oublie peut-être un peu vite qu’il en a fait autant pour le prédécesseur du Néerlandais. Mais là encore, Sir Alex a des arguments pour se défendre : « Il semblerait que les gens aient cru qu’il n’y avait pas eu d’organisation mise en place pour ma succession. Des bêtises. Nous pensons avoir fait tout ce qu’il fallait, calmement, de manière appliquée, professionnelle et méthodique. »

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Une façon de travailler qui a visiblement échappé à Moyes, trop soucieux de s’imposer trop vite, quitte à se séparer d’éléments essentiels à la vie du club. « Peut-être que David pensait que, dans un club aussi important, il devait être sûr d’avoir des soutiens dans tous les angles. Mais je pense que ce réseau existait déjà, composé de plein de gens formidables occupant déjà des postes importants. » Des gens que Moyes a fait virer, pour les remplacer par ses fidèles. La suite est connue, faite de d’échecs, de contestation interne, de gronde des supporters et de cheveux blancs en plus pour le pauvre Moyes. Une situation terrible que seuls les entraîneurs de haut niveau peuvent comprendre, au premier rang desquels, un certain Alex F.

« Alors que les résultats se détérioraient, chaque défaite semblait être un coup pour lui, dit Fergie de son héritier malheureux. Cela se voyait dans sa démarche. En janvier, nous avons acheté Juan Mata et cela a reboosté tout le monde, mais je pouvais voir les murs se refermer sur David, qui avait de moins en moins d’espace pour respirer. Je connais bien cette sensation pour l’avoir moi-même ressentie en 1989, lorsque nous traversions une terrible série. Vous vous sentez écrasé. Personne ne peut contester que la saison fût décevante. Et elle a coûté à un homme son travail. »

Raphael Cosimano