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Premier League: Fulham s’est-il donné les moyens de renouer avec son glorieux passé?

Fulham

Fulham - AFP

UN CLUB, UNE QUESTION. Après un Mondial de folie, la Premier League reprend ses droits le 10 août sur RMC Sport 1. Pour faire grimper la température, il est temps de se pencher sur les 20 pensionnaires de l’élite anglaise. Pour débuter, zoom sur le promu Fulham, qui vient de réaliser un gros coup pour faire venir Jean-Michaël Seri et tente de conserver son prodige Ryan Sessegnon.

Son transfert au Barça ne s’était finalement pas fait l’été dernier, lui laissant un goût bien amer dans la bouche. Malgré un début de saison délicat avec Nice, Jean-Michaël Seri continuait à attirer les grands noms, de Chelsea à Dortmund en passant par le Paris Saint-Germain. L’annonce de son transfert à Fulham le 12 juillet dernier avait donc de quoi surprendre. "Je suis très heureux de faire partie de cette grande famille, confiait-il dans une vidéo postée par le club après sa signature. On sait qu’il y a un projet qui a été mis en place depuis plusieurs saisons. L’aboutissement, c’est cette année. Le plus important pour le club, c’était de retrouver la Premier League. Très content d’aider le club à pouvoir grandir."

Le transfert de Seri comme un signal

Un projet d’avenir pour un club qui n’arrive pas sans statut. Au purgatoire – le Championship – depuis quatre ans, le club londonien a acquis sa remontée dans l’élite en battant Aston Villa en finale d’accession. Si ses heures de gloire commencent désormais à dater, Fulham reste aussi sur un sacre en Coupe Intertoto en 2002 et replace le mythique Craven Cottage au centre de la carte du football britannique.

Avec son statut de dernier promu, le club arrive avec en tête le maintien. Et, sur le papier, des ambitions modérées. Sauf que ce début de mercato part dans une optique tout sauf modeste. Avec le transfert de Jean-Michaël Seri – arrivé avec son coéquipier de Nice Maxime Le Marchand – Fulham a envoyé un message: la figuration n’est pas au programme. L’arrivée du milieu de terrain niçois va en ce sens. Parce qu’il était courtisé certes, mais surtout parce que son profil a été analysé, identifié comme collant parfaitement aux exigences de la Premier League.

"Fulham n’a pas ce type de joueurs"

"Il a un profil très physique, très athlétique, il peut évoluer en box-to-box, détaille pour Sky Sports David Webb, ancien chef du recrutement de Tottenham. Il peut faire le travail que l’on exige de ce type de joueurs, en termes de ruptures, pour perturber le jeu, conserver la balle. C’est aussi un bon footballeur techniquement. Il peut faire tout ce que vous attendez d’un joueur de son profil. Il peut même apporter encore plus. Fulham n’a pas ce type de joueurs. Il va permettre à Tom Cairney de jouer plus haut, de se montrer plus dangereux dans un rôle de 10."

Un bon profil donc pour une équipe qui agit presque comme un pensionnaire de longue date de Premier League: des choix raisonnés, des dépenses, pas de modestie extrême… Des traits perceptibles dans la gestion du cas Ryan Sessegnon. Révélation de la saison qui vient de s’écouler, le prodige anglais avait même eu l’honneur d’une nomination au titre de meilleur jeune joueur en Angleterre. Une première pour un pensionnaire de Championship. Un talent qui n’a pas manqué, avec sa saison à 15 buts en 46 matchs après la victoire de son équipe des Baby Lions à l’Euro U19, d’attirer les convoitises de plusieurs clubs d’envergure.

En mesure de garder son joyau Sessegnon

Ryan Sessegnon
Ryan Sessegnon © AFP

Tottenham, Manchester United, le Paris Saint-Germain et le Real Madrid semblaient entamer une bataille pour faire venir le joueur de 18 ans, capable de jouer sur l’intégralité de l’aile gauche (arrière-gauche de formation, plus souvent ailier gauche la saison dernière) et s’érige en successeur de Gareth Bale. Mais Ryan Sessegnon pourrait être parti… pour rester. Depuis quelques semaines, les rumeurs de départ se sont calmées et la tendance serait, selon le Times, à une prolongation de contrat (augmentation à l’appui). Parvenir à le retenir malgré des prétendants aussi prestigieux est là aussi un signal fort.

Avec Mitrovic, Fulham à son serial buteur

Pour compléter un effectif qui doit encore être renforcé pour pouvoir jouer mieux que le maintien, Fulham ne se cache pas. Dernière cible en date: Malcom, qui affolait l’Europe l’hiver dernier et avait un temps été tout proche de Dortmund. Le club londonien pourrait donc échouer sur cette piste. Mais le voir tenter sa chance sur le dossier en dit long sur ses ambitions. En attendant, la priorité demeure de concrétiser l’achat d’Aleksandar Mitrovic, rentré du Mondial russe avec la Serbie. Slavisa Jokanovic n’entend pas se priver de sa machine à marquer de 23 ans, 12 fois buteur… en 17 matchs de Championship lors de son prêt par Newcastle. Avantage majeur: aucun temps d’adaptation nécessaire pour celui qui avait rejoint Fulham en février dernier.

Un mercato bien géré et tout sauf modeste, un statut, un stade connu… et un coach. Slavisa Jokanovic, désormais épaulé par l’ancien joueur du club Scott Parker (qui a rejoint le staff début juillet), avait un temps été évoqué pour remplacer Antonio Conte à Chelsea. Le manager de 49 ans n’a jamais connu la Premier League… à peu de chose près. En 2015, il faisait remonter Watford dans l’élite, moins d’un an seulement après avoir pris les rênes de l’équipe mais, faute d’accord avec les dirigeants, n’avait pas paraphé de nouveau contrat à la fin de la saison. Avant son arrivée à Fulham (en 2015), le club semblait bien loin des places de promus. Son travail de fond pour former un effectif complet et faire jouer aux Cottagers un football plaisant, offensif mais physique aura payé. En deux saisons, le Serbe aura eu le temps de faire ce qu’il voulait faire et donc arrive dans l’élite en pleine confiance, dans un contexte qu’il connaît bien. Un atout de plus.

A.Bouchery