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Superligue européenne: l'Union Européenne s'en mêle et soutien la fronde de l'UEFA

Margarítis Schinás, vice-président de la commission européenne, se dit dans Politico défavorable au projet de Superligue européenne dans le football. Une prise de position bienvenue pour l'UEFA, qui a menacé de sanction les joueurs et les clubs tentés par ce projet controversé.

Le monde politique commence à se mêler publiquement du projet controversé de Superligue européenne. Quelques heures après le communiqué commun de l'UEFA et de la FIFA pour menacer les joueurs et les clubs qui s'aventureraient dans cette nouvelle compétition, le vice-président de la Commission européenne s'est exprimé ce jeudi dans Politico pour se ranger du côté des instances sportives.

"Il n'est pas question que quelques-uns déforment la nature universelle et diverse du football européen. Le mode de vie européen n'est pas compatible avec un football européen réservé aux riches et aux puissants. Nous devons protéger notre modèle sportif européen, qui repose sur un équilibre avec les compétitions nationales, et qui vise à assurer le développement du football de manière ouverte et non-discriminatoire", a déclaré Margarítis Schinás, un des vice-présidents de la Commission européenne.

Des échanges ont eu lieu ces derniers mois entre Margarítis Schinás, d'autres haut-responsables de l'Union européenne et Aleksander Čeferin, président de l'UEFA. D'après Politico, "la nécessité de sauvegarder la solidarité dans le sport européen" aurait été abordée. Un sujet qui recouvrirait la riposte à organiser face à ces velléités des plus grandes écuries du football européen?

Un précédent juridique favorable à la Superligue?

Cette prise de position émanant de Bruxelles est d'autant plus bienvenue pour l'UEFA, car des questions juridiques ont rapidement été soulevées après les menaces contre les potentiels participants à la Superligue. La faute notamment à un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne qui, en décembre 2020, a désavoué l'Union internationale de patinage dans un dossier similaire. L'instance avait voulu priver de Jeux olympiques des patineurs de vitesse qui souhaitaient participer à une nouvelle compétition privée. 

Dans un entretien à l'AFP, Antoine Duval, spécialiste de droit européen du sport à l'institut Asser de La Haye, s'est donc montré très prudent sur les marges de manoeuvre des instances sportives. Pour lui, les menaces d'exclusion pourraient "tomber sous le coup du droit européen de la concurrence". Il ajoute: "La simple menace de la Fifa et de l'UEFA peut permettre aux clubs à l'origine du projet, s'ils veulent se faire connaître, de se tourner vers la Commission européenne". 

JA