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Supporter du SC Bastia éborgné à Reims: un policier renvoyé aux assises

Six ans après les faits, le policier accusé d'avoir éborgné Maxime Beux, le soir du 13 février 2016 lors d’affrontements entre des supporters du SC Bastia et des policiers à Reims, devrait faire face à la justice dans les prochains mois.

Un soir du 13 février 2016, Maxime Beux, 22 ans à l’époque et supporter du SC Bastia, perd l’usage de son oeil gauche après avoir reçu un coup de matraque télescopique en marge des affrontements entre des supporters du SC Bastia et les forces de l'ordre dans le centre-ville de Reims. Le fonctionnaire de police accusé d’avoir porté un coup au supporter bastiais est renvoyé devant les Assises pour "violences volontaires avec usage ou menace d'une arme ayant entraîné une mutilation permanente". Le recours des avocats du policier a été rejeté par la Cour de cassation lors d’un arrêt rendu le 6 octobre 2021. Cette décision valide ainsi le renvoi aux Assises du policier de la Brigade Anti Criminalité (BAC) de Reims.

"Rien ne démontre que le policier, était autorisé à faire usage de son arme"

L'arrêt de la Cour de Cassation que RMC a consulté indique que "l'usage de leurs armes par les forces de l'ordre ne doit s'effectuer qu'en cas d'absolue nécessité et de manière strictement proportionnée et qu'en l'espèce la vie du policier, pas plus que celle d'autrui, n'était menacée par M. Beux qui fuyait et dont rien ne démontre qu'il était porteur d'une arme, fût-ce par destination". La cour conclut que: "dans ces conditions, rien ne démontre que M. Christophe M., était autorisé dans la circonstance à faire usage de son arme, en méconnaissance des principes de proportionnalité et d'absolue nécessité."

Et de terminer: "En effet, la chambre de l'instruction a pu estimer, après avoir souverainement apprécié les faits et les éléments discutés devant elle, que, d'une part, M. Christophe M., ne pouvait invoquer le commandement de l'autorité légitime pour avoir fait usage de son arme contre une personne qui prenait la fuite, aucun élément ne permettant de conclure à l'implication de la victime dans les infractions commises dans les minutes qui précédaient, cette action dépassant dès lors la consigne d'interpeller les personnes troublant l'ordre public."

Depuis 6 ans, la bataille judiciaire est forte dans ce dossier. Maxime Beux, supporter du SC Bastia, attend maintenant le verdict de ce procès. Le policier, Christophe M., risque jusqu'à 15 ans de réclusion criminelle.

Nicolas Pelletier