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Djilobodji à Chelsea: les coulisses d’un transfert improbable

Disposant d'un bon de sortie de la part de Nantes, l'objectif de Papy Djilobodji était de trouver le projet (et le contrat) le plus intéressant. Mais il n'avait sans doute jamais imaginé débarquer à Chelsea. Waldemar Kita, le président de Nantes, si.

Derrière le transfert d’Anthony Martial à Manchester United, celui de Papy Djilobodji (27 ans) à Chelsea a également de quoi surprendre. Après avoir obtenu un bon de sortie de la part de sa direction en début d’été, le défenseur sénégalais s’est vite mis en quête d’un nouveau challenge et d’un contrat plus intéressant. Et les offres n’ont pas tardé. Le Celta Vigo s’est d’abord positionné en formulant une offre de 2 millions d'euros, jugée insuffisante par le FC Nantes.

Le club des Pays de la Loire est en revanche tombé d’accord avec le Celtic Glasgow, qui suit le joueur depuis plusieurs mois mais ce dernier n’était pas emballé. Alors que Trabzonspor et Antalyaspor s’invitaient dans la danse en vain (garantis bancaires jugées insuffisantes), le Celtic insitait et augmentait son offre de contrat pour le joueur, qui décidait de jouer la montre en gardant cette piste sous la main… en attendant mieux. Une stratégie payante. Car Waldemar Kita indiquait alors à l'agent de l’international sénégalais que Chelsea était intéressé.

Kita dézingue son agent

« Je savais où j’allais le mettre, a assuré le président du FCN dans Luis Attaque, ce mardi. Il a un agent qui ne connait rien au football. Ce garçon va le "tuer" s’il continue à l’encadrer pour prendre son argent. J’ai tenu tête pendant deux mois. J’ai essayé de le mettre dans un club d’une certaine valeur parce qu’il a des qualités physiques, mentales et athlétiques pour aller plus loin. Mais il y a plein de gens autour d’eux qui le conseillent très mal. » Une fois le mouvement initié, le contact a été établi grâce à un intermédiaire belge et Guy Hillion, recruteur pour Chelsea dans la région nantaise, a confirmé au représentant de Djilobodji qu'une offre des Blues allait arriver.

Michael Emenalo, directeur technique du club londonien, confirmait l’intérêt en expliquant que Chelsea recherchait un défenseur gaucher, grand et dur sur l'homme. Après avoir écarté ses deux premiers choix jugés trop chers, le club de Roman Abramovicth validait la piste Djilobodji que José Mourinho avait observé la saison dernière. Le transfert se concluait à un peu plus de 3 millions d’euros (+500 000 € de bonus). Les deux clubs ont vite réglé la paperasse après une visite médicale de cinq heures orchestrée par un émissaire venu à Paris, lundi. La transaction a été officialisée ce mardi avec un contrat de quatre ans à la clé. Mais pas vraiment de reconnaissance. « J’étais prêt à perdre 3 millions et il serait resté au club, conclut Kita, mi-fier, mi-amer. C’est moi qui ai trouvé le club, qui ai travaillé dessus et qui ai essayé du mieux possible de négocier le salaire pour lui. Je n’ai même pas reçu un coup de fil de remerciement, ni de lui, ni de son agent. »

la rédaction avec L.Briley