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Mercato: à Nice, le projet Ineos est passé à la vitesse supérieure

Avec cinq recrues, dont Schneiderlin et Gouiri, l'OGC Nice a frappé fort pour le début du mercato estival. Une activité qui démontre la puissance financière du propriétaire Ineos et qui confirme la politique sportive menée par la direction.

À rebours de la conjoncture atone du marché des transferts, l'OGC Nice avance à grands pas. Quand bon nombre d'équipes françaises et européennes peinent encore à sécuriser un premier renfort, le club azuréen a pu présenter cinq recrues dès jeudi 2 juillet: le jeune défenseur brésilien Rodson Bambu (22 ans), l'ancien latéral rémois Hassane Kamara (26 ans), l'arrière autrichien Flavius Daniliuc (19 ans), l'expérimenté milieu de terrain Morgan Schneiderlin (30 ans) et le prometteur attaquant lyonnais Amine Gouiri (20 ans).

"La cellule a très bien travaillé. Avoir autant de recrues c’était l’objectif fixé avec Julien Fournier et c’est de bon augure. Avoir à disposition ces joueurs à cette période de la saison c’est une grosse satisfaction", s'est félicité l'entraîneur Patrick Vieira, sans doute désireux de ne plus avoir à bricoler avec son effectif cette saison.

Un budget très intéressant

La rapidité de ce début de mercato a sans doute été aidée par les solides arguments que le club peut présenter depuis son rachat effectué l'an dernier par Ineos. À son arrivée, Bob Ratcliffe, frère du milliardaire Jim Ratcliffe à la tête du groupe de chimie, avait pris soin de tempérer certaines ardeurs et de préciser que les Aiglons n'allaient subitement pas tomber dans l'ivresse financière: "Nous avons besoin de patience. (...) Nous ne pouvons pas promettre que le succès va arriver du jour au lendemain, nous voulons du viable pour Nice".

Ce premier mercato estival pleinement géré par le nouveau propriétaire montre toutefois que l'heure n'est pas pour autant à une cure d'austérité. Avant les secousses économiques causées par la pandémie de Covid-19, une enveloppe de 80 millions d'euros était prévue pour le recrutement. Celle-ci aurait pu être significativement amoindrie par l'arrêt des compétitions, mais il s'est avéré que la cinquième place obtenue en championnat (qualificative pour la Ligue Europa si le Paris Saint-Germain remporte l'une des deux coupes nationales) a dépassé les attentes budgétisées.

Environ 20 millions d'euros ont ainsi pu être déboursés en indemnités pour les cinq arrivées. Un total relativement faible en ces temps inflationnistes en matière d'indemnités. Les deux joueurs les plus onéreux sont Amine Gouiri et Rodson Bambu, tous deux débauchés pour sept millions d'euros. Alors que Morgan Schneiderlin, au passé international et anglais non négligeable, n'a manifestement coûté que deux millions. "Ils pourraient dépenser plus, pour faire des gros coups, du buzz. Mais pas du tout, relève Christophe Dugarry, membre de la Dream Team RMC Sport. On est toujours en train de parler de moyens. Ce n'est pas un problème de moyens, mais de projet. Le sujet n'est pas de mettre de l'argent, mais de bien travailler".

Des jeunes et une pointe d'expérience

Le début du mercato suppose que le tandem formé par le président Jean-Pierre Rivère et son bras droit Julien Fournier va tâcher d'utiliser astucieusement cette nouvelle manne financière pour appliquer au mieux leur politique sportive qu'ils développent depuis maintenant un certain temps: miser sur des jeunes et relancer des joueurs expérimentés comme cela a pu être fait auparavant avec Hatem Ben Arfa ou Mario Balotelli. "On se focalisera en particulier sur des jeunes joueurs avec du talent. Mais nous sommes conscients qu'une équipe a besoin d'expérience pour progresser et réussir", avait annoncé Bob Ratcliffe.

L'arrivée de Flavius Daniliuc en provenance du Bayern Munich - mécontent de perdre ce jeune passé par le centre de formation du Real Madrid - montre aussi que l'OGCN peut imiter ces clubs européens adeptes des transferts de post-formation, consistant à dénicher des jeunes footballeurs en quête d'un premier contrat professionnel.

Le mercato n'est pas fini

"Tout semble réuni pour réussir", s'enthousiasme Rolland Courbis au micro de RMC, soulignant au passage l'importance que peut avoir l'attractivité de la ville dans le mercato. "Tu sais très bien que certains joueurs regardent avec leur femme sur un plan géographique où se trouve leur futur club. À Nice, on ne peut pas dire que c'est un handicap. L'objectif de terminer tous les ans dans les six premiers peut être réussi de façon sympa dans un endroit sympa".

Même si le mercato français va devoir observer une pause prochainement, l'OGC Nice devrait continuer à travailler. Les dirigeants ont l'intention de réaliser d'autres coups. Si des noms circulent ici et là, Patrick Vieira a simplement déclaré avoir "identifié le profil de joueurs offensifs" et que des discussions étaient en cours pour "en faire venir un ou deux". Pour équilibrer l'effectif et les finances, des départs seront aussi nécessaires. Laissés de côté pour le stage de pré-saison à Divonne-les-Bains, Christophe Hérelle et Wylan Cyprien ont un bon de sortie

Julien Absalon avec MBo