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OM : un échec à Manchester, un passage mitigé en Italie… Où en est vraiment Alexis Sanchez ?

Loin du niveau de ses meilleures années de footballeur (époque Barça, Arsenal…), Alexis Sanchez paraît toutefois correspondre à ce que recherche l’OM. Ses qualités de percussion et son tempérament concordent avec l’intensité et la verticalité réclamées par Igor Tudor, le nouvel entraîneur marseillais.

Jorge Sampaoli a claqué la porte de la Commanderie début juillet, à la stupeur générale. Comprenant que le président de l'OM, Pablo Longoria, ne serait pas en mesure de répondre à toutes ses exigences sur le marché des transferts, le technicien argentin a préféré jeter l’éponge. Sampaoli estimait sans doute, à tort ou à raison, qu’il n’aurait pas les moyens de bien figurer en Ligue des champions avec cet effectif, privé de Kamara et Saliba. Si le pedigree des premiers joueurs recrutés (Suarez, Gigot, Tavares...) ne lui a pas forcément donné tort, du moins dans un premier temps, Jordan Veretout a aussi signé en provenance de Serie A. Surtout, le chilien Alexis Sanchez (33 ans) pourrait bientôt l’imiter, depuis qu’il a résilié son contrat avec l’Inter.

Un renfort de choix ?

"C’est un profil qui matche complètement avec ce qu’on veut mettre en place", reconnaissait Pablo Longoria dimanche soir. Jorge Sampaoli ne pourra pas dire le contraire puisqu’il avait, semble-t-il, coché le nom de l’international chilien dans ses petits papiers, parmi les joueurs susceptibles à ses yeux de répondre aux exigences de la Ligue des champions. L’Argentin en sait quelque chose, dans la mesure où Alexis Sanchez lui a offert la Copa America avec le Chili, en 2015.

Sampaoli connaît son dévouement au football, et ce qu’il peut apporter sur le terrain en termes de grinta, de caractère. "Je veux jouer, je veux toujours gagner. Le lion est comme ça. Le temps des adieux n'est pas encore venu", fanfaronnait Alexis Sanchez la semaine passée, à la sortie d’un restaurant où l’attendaient plusieurs journalistes italiens pressés de l’interroger sur son avenir. En quête de revanche, l’international chilien est affamé.

Alexis Sanchez a mal vécu le fait d’être relégué à un statut de remplaçant avec les Nerazzurri. Son retour en Italie il y a trois ans n’a pas franchement répondu à ses attentes. Le Chilien espérait y jouer les premiers rôles. Le recordman du nombre de réalisations sous le maillot du Chili (48), adulé dans son pays, a vécu trois ans de hauts et de bas avec l’Inter, qu’il rejoint définitivement en 2020, après un an de prêt en provenance de Manchester United. Une première expérience ratée (3 buts en 32 matches de Premier League, 6 passes décisives) qui marque le début de la dégradation de son temps de jeu.

Joker de luxe à l'Inter

Les blessures, souvent musculaires, ne lui ont pas facilité la vie non plus. Sérieusement touché à la cheville après un match avec le Chili en octobre 2019, Sanchez effectue un retour au premier plan remarqué à la reprise du championnat, interrompu plusieurs mois en raison de la crise sanitaire. Conte s’en était d’ailleurs publiquement félicité, se réjouissant de le voir monter en puissance. Mais l’embellie n’a pas duré. Dans l’esprit de Conte s’installe déjà l’idée que Sanchez restera un joueur de complément derrière la doublette Lukaku-Lautaro. Un joker de luxe.

L’année du titre, d’ailleurs, Sanchez ne démarre que 9 matches sur les 30 qu’il dispute en Serie A. La plupart du temps, il débute la rencontre sur le banc, en tant que remplaçant. Il inscrit tout de même 7 buts et délivre autant de passes décisives. Le schéma se répète la saison suivante. Romelu Lukaku est parti, mais Simone Inzaghi aligne surtout Edin Dzeko et Lautaro Martinez. Alexis Sanchez se contente de quelques apparitions en cours de match, lorsque l’équipe ne parvient pas à débloquer la situation. Frustré, le Lion de Tocopilla (le village qui l’a vu naître) parvient néanmoins à se montrer décisif, surtout quand cela compte.

Ce fut encore le cas en janvier dernier, face à la Juventus, lors de la Supercoupe d’Italie. Sanchez a surgi du néant dans l’ultime seconde du temps additionnel de la prolongation pour inscrire le but victorieux. De par son tempérament, il ne devrait avoir aucun mal à s'acclimater à la fureur du Vélodrome et à combler ses attentes. Cependant, Alexis Sanchez n’arrive pas au sommet de sa carrière. Il n’est plus la tornade qui déferlait sur les pelouses de Liga avec le Barça (38 buts et 29 passes décisives en 88 matches, entre 2011 et 2014) et de Premier League avec Arsenal (60 buts et 27 passes décisives en 122 rencontres, entre 2014 et 2018).

Capable d’évoluer sur tout le front de l’attaque, Sanchez s’appuie toujours sur sa puissance et sa vivacité, même s’il est moins explosif et moins dribbleur qu’à sa grande époque. Son efficacité devant le but, elle, demeure, sans compter que son vécu et son expérience du très haut niveau (64 matches de C1) en font déjà un joueur essentiel au sein d'un effectif comme celui de l'OM.

QM