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"Il jouait partout où il pouvait" : sur les traces de Nedim Remili, la nouvelle gâchette des Bleus

Avec 33 buts inscrits en huit matchs, Nedim Remili est le meilleur buteur de l’équipe de France au Mondial de handball. Une exposition spectaculaire pour l’un des petits nouveaux chez les Bleus, façonné par son père et son goût du respect… et du plaisir de jouer.

- « Oh l’ancien ! Ça va ? Tu vas bien ? »

- « Oui et toi. Félicitations surtout, hein, pour Nedim »

Le visage de Kamel Remili s’illumine alors, laissant paraitre un visage satisfait et fier. Posé sur les marches du Palais des Sports Robert Oubron, à Créteil, cet ancien handballeur savoure intensément les éloges reçus par son fils, Nedim, 21 ans et meilleur buteur de l’équipe de France (33 réalisations), devant Kentin Mahé (32) et Ludovic Fabregas (28), actuellement tourné vers une finale d’un championnat du monde de hand à la maison face à la Norvège (ce dimanche, 17h30). « C’est délirant, confie Kamel. Quand on voit son fils évoluer en équipe de France avec ces joueurs-là… Bien sûr que c’est une joie immense pour nous. »

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Elle l’est tout autant pour le père de famille, au moment de replonger dans ses souvenirs et l’origine de l’amour du handball pour Nedim. « Oh… Nedim a foulé ce Palais des Sports une bonne centaine de fois. Ici, c’est un peu son lieu de naissance dans le handball, estime Karim Remili. C’est ici qu’il a vu ses premiers matchs. Pendant que je jouais, Nedim était en tribunes avec son frère et sa mère. Après, il profitait des instants pour prendre le ballon et aller jouer sur ce sol. » Une petite pause et celui qui officie désormais comme directeur général de l’US Créteil remonte encore la boîte à souvenirs.

« Cette finale, joue-là comme si t’étais en moins de 18 »

« Il est arrivé au hand à l’âge de 12 ans. Il a commencé par jouer au football, à la natation, au taekwondo. Il jouait aussi bien avec ses pieds qu’avec ses mains, raconte le paternel, surpris devant le choix sportif de son rejeton. Je pensais qu’il allait plutôt s’orienter vers le basket. Il était tout le temps ici. Quand je l’emmenais, il me cassait toutes les dalles du Palais des Sports. Il jouait partout où il pouvait. Les entraîneurs le voyant, tout le monde a voulu l’exploiter rapidement. Et il s’est pris au jeu. » Sans forcément suivre les traces du papa, joueur plus défensif, moins exposé à l’US Créteil.

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« Plus jeune, Nedim cherchait des images de moi en train de jouer. Je ne mettais pas beaucoup de buts, lâche Kamel dans un sourire. J’avais retrouvé la cassette d’un match où j’en avais mis sept. Mais quand j’ai voulu la mettre, elle n’a pas marché. Alors, il reste sur une image de son père très besogneux. » Et d’un père porté vers le jeu, le jeu et encore le jeu. Et le plaisir. « C’est mon premier Mondial. Je prends énormément de plaisir à jouer avec cette équipe, ces joueurs, confirme Nedim Remili. Je profite au max. Ce n’est pas une fin en soi. J’espère que la finale de dimanche ne sera pas ma dernière. »

Vu le potentiel du garçon, depuis cet été au service du Paris Saint-Germain, on n’en doute pas. A condition, selon son père, de garder le même état d’esprit. « C’est toujours ça qui est resté, le plaisir de jouer », assure Kamel, se remémorant, images à l’appui, un ancien déplacement de son fils, lorsque les U18 de Crétéil étaient partis disputer, lors de la saison 2011-2012, une demi-finale du championnat de France à Orléans. Le jeune homme semble heureux, insouciant, léger.

Et Kamel n’attend pas autre de Nedim ce dimanche soir. « Cette finale, joue-là comme si t’étais en moins de 18. Rappelle-toi que c’est par le jeu que tu seras heureux. Le jeu et le respect de l’adversaire, de ses coéquipiers et des gens qui vous regardent. Faites-vous plaisir. » Jusqu’à présent, cela a plutôt bien réussi à Nedim.