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JO 2016, boxe : pourquoi les Bleus, qui auront au moins deux médailles, sont aussi solides

Souleymane Cissokho

Souleymane Cissokho - AFP

Alors que la compétition n’en est qu’à ses débuts, l’équipe de France de boxe est déjà assurée de repartir avec deux médailles. Mais la moisson pourrait être encore meilleure vu le niveau et l’état d’esprit affichés par les Bleus depuis le début de ces JO 2016. Mais quel est leur secret ?

Les mauvais esprits diront qu’on est un peu chauvins. Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Depuis le début du tournoi de boxe de ces JO 2016, les Français sont quasi-imbattables. Sur les dix engagés, seul Paul Omba-Biongolo (-91kg) a été éliminé. Un presque sans-faute pour ceux qui forment la « Team Solide », un surnom donné par Christian M’Billi (-75kg) en référence à la force mentale dans laquelle ils puisent pour briller.

« Il faut faire du sale maintenant »

« On est tous ensemble, on est une famille, expliquait avant les JO Souleymane Cissokho (-69kg), "capitaine" de cette équipe et déjà assuré d’une médaille, comme Sofiane Oumiha (-60 kg). On est tous carrés, réglos. On est tous capitaines et on va tous se tirer vers le haut. On est tous soudés, déterminés. On a des profils différents et c’est ça qui fait la richesse de cette équipe. »

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« On se parle entre nous, on se motive mutuellement, explique Elie Konki (-52kg). Grâce aux encouragements des personnes qui nous regardent, grâce à nos victoires. Il y a toujours un moment où on est réunis tous ensemble et on se dit : "Voilà les gars, ça y est l’équipe de France est de retour, il faut faire du sale maintenant". »

Konki : « On essaye de concurrencer les judokas »

Cet état d’esprit guerrier, les Français se le sont sans doute un peu forgés dans les stages concoctés par leur entraîneur Luis Mariano Gonzalez Cosme. Référence dans le milieu, le Cubain emmène les boxeurs français sur ses terres deux à trois fois par an, ainsi qu’à Colorado Springs (Etats-Unis). Des périodes intenses où la sueur coule, le corps brûle mais où le caractère se forge. Bref, les Bleus s’entraînent plus et mieux qu’avant.

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La « Team Solide » c’est donc un état d’esprit, un travail acharné mais aussi des sources d’inspiration. D’abord leurs homologues du judo et leur leader Teddy Riner, à la fois pote et modèle de Tony Yoka, qu’ils ont marqué à la culotte lors de la cérémonie d’ouverture. « On essaye de concurrencer les judokas, avoue Konki. On va essayer de les battre. C’est une bonne concurrence, cela ne peut que nous pousser vers le haut. »

Une quête d’or pour Vastine

Et puis un autre champion les inspire et les guide depuis le ciel : Alexis Vastine, médaillé de bronze en 2008 puis volé par l’arbitrage en quarts de finale quatre ans plus tard, décédé le 9 mars 2015 dans un accident d’hélicoptère alors qu’il participait au tournage de l’émission Dropped, en Argentine.

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« Il est près de nous, on pense constamment à lui, raconte Cissokho. Je ne parle pas que pour moi, je parle pour toute l’équipe. Et aujourd’hui, c’est une source de motivation, vraiment une source réelle de motivation. On s’est fixé comme objectif de tous ramener le maximum de médailles et bien sûr de choisir la bonne couleur. Je pense que c’est quelqu’un en or qui mérite une médaille en or. »

AA avec MM