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JO 2016, Ewanjé-Epée : "Le pire jour pour battre un record du monde !"

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Membre de la Dream Team RMC Sport, Maryse Ewanjé-Epée analyse le 400m des JO 2016 qui a eu lieu ce dimanche soir à Rio. C’est le Sud-Africain Wayde Van Niekerk qui s’est imposé, en battant le record du monde (43"03, contre 43"18 pour Michael Johnson en 1999).

A quelques minutes de la finale la plus attendue des Jeux olympiques, celle du 100m qui allait sacrer un monstre du sprint, Usain Bolt, pour la troisième fois consécutive, le stade commençait à peine à s’échauffer en vue des vocalises à venir.

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On sentait les vibrations du gros stade bleu, nettement plus rempli que les jours précédents, juste avant une finale qui s’annonçait somptueuse, celle du 400m messieurs. On attendait un mano a mano entre les deux meilleurs performeurs mondiaux, Kirani James, le Grenadin prodige, champion du monde à dix-neuf ans à Daegu en 2011, et Lashawn Meritt, le champion olympique de Pékin, de retour de probation après une suspension de vingt-et-un mois pour usage répété de stéroïde anabolisants « pour agrandir son pénis », avait-il affirmé aux enquêteurs.

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On avait presque oublié le champion du monde sortant, un autre prodige de vingt-quatre ans, le Sud-Africain Wayde Van Niekerk, qui s’était hissé dans les quatre meilleurs performeurs de tous les temps en 2015 pour l’emporter à Pékin.

Le jeune Springbok est coaché par Ma’ Tannie Ans Botha, une ancienne sprinteuse de soixante-quatorze ans qui a pris en main sa destinée, l’amenant en six saisons de 48 secondes à quelques encablures du record du monde du mythique Michaël Johnson. Le recordman du monde, consultant pour une chaine américaine avait annoncé que l’on pourrait avoir un coup de tonnerre dans la finale du 400 mètres et il avait pointé la qualité de Van Niekerk, super finisseur et athlète à la foulée aussi bondissante que celle des petites gazelles sud-africaines qui ont donné leur nom à l’équipe nationale.

Et en effet, tandis que Lashawn Merritt partait en boulet de canon puis s’épuisait à repousser les assauts de Kirani James, Van Niekerk déroulait sa course, aussi fluide qu’un calé en aveugle à l’extérieur, au couloir 8.

A l’entrée de la ligne droite, tandis que ses concurrents se crispaient, grimaçaient et tiraient sur les bras pour achever leur épuisante chevauchée, lui allongeait un peu sa majestueuse foulée, le pied léger comme l’air à quatre-vingt mètres de l’arrivée et le scénario qui s’annonçait était déjà écrit sur ses traits relâchés.

Wayde Van Niekerk s’est envolé vers la lignée d’arrivée, avalant en quelques secondes ses plus sérieux concurrents et accélérant encore comme s’il allait courir 450 mètres. Lorsque le chrono s’est arrêté sur 43 secondes et trois petits centièmes, près d’une demi-seconde plus vite que le record olympique et surtout 15 centièmes plus vite que le record du monde de Michael Johnson, il a semblé tituber sous l’ovation du public, incapable de réaliser l’exploit. Il est resté longtemps prostré sur la piste, un peu hagard sous les ovations et puis le stade s’est retourné vers la ligne de départ du 100 mètres, déjà avide d’autres exploits.

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Wayde Van Niekerk a réalisé un exploit planétaire. Il a pourtant choisi le plus mauvais jour pour le faire car on ne fait pas d’ombre au Dieu de tous les stades, Usain Bolt, qui fera sûrement la Une dans toutes les rédactions.

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JO de Rio 2016

Maryse Ewanjé-Epée