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JO 2016 - La délégation française manque-t-elle d’un patron ?

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Equipe de France - AFP

Confrontée à des polémiques et des résultats mitigés, malgré une belle journée mardi, la délégation française présente à Rio est en panne de leadership. Et la préparation olympique semble atteindre ses limites.

Cinq journées, six médailles et quasiment autant de polémiques. Les Jeux olympiques de Rio ont été particulièrement agités pour la délégation française. En tennis, Kristina Mladenovic et Caroline Garcia ont mis le feu aux réseaux sociaux voilà quelques jours avant que Benoît Paire ne soit exclu mardi de l’équipe de France. En natation, Yannick Agnel et ses partenaires du relais se sont déchirés publiquement. Une sorte de Knysna olympique selon certains. « Chacun à sa part de responsabilité, souligne Fabien Canu, ancien directeur de la préparation olympique. La fédération, les athlètes mais les entraîneurs aussi. Autant dans la réussite que dans l’échec d’ailleurs. C’est une aventure collective, un athlète seul ne peut pas gagner tout seul c’est un environnement qui lui est favorable. » Et c’est là justement que les questions se multiplient autour de cette équipe de France. Qui est véritablement le patron à Rio ?

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Un manque de leadership ?

S’il est chef de mission, Francis Luyce n’adresse pas de directives aux fédérations et aux DTN. Il n’est qu’un « facilitateur ». « Je suis responsable de la logistique de l’ensemble de la délégation française qui est composée de 395 athlètes mais à quoi s’ajoute également une partie administrative et une partie d’accompagnement de l’ensemble de la délégation », dit-il. « Il est au feu, il gère toutes les relations politiques, complète Philippe Bana, le DTN du handball francais. Patrick Cluzeau, ancien DTN du cyclisme, est là aussi. Il est un peu le patron logistique. Après, tout se passe à l’intérieur des fédérations. » Sans qu’aucun référent global n’opère de recadrages quand cela est pourtant est nécessaire. En coulisses, chaque fédération semble se débrouiller seule.

Pourtant, en amont des JO, la communication s’est améliorée ces derniers mois. « On a eu parfois des difficultés dans ce domaine, reconnaît Bana. A partir des Jeux d’Athènes, on a décidé tous ensemble d’établir un principe : mettre les athlètes au centre du dispositif. Et surtout l’autre décision importante a été de rassembler les forces d’organisation sur le lieu de l’INSEP, ce qu’a fait Thierry Braillard il y a six mois. C’est une bonne chose, une belle idée. Les directeurs techniques nationaux, le Ministère, le Comité olympique, tout le monde vit ensemble. Ce n’est pas une fin en soi. Mais si on s’assoit ensemble, on sera moins cons qu’avant. Si tu ne travailles pas en équipe, tu es mort. » L’avancée est réelle. Mais en coulisses, certains regrettent là aussi l’absence d’un grand patron, d’un Sébastian Coe à la française, et d’une grande structure équivalente à celle mise en place en Angleterre, « UK Sport ». Une réussite symbolisée par 65 médailles, dont 29 en or, voilà quatre ans (soit 30 médailles de plus que la Franc, dont 18 en or).

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S’inspirer du modèle anglais

« Il faut arrêter le ping-pong institutionnel et évidemment lancer une magnifique structure, surtout si Paris obtient l’organisation des Jeux de 2024, selon Bana. Ça ne serait pas forcément « UK Sport » car on n’a pas une culture anglo-phone de la performance. Si on avait une structure unique de management, on aurait une chance de faire beaucoup de médailles. » A condition aussi de relancer, pleinement, la préparation olympique. Loin des micros, beaucoup la jugent aujourd’hui bien moins efficace que par le passé, notamment sous la houlette de Claude Fauquet. « Avant c’était une structure administrative qui était rattachée au ministère des sports, explique Canu. Elle est depuis déjà sept-huit ans rattachée à l’INSEP. Tout simplement parce que l’INSEP c’est un super établissement qui a été refait. Qui dispose de moyens. Donc elle a été rattachée à l’INSEP pour avoir d’avantages de possibilités d’interventions. La préparation olympique existe toujours. On en entend peut-être un peu moins parlé mais en tout cas elle a toujours fait son travail. » Plus ou moins efficacement...

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