RMC Sport

JO 2016, Yannick Agnel : "Je voulais nager le relais, c'est une décision de la DTN"

Que ce soit le tennis avec Benoit Paire et Kristina Mladenovic ou la natation avec le relais 4x200m et les suspicions de dopage de Camille Lacourt, ces débuts de Jeux olympiques ont leur lot de polémiques côté français. Après avoir été accusé par Jordan Pothain d’avoir lâché le relais, Yannick Agnel s’est expliqué mardi soir à Rio.

« Je pense vraiment qu’on a baigné dans un tissu de mensonges. Je lui (Agnel) en veux simplement de ne pas avoir été honnête, et ça, depuis trop longtemps. Il nous a un petit peu lâchés les trois derniers jours, depuis sa course en individuel. » C’est en ces termes que Jordan Pothain s’est exprimé après l’élimination du relais 4x200m ce mardi aux JO 2016. Dans une optique d’apaisement, Yannick Agnel est revenu sur la polémique mardi soir à Rio. Extraits.

Yannick Agnel, qu’avez-vous envie de répondre à Jordan Pothain ?

A propos de Jordan, déjà, il a parlé sous le coup de l’émotion, à chaud, sous le coup de la déception aussi. Ce que je peux comprendre. Ce ne sont pas des paroles à prendre au mot. Il y a eu des explications derrière, entre nous. Ses mots ont dépassé sa pensée. Après, je peux vous dire, ceux qui me connaissent le savent, que je n’ai jamais lâché personne, encore moins mon équipe et mon relais. J’ai été de tous les relais. J’ai toujours été là. Si je n’ai pas fait le relais de ce matin, c’est une décision de la Direction technique nationale (DTN), qui a fait le choix de mettre Damien Joly à ma place. Moi, souffrant ou pas, je voulais bien évidemment participer à ce relais. C’était très important pour moi, c’était ma dernière course.

A lire aussi >> JO 2016, natation : les Bleus s'entredéchirent, Jordan Pothain accuse Yannick Agnel d’avoir "lâché" le relais

Après ce 200m en individuel, j’avais vraiment à cœur de bien faire les choses. Même à 40 de fièvre, bien évidemment que je l’aurais fait, que je me serais défoncé pour ce relais. On était parti sur ça hier (lundi), avec Jacques Favre, le staff, et même les nageurs. Ils (la direction technique nationale) ont pris la décision de mettre Damien Joly à ma place sans me consulter, à 1h du matin. Ils ont tout fait en catastrophe, en essayant de faire pour le mieux. Mentalement, c’était compliqué à gérer pour l’équipe.

Comment vous sentez-vous ?

Ce matin, je me suis levé, plus de fièvre. Je me suis dit « encore mieux, je serai encore plus frais et dispo pour participer ce matin ». Je leur ai fait part de tout ça, puisqu’on était censé faire un point, et ils ont malgré tout décidé de garder Damien Joly à ma place. Une décision que je respecte, mais qui n’est absolument pas la mienne. Je voulais vraiment nager ce relais. Ce matin, j’étais dans l’eau, je me suis échauffé au cas où. Il a manqué énormément de communication. Je peux me mettre ça sur les épaules. Je n’ai pas eu la présence d’esprit de dire à tout le monde « on va le faire quand même, on va se défoncer ». La direction technique nationale aurait dû leur dire que je souhaitais nager. Quand je me suis réveillé, ils (les autres nageurs) étaient dans la chambre avec un regard noir. Je ne comprenais pas.

A lire aussi >> les JO 2016 en direct

Regrettez-vous d’être venu à Rio ?

Je ne veux pas partir sur un mauvais sentiment. Bien évidemment, tout ça est dommage. Tout le monde est un peu fautif. On s’est vu cet après-midi, on a mis les choses à plat, on a crevé l’abcès. Le plus important reste de transmettre notre savoir-faire avec les gens de ma génération à ceux qui arrivent en équipe de France. Je ne regrette en aucun cas d’être venu. Ce qui me fait kiffer par-dessus tout, ce sont les Jeux olympiques.

Que se passe-t-il au sein de la natation française ?

Il y a de gros problèmes de communication. Ça couvait depuis plusieurs semaines, plusieurs mois sûrement, et ça explose maintenant. Avec la tension, le fait qu’on ait moins de résultats que sur les éditions précédentes, ce genre de choses-là fait que dans les esprits de tout le monde, ça s’échauffe. Pour Jordan, les événements de Montpellier ont ajouté à ces émotions ce matin. Je ne lui en veux pas.

KJ