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JO: Drut critique le projet de Paris 2024 et appelle à repenser les Jeux

Guy Drut a publié ce dimanche sur France Info une tribune invitant à modifier le modèle des Jeux olympiques. L'ancien champion olympique du 110 mètres haies et ministre des Sports estime que le budget des JO de Paris 2024 devrait être revu à la baisse en raison de la crise économique mondiale liée à l'épidémie de coronavirus.

L'épidémie de coronavirus a bouleversé le calendrier sportif international et entraîné le report des Jeux olympiques de Tokyo d'un an. Prévu cet été, le rendez-vous est repoussé à l'été 2021 et obligera les organisateurs à un incroyable effort logistique.

Ancien athlète de haut niveau et ministre des Sports de Jacques Chirac, Guy Drut a signe ce dimanche une tribune appelant les JO à se réinventer. La crise sanitaire a fragilisé l'économie française et selon le médaillé d'or de Montréal (1976), Paris 2024 doit réévaluer son budget à la baisse.

Le projet Paris 2024 est "obsolète, dépassé, déconnecté de la réalité"

Guy Drut a plaidé pour un maintien du rendez-vous olympique en 2021 puis en 2024, un moment de communion internationale utile et "plus encore en période de crise". Mais cela de doit pas se faire sans tenir compte de la réalité économique du pays organisateur. Avec le coronavirus, la France doit donc revoir sa copie pour Paris 2024.

"Ils ne pourront pas se tenir à n'importe quel prix, déconnectés de la réalité, en marge du monde, a lancé l'ex-hurdler dans un texte publié sur le site de France Info. Le beau projet que nous avons construit et porté en phase de candidature pour Paris 2024 est aujourd'hui obsolète, dépassé, déconnecté de la réalité. Il n'est plus en phase avec le réel. Si dans son esprit, il doit rester inchangé, il nous faut revoir ses moyens, et nous recentrer sur l'essentiel."

Sanctuariser certaines épreuves

Guy Drut a poussé plus en avant sa réflexion et souhaite voir le CIO mutualiser certains sites accueillant les épreuves olympiques. Cela permettrait de réduire les dépenses et de limiter l'empreinte écologique. Prenant l'exemple du surf, qui subira nécessairement une délocalisation lors de chaque édition des JO, il espère voir le CIO le fixer dans un seul lieu à Hawaï ou Tahiti. Idem pour le canoë-kayak où une rivière artificielle est construite lors de chaque olympiade.

"On pourrait ainsi sanctuariser certaines épreuves sur un seul et même site, quel que soit le pays organisateur, a encore indiqué le médaillé de Montréal. Cela coûte très cher de construire de nouveaux équipements pour une épreuve qui dure, elle, seulement trois ou quatre jours."

Autre piste envisagée pour réduire les coûts et repenser le modèle des JO: limiter le nombre de sports additionnels. Vital en cette période de crise sanitaire, le sport pourrait en ressortir durablement transformé.

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Paris 2024

JGL