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Florent Manaudou sort un chrono qui claque pour son retour

Pour son retour en compétition, après sa pause à l'issue des JO 2016, Florent Manaudou a réussi la 8e performance mondiale de l'année dès les séries du 50m nl ce vendredi à Rome. Très encourageant.

Comme s'il n’était jamais parti, finalement. Deux ans et demi après sa fin de carrière à l’issue des JO de Rio, où il avait décroché la médaille d’argent du 50m nl, Florent Manaudou a réalisé la 8e performance mondiale de l’année dès les séries du trophée des 7 collines, ce vendredi à Rome, en 21"73 (2e temps des séries derrière le Brésilien Bruno Fratis en 21"63).

Un Florent Manaudou souriant et détendu dans la chambre d’appel, avant la course, vêtu d’un tee-shirt orange pétant de son club de l’Energy Standard, accréditation autour du cou. Il a échangé avec le vétéran sud-africain Roland Schoeman. Et derrière le plot, la routine n’a pas changé. Il resserre ses lunettes, prend de l’eau dans la bouche et la recrache, met un pied sur le plot, puis l’autre, regard fixé sur le mur d’arrivée. Une dernière respiration avant de souffler un grand coup et le départ… Exactement comme avant.

"C’est très étrange, j’avais le cœur qui battait fort, avoue le champion oIympique de Londres en 2012. Je suis juste content d’être là en fait et de pouvoir me jauger face aux meilleurs. Et au final, c’est bien. J'étais plus stressé ce matin (vendredi) que je le serai ce soir parce que je ne savais pas si j’allais nager 22"50 ou 21"50 ce matin. Je savais que ça allait être entre les deux. J’ai nagé un très bon temps à l’entraînement il y a dix jours mais ce n’est pas pareil avec les autres à côté. C'est différent."

En sortant de l’eau, après quelques secondes et en regardant les tribunes en hauteur où avait pris place sa petite amie, la joueuse de tennis Alizé Lim, il met sa main devant la bouche, comme s’il n’en revenait pas du chrono…

"Je n’arrive pas à transférer la force que j’ai gagnée"

"Surpris, non, affirme pourtant Manaudou. Ça ne s’est pas passé comme je voulais parce que je respire, je suis un peu tendu avant. Mais le temps est bien et je suis content d’être à côté de Bruno (Fratus) en finale ce soir. Etre dans une ligne extérieure comme ce matin (il nageait ligne d’eau numéro 2) c’est bizarre pour moi parce que j’ai rarement fait ça. Donc c’est cool, le temps est bon et j’ai fait quelques erreurs donc je pense que grappiller encore quelques dixièmes ce soir."

Manaudou qui arrivait donc tout de même à ne pas être totalement satisfait de cette reprise supersonique. "Je n’avance pas du tout sur le premier 15m, là où j’étais très fort avant… Mais ce qui est important c’est que dans les 35m de nage, qui est la partie la plus importante, je vais vite donc c’est bien. Je suis clairement à fond ce matin, mais si je fais une course un peu meilleure sur les parties techniques je peux nager 21"5 peut être. Mais c’est du 50m, je peux faire des erreurs et nager 21"9. Je n’avance vraiment pas sous l’eau, ça me dérange. Je n’arrive pas à transférer la force que j’ai gagnée, parce que j’ai beaucoup de force sur les jambes. Mais je n’arrive pas à la transférer au niveau aquatique, je ne suis pas assez souple. Il faut que je nage, il n’y a que la natation qui va me faire redevenir aquatique sur le premier 15m, mais c’est déjà bien que la nage soit à peu près calée, je suis content vraiment."

"Je me suis entraîné dix semaines pour être dans la bagarre aux Jeux et j’y suis"

Au bord du bassin, tous les nageurs présents ont arrêté leur activité du moment et tourné leur regard vers la ligne d’eau numéro 2 où évoluait Manaudou. Clairement l’attraction du jour du petit monde de la natation présent à Rome. Après avoir remporté sa série, le Français revenait sur ce qui lui avait le plus manqué dans ces deux ans et demi sans compétition. "Gagner une course, ça m’avait manqué ! Dans ma série, il y avait Michael Andrew qui a déjà nagé 21"4 et je me suis entraîné avec lui à Antalya pendant un peu plus d’une semaine. Je suis content de l’avoir battu ce matin. Même si ce n’était que les séries et qu’il n’était pas forcément à fond, je suis content de gagner une course, d’avoir ce sentiment de faire quelque chose de bien dans mon sport."

James Gibson, son entraîneur, affichait sa satisfaction, mesurée. Le coup avait été bien monté. Avec un chrono à l’entraînement il y a 10 jours (21"9) qui laissait présager que Manaudou était prêt pour y retourner. "Je crois que je suis qualifié pour les championnats d’Europe petit bain, rigole Manaudou. Ce chrono, il veut dire que je me suis entraîné dix semaines pour être dans la bagarre l’an prochain aux Jeux et j’y suis parce que je fais les même temps que mes concurrents. Donc c’est bien, je ne suis pas encore aux 21"3 de Bruno (Fratus, la MPM) mais c’est bien, je vais pouvoir bosser encore un peu, prendre des vacances après. Pendant les championnats du monde, je vais pouvoir me mettre devant la télé, me donner un peu envie de retourner dans la piscine et c’est trop cool."

Avant de partir au bassin de récupération et de se plonger vers la finale programmée à 20h25 ce vendredi soir, Florent Manaudou est tombé dans les bras de son entraîneur James Gibson, puis d’Alizé Lim, qu’il avait accompagnée à Roland-Garros où elle a disputé le premier tour de qualification. Et qui, à son tour, était donc là pour féliciter son compagnon après ce retour déjà plus que réussi !

Julien Richard